Le week-end de la jeune libraire se déroula sans encombre, son samedi fut une journée en dents de scies, les clients allaient et venaient par vague, lui laissant donc de temps à autres quelques moments d'accalmie pour qu'elle puisse s'occuper des commandes que certains clients lui passaient par mail ou par téléphone. Ce n'était pas ses commandes les plus simples, hormis pour les fois où le client savait exactement ce qu'il voulait, car il lui arrivait qu'on lui demande de choisir par elle même un ou plusieurs livres en se basant sur les goûts de la personne à qui est destinée la commande. Le « problème » de cette façon de fonctionner c'est qu'elle n'avait que très peu d'informations et qu'elles étaient souvent assez floues. Pour la jeune libraire qui avait horreur de travailler à l'aveugle ce n'était jamais vraiment une partie de plaisir mais malgré tout elle parvenait à s'en sortir sans trop se tromper ou décevoir la demande de son client. Une fois sa petite sélection faite elle s'occupait de sortir tous les livres du stock pour les mettre de côté derrière le comptoir caisse situé à l'avant du magasin, en attendant que les clients passent les récupérer. Il arrivait que Clem livre certaines commandes à quelques personnes âgées qui venaient déjà à l'époque où la librairie appartenait à Nanou et qui avaient maintenant du mal à se déplacer. La jeune femme s'occupait généralement de ça les dimanches après-midi quand l'envie lui prenait de sortir faire un tour. Elle passait à chaque fois une bonne heure avec son ou sa cliente pour lui parler des livres qu'elle lui avait choisi, et ne repartait jamais sans avoir bu une tasse de thé et mangé une part de gâteau maison. Clémentine adorait ses moments d'échanges informels et pleins de douceur qui avaient lieux généralement une fois tous les deux mois.
Quant à son dimanche elle le passa avec un Maxime particulièrement silencieux et un Jack tout endormi, si bien qu'elle passa une partie de la journée à bouquiner dans sa chambre avec un peu de musique en arrière plan, se contentant d'un bol de soupe en guise de déjeuner. Vers dix-sept heures trente elle décida de prendre la voiture avec Jack, qui était un peu plus réveillé, pour aller faire un tour en bord de mer. Elle avait la chance de vivre à une vingtaine de minutes en voiture de la côte et pouvait - quand l'envie lui prenait - aller se balader des heures durant sur la plage. L'océan l'apaisait et la ressourçait plus que n'importe quoi d'autre, la jeune femme adorait prendre le temps de s'asseoir sur le sable et contempler l'eau qui s'étendait à perte de vue devant elle, elle se sentait si petite face à cette immensité bleue. Quand elle arriva près de son petit endroit favoris, généralement très peu fréquenté par les touristes, elle eût le sentiment de ne pas être venue là depuis des lustres et des larmes lui montèrent aux yeux. Finalement elle n'avait pas vraiment tord, cela faisait facilement deux mois qu'elle n'était pas revenue toutes ses histoires l'ayant un peu détournées de ses moments de paix intérieure qu'elle s'offrait quand elle venait ici. Clémentine avait la sensation de rendre visite à une vieille amie perdue de vue et s'excusa à voix basse de ne pas être revenue plus tôt. Assise à côté de Jack elle discuta avec elle même, avec la mer pour se décharger de ce trop plein d'émotions et ne se concentrer que sur le positif.
Une fois qu'elle eût fait le plein d'énergie la jeune femme se releva tranquillement et joua de longues minutes avec son chien avant de reprendre le chemin jusqu'à la voiture où elle le fit grimper non pas à l'avant comme à son habitude mais bien dans le coffre étant donné que cet énergumène n'avait rien trouvé de mieux à faire que d'aller se baigner avant de se rouler dans le sable. il allait donc falloir qu'elle lui fasse prendre une bonne douche en rentrant à l'appartement pour nettoyer son poil beige de tout le sable qui s'y était logé. Ca n'allait pas être une partie de plaisir. Malgré tout sa journée avait été tellement paisible, que rien n'aurait pu venir troubler la quiétude qui s'était emparée d'elle, pas même la perspective de devoir faire prendre une douche à un petit chien qui se transformait en fou furieux dés qu'on l'approchait du bac de douche.
VOUS LISEZ
Sixième Sens
Ficción General"La jeune libraire avait toujours un coup d'avance sur ses clients et devinait si précisément leurs besoins, à chaque fois, que les plus fidèles d'entre eux la surnommait « la magicienne ». "
