Chapitre X (3/8)

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Quinze minutes plus tard ils s'écroulèrent sur le canapé de la jeune femme qui s'occupa d'aller la télévision pour lancer la série que le jeune homme avait commencé à regarder la semaine dernière.
-Tu étais rendu où ?
-Dernier épisode de la saison deux, mais tu n'es pas obligée de mettre ça on peut regarder autre chose
-Je l'aime bien et tu l'aimes bien, autant continuer cette série ! En plus c'est parfait pour se détendre pendant le déjeuner
Elle fila ensuite récupérer des assiettes dans la cuisine pour qu'ils y déposent leur burgers et leurs frites encore chauds.

Les deux jeunes gens lancèrent ensuite l'épisode de leur série du moment et dévorèrent leur repas sous l'œil gourmand de Jack, qui eût exceptionnellement droit à quelques frites. Quand ils eurent terminés il leur restait encore une bonne heure devant eux et ils décidèrent de la passer à discuter du programme des prochains jours et d'autres banalités. Finalement ils en arrivèrent à parler de Maxime et de ce qui s'était passé le matin même. Clémentine avait l'air de se sentir obligée de se justifier et son collègue l'arrêta tout de suite.
-Je te l'ai dis, tu n'as pas besoin de te justifier ou de m'expliquer pourquoi tu as réagit comme ça.
-Je sais, mais je préfère le faire. C'est ton ami aussi et je pense qu'il est préférable que tu connaisses le fond de cette histoire. Il m'en voudra sûrement de te l'avoir dit mais je n'ai pas envie de revivre un truc pareil seule. C'est sûrement égoïste de t'embarquer avec moi dans cette histoire, après tout tu n'as rien demandé mais
-Mais tu ne te sens pas de gérer un accro aux drogues seul. Je comprends. Je suis là. Je t'écoute.
-Max à toujours aimé les soirées, l'alcool et, elle soupira, l'herbe. Personnellement je ne comprends pas du tout cette engouement autour des joints et autres moyens de se déglinguer le cerveau mais passons. Ça a toujours très occasionnel, une petite taffe ou deux en soirée quoi, des choses que tous les jeunes font. Il s'était assagit quand il s'est mis en couple avec une amie à moi, il aurait fait n'importe quoi pour elle je crois. C'était vraiment l'amour de sa vie et, sa voix se brise, excuse moi.
-Prends ton temps. Tout va bien.

Le jeune homme posa une main sur sa cuisse comme pour la réconforter tandis qu'elle essayait de chasser l'énorme boule qui venait de se former dans sa gorge.
-Donc je disais, Amalia et Maxime étaient vraiment amoureux je crois que ça a été une sorte de coup de foudre entre eux, un truc passionnel aussi destructeur que beau. Amalia était comme moi, elle avait beaucoup de mal à supporter ces histoires de drogues et pour ses beaux yeux Maxime a totalement arrêté d'y toucher, même si elle ne lui avait jamais rien demandé en vérité. Je crois qu'il voulait lui montrer qu'il était sérieux, faut dire qu'il avait une petite réputation quand même avant de la rencontrer. Enfin bref. Elle est tombée malade, sa voix se brise à nouveau et elle ne peut empêcher ses yeux de se remplir de larmes, une leucémie, on a rien pu faire. C'était trop tard quand les médecins s'en sont rendus compte et on a tous assistés à l'avancée de la maladie, impuissants. Surtout Max en fait, ça avait beau être une de mes meilleures amies je crois que j'ai moins été atteinte que lui par son décès. Faut dire qu'elle était son monde. Ça faisait pratiquement quatre ans qu'ils étaient ensemble, ils devaient emménager ensemble à la fin de leurs études, il restait encore un an à Max avant qu'il ne puisse de lancer sur le marché du travail.

La jeune femme s'interrompit brusquement, se replonger dans ces souvenirs ne lui faisait pas que du bien et elle sentait monter la crise d'angoisse. Elle inspira un grand coup et souffla longuement avant de recommencer sous l'œil inquiet de Grégoire. Il se demandait s'il ne valait pas mieux l'interrompre, reprendre le fil de l'histoire plus tard mais d'un autre côté il savait que parler pourrait la soulager... Il la laissa continuer.
-S'est arrivé super soudainement, je crois qu'il a du se passer trois mois à tout casser entre l'annonce et son décès. On a essayer de lui faire vivre un maximum de trucs avant qu'elle ne parte mais à la fin elle était tellement faible qu'elle restait clouée sur son lit d'hôpital sans pouvoir rien faire, et nous on a assisté à ça, impuissants. Maxime était avec elle tous les jours, il avait même réussi à amadouer les infirmières pour rester un peu après les heures de visites. Pourtant, elle inspire et expire longuement tandis que deux grosses larmes roulent le long de ses joues, le jour où elle est décédée il n'était pas là, il n'est pas arrivé à temps. Je crois que ça l'a totalement détruit, qu'il n'ai pas pu être là pour elle dans ses derniers moments. Il pense l'avoir abandonné je crois, j'en sais trop rien en fait il ne m'a jamais vraiment dit comment il se sentait vis à vis de ça. Faut dire qu'on évite de trop en parler, même trois ans après. Je crois que je n'ai jamais autant pleuré que ce jour-là, on était tous dans un état lamentable et Maxime encore plus. Pourtant, après s'être écroulé dans mes bras quand je suis venue le rejoindre après l'annonce, il a tenu bon. Il a aidé les parents d'Amalia à s'occuper des démarches pour l'enterrement et tout ce qu'il faut faire après un décès. Pendant deux semaines on a eu devant nous un jeune homme qui venait de perdre l'amour de sa vie et qui pourtant tenait bon et continuait d'avancer, pour elle. C'est ce qu'il disait.

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