Chapitre XIII (1/7)

162 26 60
                                        

Quand Grégoire émergea le lendemain matin il prit le temps de savourer l'instant avant de se décider à se lever. Clémentine était endormie à côté de lui, quelques rayons de soleil filtraient à travers les volets et un calme plat régnait dans l'appartement. Le bonheur. Il allait sûrement se faire chambrer par les garçons à propos de la nuit qu'il avait passé avec la jeune femme mais tant pis. Le jeu en valait la chandelle. 

La veille au soir quand elle lui avait demandé de rester dormir avec elle il n'avait pas pu refuser. Il n'en avait aucune envie de toute manière. Alors il avait simplement hoché la tête avant de la suivre dans sa chambre. Ils s'étaient couchés, sans rien dire. Le jeune homme avait senti un peu de gêne mais surtout beaucoup de timidité chez son amie, c'est pourquoi il avait tenté de la faire rire tant bien que mal en lui racontant deux trois conneries avant de venir s'installer tout près d'elle. Il avait eu une terrible envie de la serrer contre lui et de s'endormir avec sa tête posée sur son torse mais c'était peut-être trop pour deux personnes qui n'étaient pas encore ensemble. Il voulait absolument attendre de lui avoir parlé de son don avant d'officialiser les choses et n'avait toujours pas trouvé le bon moment pour le faire. Le jeune homme s'était donc contenté de se tourner face à elle et de la regarder pendant qu'elle lui parlait. Il pouvait toujours sentir sa timidité mais la gêne s'était envolée quelques minutes auparavant quand il lui avait dit que finalement c'était un peu la même chose que quand ils se parlaient tous les soirs avant de dormir sauf que là ils étaient vraiment face à face. Petit à petit il l'avait mise en confiance si bien qu'elle avait finit par totalement s'abandonner dans le moment et s'était rapprochée de lui.

Et ils étaient restés comme ça, séparés par quelques minuscules centimètres que ni l'un ni l'autre n'avait osé franchir, à discuter de tout et de rien. Enfin jusqu'à ce qu'il ne sente plus son bras et qu'il se décide à s'allonger sur le dos dans une position certes plus confortable mais qui l'obligeait à quitter sa belle des yeux. Elle l'avait imité et ils avaient continuer de parler une bonne partie de la nuit, ne s'interrompant que pour réfléchir à ce qu'ils venaient de se dire ou simplement pour profiter du moment. Ils avaient balayés un grand nombre de sujets, des plus basiques à leurs plus grandes peurs, se livrant l'un à l'autre sans crainte. C'est à ce moment là qu'il avait sentit que c'était peut-être l'ouverture qu'il attendait pour lui parler de son plus grand secret... Mais quand, après une courte réflexion, il lui avait annoncé qu'il avait quelque chose à lui dire c'est un léger ronflement qui lui avait répondu. Clémentine s'était tout simplement endormie à côté de lui.

Frustré il avait hésité à lui donner un petit coup d'épaule pour la réveiller juste le temps de lui avouer ça et d'avoir enfin tout mis à plat, mais un simple regard vers son réveil lui avait indiqué qu'il valait mieux la laisser dormir et qu'il ferait mieux d'en faire autant s'il ne voulait pas se réveiller à quatorze heures le lendemain. Dans tous les cas il savait très bien qu'ils allaient avoir du mal à émerger. Il était presque six heures du matin et son amie avait pour projet de rentrer chez elle en début d'après-midi, ce qui impliquait un réveil matinale qu'ils allaient avoir du mal à assumer cette longue discussion qu'ils avaient eu. 

Pourtant, au lieu de chercher à s'endormir,  il s'était à nouveau tourné vers elle pour la regarder dormir, distinguant les traits fins de son visage dans la pénombre et l'air paisible qu'elle avait lorsqu'elle dormait à poings fermés. Il résista à l'envie de l'embrasser et à celle de se blottir contre elle et finit par lui tourner le dos pour essayer de chercher le sommeil. Après avoir réfléchi au sens de la vie et à ce qu'il pouvait bien y avoir après la mort, le tout en se tournant et se retournant dans le lit, il avait enfin fini par s'endormir quand Clémentine, toute endormie qu'elle était, s'était blottit contre lui. Elle avait d'abord passée un bras autour de lui comme pour l'attirer à elle avant d'emmêler ses jambes aux siennes et de finalement poser sa tête contre son torse. À ce moment précis il lui avait semblé avoir été façonné pour que la tête de la jeune femme vienne reposer à cette endroit précis sans qu'il ne ressente aucune gêne. Alors, il avait doucement passé une main dans ses cheveux en prenant garde à ne pas la réveiller - ce n'était pas difficile, elle avait un sommeil de plomb - et s'était endormi à son tour, totalement paisible.

Sixième SensDes histoires addictives. Découvrez maintenant