Chapitre XII

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En arrivant chez Grégoire une bonne demi-heure plus tard Clémentine avait eu la surprise de découvrir que l'endroit où elle avait passé quelques moments de son enfance tenait maintenant plutôt de la ville que du petit village breton. Devant son étonnement Grégoire proposa de lui faire faire un petit tour avant d'aller à l'appartement puisque le temps ne pressait pas.

-Si tu veux on pourra aller faire une petite balade demain quand il fera jour je pourrais te montrer tous les petits coins sympas
-Pourquoi pas, répondit la jeune femme en souriant, mais ça impliquerai que je reste dormir ça non?
-Je pensais que comme tu avais été chercher ton sac tu avais finalement prévu de passer la nuit ici, dit-il d'une toute petite voix

La jeune libraire se contenta de lui offrir un petit sourire en coin en guise de réponse. Elle même ne savait pas encore ce qu'elle avait prévu de faire, elle aviserait le moment venu. En attendant il était temps qu'elle découvre le lieu d'habitation de son cher collègue et ses colocataires. Seule fille au milieu de quatre garçons, elle s'attendait à passer une sacrée soirée. Heureusement qu'elle avait l'habitude avec Maxime et qu'elle savait se montrer à la hauteur sinon elle n'en aurait pas mené bien large. Consciente de ce petit avantage, mais surtout aidée par la présence rassurante de son ami, elle se détendit petit à petit pendant qu'ils grimpaient les marches jusqu'au deuxième étage du bâtiment flambant neuf. Au moment de passer le pas de la porte elle senti la main de Grégoire se poser délicatement dans le creux de ses reins comme pour lui montrer qu'il était restait près elle en toutes circonstances. Sans la lâcher il poussa la porte et ils s'engagèrent dans le petit couloir qui semblait faire office d'entrée avant de rejoindre le salon où Clémentine fut chaleureusement accueillit par les éclats de voix de deux garçons qui semblaient se chamailler.

Un peu maladroite, elle avança dans la pièce à vivre et lança un petit bonjour timidement ce qui eût pour effet de suspendre l'espèce de dispute qui avait lieu au moment où ils étaient entrés. Tous les regards se tournèrent vers la jeune femme et sans qu'elle n'ai le temps de réagir les deux garçons s'étaient précipités sur elle pour la prendre dans leurs bras. Bon. Au moins elle était directement mise dans l'ambiance. La glace était rompue. Ou presque.

-Robin enchanté, se présenta le premier avant de lui faire un baise-main
-Liam, enchaîna le deuxième avant de lui saisir la main, c'est un plaisir d'enfin vous rencontrer chère demoiselle
Clémentine était rouge comme une pivoine et ne savait plus vraiment où se mettre. Elle savait que ces deux énergumènes étaient très taquins, Grégoire l'avait prévenu, mais tout de même. Elle était un peu gênée de toutes ces effusions et ces contacts physiques. D'autant plus que son collègue ne faisait rien pour la sortir de cette situation. Ce n'est que quand le quatrième membre de la bande débarqua qu'elle eût enfin droit à un peu de répit. Et elle fût encore plus soulagée quand elle remarqua qu'il était suivi par deux jeunes femmes à l'air bienveillant.

-Eh doucement les garçons vous allez lui faire peur, lança-t-il en arrivant dans la pièce, le but ce n'est pas de l'effrayer hein.
-Mais dis pas n'importe quoi, on lui souhaitait juste la bienvenue. C'est cool d'enfin rencontrer la meilleure amie de Grégoire. J'veux dire, puisque nous on est ses meilleurs copains faut bien qu'on l'intègre dans la bande tu vois ? répondit le prénommé Liam avant de lui adresser un clin d'œil.
-Mais quelle excuse nulle à chier, s'exclama l'autre mort de rire, t'es pas possible mec sérieux.

De nouvelles chamailleries éclatèrent suite à cette remarque et Clémentine recula pour laisser les garçons débattre sur l'attitude à adopter envers elle sans savoir où se mettre. Elle se tourna vers Grégoire qui était resté dans l'encadrement de la porte quand les garçons l'avaient prise dans leurs bras et qui était maintenant en train de serrer une petite blonde dans les siens. La jeune femme senti son cœur se serrer à la vue de cette accolade chaleureuse et fut surprise de la puissance de la jalousie qu'elle ressentit à ce moment là. Elle fut tout simplement submergée par une forte envie de pleurer en les voyant tous les deux rires et discuter en échangeant des petits sourires complices. Pour quelqu'un qui n'avait pas une grande confiance en elle, la vision de celui qu'on aimait avec une autre femme beaucoup plus belle que soi était difficile à supporter. La rousse avait du se perdre dans ses pensées l'espace d'un instant car quand elle redescendit sur terre les deux jeunes femmes étaient maintenant à ses côtés.

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