"La jeune libraire avait toujours un coup d'avance sur ses clients et devinait si précisément leurs besoins, à chaque fois, que les plus fidèles d'entre eux la surnommait « la magicienne ». "
La jeune femme ne répondit pas tout de suite et Maxime eût besoin de poser la question une seconde fois pour qu'elle lui réponde. -Eh bien, disons qu'il y a quelques petites choses qui ce sont passées début Septembre dont je ne t'ai jamais parlé. -Abrège Clem, tu sais bien que je ne suis pas patient. Elle soupira et se mit à lui raconter l'histoire depuis le début. Le week-end d'anniversaire, l'espèce de malaise qu'il lui avait provoqué, la marque sur son poignet, la perte de son don, le fait qu'il l'ait suivie toute une semaine avant de se décider à l'aborder, le frayeur qu'il lui a provoqué, à nouveau le malaise, le retour de son don, l'explication désastreuse au bar et pour finir le culot qu'il avait eût à la librairie quelques jours auparavant en jouant les libraires avec ses clients avant de lui demander de l'embaucher. Quand elle acheva son histoire ils passaient la porte de l'appartement et elle n'osa pas lever les yeux vers son cousin, par peur de sa réaction. Ce dernier était étrangement silencieux et cela ne présageait généralement rien de bon. Quand il ouvrit enfin la bouche, il la referma presque instantanément, l'air totalement abasourdi.
-Je. Putain. Il passa une main sur son visage, je comprends rien du tout Clem. Et puis pourquoi tu ne m'as pas dit tout ça plus tôt aussi ? J'ai envie d'aller lui coller mon poing ans la figure maintenant. De quel droit il ose te suivre comme ça ?! Tu es sûre et certaine qu'il n'a pas abusé de toi le soir où il t'a ramené à ton appartement au moins ? -Tu crois vraiment qu'on en serait là aujourd'hui si j'avais eu le moindre doute ? Je ne t'en ai pas parlé parce que je ne voyais pas à quoi ça aurait rimé. J'avais perdu mon don personne ne pouvait rien y faire. C'est terminé maintenant. Mais du coup j'évite tout contact physique puisque ça s'est produit chaque fois que nos peaux sont entrées en contact. -Tu ne vas aimais réussir à y échapper toute ta vie, d'autant plus que vous allez travailler ensemble maintenant. Il faut que nous comprenions pourquoi ton don réagit comme ça chaque fois que tu touches ce mec. Putain mais si j'avais su je ne t'aurais jamais encouragé à l'embaucher ! -Arrête tes bêtises tu l'adores ce mec c'est ta colère qui parle mais une fois que ça sera redescendu tu ne tiendras plus le même discours. -Ouais bon. C'est pas faux, faut avouer qu'il est quand même sacrément cool. En fait je pense que vos deux dons doivent interférer et ils vous font faire n'importe quoi. -C'est ton super pouvoir de devin qui te fait dire ça ? -Vas y moque toi de moi en plus. J'y peux rien si mon don n'est pas aussi cool que le tien -Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dis ! C'était juste pour te taquiner tu sais très bien comment je suis -Bref, passons. Et non je n'ai pas eu de flash ou quoi que ce soit à propos de ça, c'est juste que ça me semble logique par rapport à ce que tu me racontes. -Peut-être... Je ne sais pas. Enfin, maintenant tu comprends un peu mieux ma façon d'agir envers lui. -Le truc c'est qu'il va falloir que tu lui expliques un jour ou l'autre parce qu'il a l'air totalement perdu. Il doit sans doute culpabiliser à mort et je suis sûr qu'il ne sait même pas pourquoi il culpabilise. -Je sais tout ça, tu crois que je ne culpabilise pas moi aussi ? Il faudra qu'on discute de tout ça mais je ne me sens pas encore assez forte pour le faire. On peut passer à autre chose pour ce soir s'il te plaît ? -Qu'est ce que tu dirais d'aller ranger tous les cadeaux qu'on t'as offerts hier et qu'il traînent dans ton bureau pendant que je nous prépare un super repas ? -C'est une manière détournée de me demander de ranger la pièce qui te sert de chambre ? -Possible. Mais je sais aussi que tu aimes bien quand tout est propre alors... -Te fatigues pas va, je vais aller nettoyer tout mon bazar. Mais j'attends de toi un merveilleux dîner en échange ! -Tu sais bien que je suis un vrai cordon bleu non ?
Clémentine quitta le salon en riant, Jack sur ses talons, pour se diriger vers son bureau qui allait désormais servir de chambre à Maxime. Il fallait qu'elle réaménage donc tout son espace de travail pour ne pas qu'ils se marchent dessus à l'avenir. Mais ce soir elle n'avait pas le courage de déménager ses meubles d'une pièce à l'autre pour faire de la place à son cousin, il attendrai la fin de la semaine prochaine. Dans le couloir qui menait aux chambres et à la salle de bain elle constata qu'un joyeux désordre y régnait, son adorable cousin y avait laissé ses chaussures et son énorme sac à dos qui n'avait pas trouvé sa place dans le bureau de la jeune femme, encombré par tout un tas de dossiers éparpillés ça et là. Et depuis le nuit dernière il y avait aussi deux énormes sacs pleins de petits cadeaux offerts par ses amis, ses proches mais aussi par ses clients les plus fidèles qui ne demandaient qu'à être rangés. Tandis qu'elle vidait le contenu du premier sac sur le lit défait de Maxime, elle découvrit un petit écrin en soie dans lequel était glissé une magnifique bague, ou plutôt un anneau en argent très fin sur lequel avait été montée - à la main ça ne faisait aucun doute - une très jolie pierre noire. Une obsidienne.
La jeune femme croyait beaucoup en la lithothérapie depuis son plus jeune âge et possédait par ailleurs déjà quelques pierres qui ornaient sa chambre ou son salon selon leurs propriétés mais elle n'avait jamais acquit celle-ci bien qu'elle lui ait été conseillée plus d'une fois par son amie experte en la matière. Elle chercha alors une petite carte ou un mot lui indiquant qui pouvait être l'auteur de ce magnifique cadeau mais ne trouva rien. Clémentine plaça alors délicatement la boîte sur son bureau pour penser à la prendre avec elle quand elle regagnerait la chambre tout à l'heure. La jeune libraire passa la demi-heure suivante à s'émerveiller devant les jolies cartes qu'elle avait reçue et à trier les nombreux mugs et autres accessoires de décoration qu'on lui avait offert. Elle n'aurait pas pu être plus comblée à cet instant précis. Elle commença d'ailleurs à faire bon usage des jolis cadres aux illustrations épurées mais toutefois chaleureuses en en plaçant deux au dessus de la tête du lit qu'occupait Maxime. Voilà qui rendait l'endroit nettement plus accueillant.
Satisfaite de sa nouvelle décoration, elle prit le reste de ses affaires pour les mettre dans un grand bac avant de regagner sa propre chambre, sans oublier de prendre l'écrin délicat dans lequel reposait sa nouvelle bague. Elle rangea dans sa penderie les derniers éléments de décoration qui étaient trop estivales à son goût et se dirigea vers la cuisine pour y ranger ses deux nouveaux mugs mais fut repoussée par Maxime qui refusait qu'elle y mette les pieds tant que le repas n'était pas prêt. Il s'empara des deux tasses pour les ranger lui-même et la renvoya vers sa chambre. Le salon donnant directement sur la cuisine elle avait aussi interdiction d'y rester. Clémentine décida donc d'occuper ce temps libre avec une longue douche bien chaude agrémentée de divers soins pour le corps, le visage et même les cheveux. Elle ressortie de la salle de bain totalement transformée, apaisée au maximum et la peau aussi douce que celle des fesses d'un bébé. Ensuite elle prit le temps de choisir dans sa commode un pyjama des plus confortables auquel elle ajouta une paire de grosses chaussettes qu'on venait de lui offrir. Et c'est dans cette superbe tenue qu'elle rejoignit enfin son cousin pour déguster un merveilleux repas. Ils passèrent une soirée totalement coupés du monde avec pour seule compagnie la joyeuse bande de copains présente dans One Three Hill. Ils ne se couchèrent pas bien tard malgré le fait que le lundi la librairie n'ouvrait qu'à quatorze heures trente et passèrent une nuit des plus reposante après cette journée haute en couleurs.
Voici un petit extrait « Bonus » pour vous remercier des 1000 lectures atteintes sur Sixième Sens. Je suis la plus heureuse du monde !!! J'ajoute à cela les deux aesthetics de Grégoire et Maxime 😉
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