En sortant de la librairie ce soir là, la jeune femme était encore sur un petit nuage. Elle avait le sentiment de progresser avec Grégoire, petit à petit certes mais de progresser quand même. Et qui sait peut-être que la prochaine fois il finirait par l'embrasser. Revigorée par cette fin de journée magique, la libraire décida, en rentrant chez elle, de préparer son sac et d'aller rendre visite à ses parents. Elle savait que ces derniers ne bougeaient pas du week-end car ils recevaient des amis le lendemain midi et que la surprise de sa venue leur ferait sans doute extrêmement plaisir. Elle embarqua donc Jack, son livre du moment et son ordinateur avant de se mettre en route. Maxime passait le week-end chez Marie et pour une fois elle n'avait pas envie de rester seule chez elle. Le retour aux sources que lui procuraient ces petits moments avec ses parents était indispensable à ses yeux surtout avant la période des fêtes. Elle avait déjà terriblement hâte d'y être. Avec un peu de chance ils iraient tous faire un tour à Saint-Malo le lendemain après le déjeuner et elle en profiterait pour faire le plein d'énergie positive avant de rentrer dans la journée du lundi. Elle profita de ce long moment de route pour écouter une partie de la discographie d'Andy Black puisque le morceau que Grégoire lui avait fait découvrir un peu plus tôt l'avait totalement conquise et qu'elle voulait en savoir plus sur ce chanteur que Léonie semblait beaucoup apprécier. Elle en arriva rapidement à la conclusion que ses chansons favorites étaient The Void (on se demandait bien pourquoi...) et We don't have to dance qui lui donnait clairement envie de danser et sauter dans tous les sens. Elle nota mentalement de les ajouter à leur playlist commune quand elle serait arrivée ainsi que les trois ou quatre autres qui entraient dans le top de son classement personnel.
Clémentine se gara devant la demeure familiale peu avant vingt et une heures et elle n'eût même pas la temps de faire sortir le chien que ses parents étaient déjà en chemin pour l'aider à décharger ses affaires - non pas qu'elle en eût prit beaucoup, un petit sac de voyage était suffisant - mais tout de même, ils tenaient à l'aider. En réalité c'était plutôt une excuse de la part de sa mère qui ne cherchait qu'à donner une tonne d'affection à son chien et ce alors même qu'il n'était pas encore descendu de la voiture. Son père et elle rirent de bon coeur en la voyant se précipiter sur Jack qui aboya joyeusement en retour comme pour manifester sa joie de retrouver sa grand-mère (madame Villey se qualifiait elle-même comme telle). Et pendant que les deux compères fêtaient leurs retrouvailles à base de caresses pour l'un et de léchouilles pour l'autre comme s'ils ne s'étaient pas vu depuis des années, Clémentine et son paternel regagnèrent la maison. Pendant que ce dernier montait le sac de sa fille dans sa chambre, la rousse fit un tour dans la cuisine où elle espérait trouver de quoi calmer les grognements intempestifs de son estomac. En revenant dans le salon après s'être fait chauffée une galette de légumes et une saucisse elle remarqua un imposant piano à queue à côté de la grande bibliothèque familiale, là où siégeait normalement une vitrine où son père entreposaient ses voitures de collections.
-Bah ? Qu'est-ce que c'est que ça ? questionna-t-elle sans quitter l'objet du regard
-Ça ma chérie c'est une occasion en or, répondit sa mère, tu ne le trouves pas magnifique ?
-Si bien sûr que si, tu connais mon amour pour les pianos maman et encore plus pour les pianos à queue comme celui-ci. Mais je ne comprends pas bien ce qu'il fait dans le salon. Vous ne savez pas en jouer, à quoi il va vous servir ?
-Nous comptons nous y mettre, on a le temps maintenant. Et puis toi tu en joues. Tu pourras nous faire profiter de ton talent et nous apprendre quelques petites choses par la même occasion tu ne penses pas ?
-Certes. Mais je n'ai pas pas joué depuis des années je dois être rouillée, dit-elle en s'approchant néanmoins du piano noir, c'est vrai qu'il est magnifique, souffla-t-elle en laissant ses doigts glisser sur les lignes fines de l'instrument
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Sixième Sens
Genel Kurgu"La jeune libraire avait toujours un coup d'avance sur ses clients et devinait si précisément leurs besoins, à chaque fois, que les plus fidèles d'entre eux la surnommait « la magicienne ». "
