Par chance Maxime était sortit boire un verre avec Jérémy pour fêter le nouvel emploi du jeune homme et l'appartement était désert quand elle arriva, puisqu'il avait également prit Jack avec lui. La jeune femme déposa son sac dans l'entrée et ne prit même pas la peine de retirer son manteau avant de se laisser tomber sur le canapé où elle put enfin laisser couler ses larmes. Elle ne comprenait pas, vraiment pas ce qui lui prenait. Grégoire lui avait parlé avec beaucoup de douceur et de délicatesse, sans la brusquer et tout en lui faisant comprendre que leur histoire ne faisait que commencer. Enfin si elle le voulait. Finalement elle avait toutes les cartes en main. Alors pourquoi cette sensation d'avoir le cœur en miettes ? Pourquoi cette envie de se terrer dans un trou alors qu'il lui avait avoué à demi-mot que ses sentiments étaient réciproques mais qu'il voulait juste leur laisser le temps de se développer avant de commencer quoi que ce soit ? Décidément la jeune libraire était bien perdue face à tous ces sentiments qui se mélangeaient en elle et cette discussion qui aurait dû arranger les choses ne semblait pas avoir eu l'effet escompter.
Choisissant néanmoins de laisser libre court à la tristesse qui l'habitait depuis plusieurs jours et qui s'était intensifiée au cours de la journée elle continua de pleurer jusqu'à tarir le flot de larmes qu'elle déversait. Cela étant fait elle s'efforça de se calmer, souffla un bon coup et essaya d'éclaircir ses idées du mieux qu'elle le pouvait. Elle avait donc psychoté un peu pour rien toute la journée puisque, loin de se moquer d'elle, Grégoire cherchait plutôt à lui prouver son sérieux à travers sa démarche bien qu'elle soit maladroite par moments. Les choses avaient prit une drôle de tournure puisque ils avaient choisi de continuer leur petit « jeu de séduction » comme l'avait appelé le jeune homme un peu plus tôt sans vraiment poser les bases de leur relation. Une étape qu'ils avaient sautés par manque de communication – ils s'étaient rattrapés par la suite mais on avait presque frôlé la catastrophe – peut-être par timidité aussi et qui aurait pu leur coûter leur bonne entente.
Clémentine souffla longuement et se décida à ressortir pour aller s'acheter un ou deux pots de glace dont elle avait bien l'intention de se goinfrer toute au long de la soirée et probablement pendant toute la journée du lendemain. Elle envoya également un message à Margot pour l'inviter à passer le dimanche avec elle. Son amie qui exerçait dans un grand cabinet de psychologie à Rennes - et qui la connaissait mieux que personne - pourrait sans aucun doute l'aider à y voir plus clair parce qu'elle elle avait vraiment du mal à se situer au milieu de tout ce bazar. Les choses semblaient pourtant plutôt simples pourtant: Grégoire voulait prendre son temps et elle ne voyait rien de mal à ça, c'était même plutôt louable comme attitude quand on y réfléchissait... Mais pourtant elle ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une pointe de colère à l'égard du jeune homme, il aurait pu lui dire directement au lieu de reprendre le fil de leur relation comme si de rien n'était. Elle était triste aussi, elle avait envie de cette histoire du plus profond de son cœur - sa réaction face à ce qu'il se passait validait totalement ce ressenti - et elle ne savait même pas si finalement elle y aurait le droit. Après tout peut-être allait-il se lasser d'elle au bout de quelques semaines, elle n'était peut-être pas assez drôle ou extravertie pour lui qui semblait manier le jeu de la séduction comme personne. Enfin par messages interposés tout du moins, en face c'était toujours autre chose, il était beaucoup plus timide. La jeune femme laissa échapper un bruyant soupire exaspéré en se levant du canapé. Pourquoi fallait-il que tout soit toujours si compliqué avec les hommes ? Parfois elle aimerait être dénuée de tout sentiments, les choses seraient bien plus simples de cette manière, pas de relations destructrices, pas de crush sur son collègue... Mais ça voulait aussi dire plus d'amour familiale, plus de relations magiques avec ses amies... Finalement elle perdait peut-être au change. Clémentine soupira une dernière fois en attrapant son sac à main et sortit faire quelques courses pour son dîner de ce soir. Il lui restait de la tartiflette préparée par Max pour le déjeuner mais elle avait un peu peur que ça soit trop lourd pour son estomac ce soir, surtout qu'elle planifiait de se gaver de glace pour le dessert.
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Sixième Sens
Ficción General"La jeune libraire avait toujours un coup d'avance sur ses clients et devinait si précisément leurs besoins, à chaque fois, que les plus fidèles d'entre eux la surnommait « la magicienne ». "
