Lorsque le réveil sonna le lendemain matin, la jeune libraire passa cinq bonnes minutes à maudire ses meilleures amies pour l'avoir fait veiller si tard le soir précédent avant de finalement sortir du lit. Néanmoins elle avait beau manquer de sommeil, elle ne pouvait nier le fait d'avoir passé une merveilleuse soirée à leurs côtés. Après les montagnes russes qu'elle avait traversées tout au long de la semaine ça lui avait fait un bien fou de se détendre à leurs côtés. Mais maintenant la jeune femme aspirait à une bonne dose de tranquillité et surtout beaucoup de sommeil. Elle n'allait sans doute pas veiller bien tard en rentrant du travail ce soir, tant pis pour la rangement qu'elle avait à faire. La librairie décida qu'elle aurait le temps de s'occuper du ménage de son appartement tranquillement dans le week-end. D'autant plus qu'elle aurait assez à faire avec le magasin pour en plus se rajouter des contraintes une fois rentrée chez elle. L'appartement pouvoir bien resté en « désordre » quelques jours sans que personne n'en meurt. Il fallait qu'elle s'occupe des décorations du magasin ainsi que du montage du sapin de Noël qui devait impérativement être fait aujourd'hui même. Clémentine ne voulait pas dérogé à la tradition instaurée par Nanou des années auparavant, celle d'installer le sapin dans la journée du 7 décembre. Même si durant les années où la librairie était restée fermée elle n'avait pas perpétré cette tradition (sauf exception) l'idée était restée nichée dans un coin de son esprit et depuis la ré-ouverture l'année dernière elle avait remis en place ce joli rituel afin de voir à nouveau les regards émerveillés des enfants qui entraient dans la boutique.
Ensuite il serait temps d'installer son propre sapin. L'arbre en kit l'attendait sagement dans le placard de l'entrée à côté des décorations qu'elle avait choisi pour cette année. Dimanche, tout comme aujourd'hui, serait donc placé sous le signe de Noël ce qui avait pour effet de ravir la jeune femme au plus haut point. Sans parler du fait qu'elle pourrait partager ce moment magique avec Grégoire lorsqu'elle s'occuperait de la décoration de la boutique. Le seul fait d'y penser suffit à faire naître un large sourire sur ses lèvres. Sa rêverie fût interrompue par la vibration de son téléphone contre le comptoir de la cuisine, signe d'un appel entrant. La jeune femme fronça les sourcils. Qui pouvait bien l'appeler à une heure pareille ? En voyant le nom de son petit-ami s'afficher à l'écran, son coeur manqua un battement et elle décrocha d'une main tremblante. Fidèle à ses habitudes elle pensa tout de suite au pire.
-Allô ?
-Bonjour beauté ! Je ne te réveille pas j'espère ?
-Non non du tout, j'étais en train de me préparer. Tout va bien ?
-Impeccable, je voulais juste savoir si tu voulais bien m'ouvrir, je suis devant l'immeuble et il faut pas très chaud, dit-il le plus naturellement du monde
-Mais. Qu'est-ce que tu fais là ? Répondit la rousse en se précipitant sur l'interphone
-J'avais envie de passer un moment avec toi avant d'aller travailler. Tu m'as manqué hier, il fut interrompu par le bip qui marquait l'ouverture de la porte. J'arrive, conclu-t-il en passant la porte avant de raccrocher.
Clémentine ouvrit ensuite sa propre porte d'entrée pour l'attendre de pied ferme. Elle était encore toute échevelée et en pyjama mais la joie de voir son amoureux lui fit oublier ces détails. Et puis il l'avait déjà vu dans un état bien plus calamiteux quelques jours auparavant alors qu'importe. La montée du jeune homme lui sembla durer une éternité, elle ne tenait plus en place à l'idée de pouvoir se blottir à nouveau dans ses bras. Ils ne s'étaient pas vu que le temps d'une pauvre petite journée et pourtant il lui avait terriblement manqué. La jeune femme était si heureuse de pouvoir enfin affiché son amour qu'elle ne voulait pas perdre une seconde. Il n'était pas question de se précipiter (même si elle avait tendance à le faire inconsciemment) mais simplement de profiter le plus possible de son adorable amoureux. Ce dernier sortait d'ailleurs enfin de l'ascenseur dont s'échappait également une douce odeur de viennoiseries qui mit l'eau à la bouche de la jolie libraire. En plus de débarquer à l'improviste de beau matin pour lui faire une surprise, il avait rapporté le petit-déjeuner. Quel prince charmant elle s'était trouvée !
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Sixième Sens
Fiction générale"La jeune libraire avait toujours un coup d'avance sur ses clients et devinait si précisément leurs besoins, à chaque fois, que les plus fidèles d'entre eux la surnommait « la magicienne ». "
