Chapitre VIII (1/7)

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Grégoire n'avait pratiquement pas dormi de la nuit, trop excité à l'idée de commencer son nouveau travail le lendemain. Il avait tout juste réussi à avaler un sandwich sur le chemin, trop stressé pour prendre un vrai repas. Maintenant il patientait devant la librairie depuis presque vingt minutes car il était parti bien trop tôt de chez lui et était donc très en avance. Il était en train de faire les cents pas devant la boutique, consultant régulièrement son téléphone pour occuper ses mains et son esprit, quand il l'entendit arriver. La rue piétonne dans laquelle était située la librairie était déserte si bien qu'on entendait les pas de la jeune femme claquer sur les pavés. Le brun releva alors la tête et rangea son portable dans la poche de son manteau à la hâte, passant une main tremblante dans ses cheveux il lui offrit un sourire timide, tandis qu'elle l'invitait à entrer dans le bâtiment pour se mettre au chaud.

-Dit donc tu es ponctuel toi, tu marques des points c'est bien

Le jeune homme se sentie rougir et ne trouva rien à lui répondre d'autre qu'un simple « merci »

-Vient je vais te montrer la réserve, tu pourras y laisser tes affaires comme ça on ne laisse rien traîner derrière la caisse. Il y a aussi de quoi s'y préparer un café ou du thé selon tes goûts. J'achète aussi généralement de quoi grignoter, surtout en cette période.

-Quel accueil dit donc, je vais aimer venir travailler si j'ai le droit à des petits plus comme ça. Et pour info je suis plutôt thé que café.

-Ça tombe bien je n'avais presque plus de stock de café, répondit Clémentine en souriant, je te laisse te familiariser avec les rayons le temps que j'allume les ordinateurs.

-Ça marche.

Clémentine ne pu s'empêcher de le regarder déambuler dans la librairie dés qu'il eût le dos tourné. Le jeune homme n'avait pas une carrure particulièrement imposante malgré son mètre quatre-vingt et ses épaules carrées mais il dégageait une sorte de prestance qui ne laissait pas la jeune libraire indifférente. Elle avait toujours eût un faible pour les grands bruns à l'allure ténébreuse, et encore plus quand ces derniers avaient un sourire à tomber par terre. Et pour ne rien gâcher il s'habillait particulièrement bien, même si son style restait très simple, autrement dit un jean brut, un sweat noir à la coupe ajustée et des baskets blanches tout ce qu'il y a de plus classique. La jeune femme réprima un soupire et se mordit l'intérieur de la joue pour s'empêcher de sourire comme une adolescente le ferait en voyant son « crush ». Réajustant ses fines lunettes du bout des doigts elle détacha son regard de Grégoire pour se concentrer sur les mails qui s'accumulaient dans sa boîte de réception tandis que son futur collègue continuait de parcours les rayons du regard, n'hésitant pas à s'emparer d'un ou deux livres pour les examiner de plus près.

Alors que la libraire délaissait le comptoir situé au fond de la boutique pour revenir à l'entrée et finir de lancer le logiciel de caisse qui mettait toujours un temps fou à démarrer, le jeune homme terminait son tour en la rejoignant à l'entrée.

-Et pour les commandes ça se passe comment ? Je veux dire elles sont stockées quelque part non ? Il faudra aussi que tu me briefe sur ta façon de fonctionner avec les clients, il va falloir que je me cale sur toi pour ne pas le déstabiliser.

-Doucement doucement, répondit-elle en riant, en ce qui concerne les commandes elles sont rangées derrière la porte sur ta droite par ordre alphabétique des noms de famille des clients si tu veux tout savoir. Et pour le reste eh bien il te suffira juste de voir comment ça se passe aujourd'hui, mais surtout sois toi même c'est ce que les clients aiment le plus. Naturel et décontracté je pense que ce sont les maîtres mots pour que tout se passe bien. De toute manière je serais avec toi tout le temps pendant les prochaines semaines, je te guiderais. Mais je te l'ai dit : je ne me fais pas de soucis pour toi, les quelques clients qui t'ont vus il y a deux semaines quand tu as fais ton cinéma t'ont adorés.
-Comment ça mon cinéma ? J'étais juste passé te donner un coup de main moi, lui répondit Grégoire d'un air innocent
-Et tu penses vraiment que je vais te croire ? Je n'arrive toujours pas à comprendre que tu sois passé du mec totalement insupportable à la personne que j'ai en face de moi aujourd'hui.
-Eh on a tous nos défauts je te signale. Et puis tu as ta part de responsabilités, j'étais super déstabilisé ça m'a fait perdre tous mes moyens.
-Alors maintenant ça va être de ma faute ? N'importe quoi toi. Enfin bon l'essentiel c'est que tu ne soit plus cet idiot que j'ai détesté la première fois que je l'ai vu.
-T'y vas pas un peu fort ?
Le jeune homme se tenait face à Clémentine les bras croisés, l'air mi blessé mi moqueur
-Absolument pas, rétorqua cette dernière, bon aller trêve de bavardages il est temps d'ouvrir la boutique et de commencer ton apprentissage

Elle passa près de lui pour aller ouvrir la grille et en profita pour le bousculer gentiment. Étant donné qu'aucun client n'était encore entré dans le magasin les deux collègues en profitèrent pour faire plus ample connaissance avec la caisse. Enfin Clémentine simula une vente et initia Grégoire au logiciel quelque peu capricieux.
-Autant je connais à peu près les deux logiciels que tu utilises pour gérer ton stock et faire tes recherches, autant en ce qui concerne la gestion de la caisse je crois que je vais avoir besoin de toi pendant un moment avant de pouvoir me débrouiller tout seul.
-Ne t'inquiète pas en réalité ce n'est pas bien compliqué il faut juste que tu prennes le coup de main ça viendra avec le temps. Mais si ça peut te rassurer je resterais toujours à côté de toi quand il faudra que tu t'occupes de la caisse. L'important c'est que tu sois prêts pour la période de Noël, ce qui nous laisse un mois pour te former convenablement. D'ailleurs je me demandais, comment ça se fait que tu connaisses nos logiciels ? Tu as déjà bossé en librairie ?
-Plus ou moins...
-Ce n'est pas une réponse ça ! Allez dit moi je ne vais pas te jeter dehors si tu n'as jamais travaillé en librairie.
-Mais tu ne t'en souviens vraiment pas ?
-Me souvenir de quoi ? Qu'est ce que tu racontes ?
-Je suis le petit-fils du second mari de Katell ou Nanou si tu préfères. Je pensais que tu le savais.

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