Dix jours ont passé, ce qui m'a permis de cogiter jour et nuit. Malgré tout, n'ayant aucune nouvelle de lui, je n'avais pas encore pris de décision définitive même si j'étais persuadée que j'allais céder le jour où il reviendrait. Je n'en avais pas parlé, même à Jo. J'avais bien trop peur de son jugement, et surtout de ce qu'Alex en dirait. On m'interrompit en frappant à la porte alors que j'étais perdue dans mes pensées face à une d'une nouvelle maquette reçue. Richard passa la porte.
- Comment vas-tu Amelia ?
- Bien, merci, je peux faire quelque chose pour vous?
Il s'installa en face de moi et m'expliqua qu'il avait repéré un jeune artiste dans un bar parisien.
- J'aimerais bien que tu ailles écouter un de ces soirs, voir si son talent peut être approfondi.
- Oui bien sûr. Vous savez quand est-ce qu'il joue?
Il allait commencer à répondre lorsqu'on toqua à ma porte avant d'entrer. Owen pinça les lèvres en voyant qu'il perturbait le petit entretien avec mon patron. Celui-ci, par contre, sourit largement.
- Owen! Comment allez-vous?
- Très bien, je vais attendre dehors que vous ayez terminé.
- Non, non, restez!
Il se leva et partit vers la porte.
- Je t'envoie un mail Amelia avec les détails.
J'acquiesçai alors qu'Owen restait à l'entrée du bureau.
- Tu aurais pu me prévenir... je n'ai pas trop le temps...
Après avoir fermé la porte, il s'avança.
- Excuse-moi, je ne serai pas long.
- C'est pour du professionnel?
- Non, répondit-il après un temps d'arrêt.
- Owen...
Je croisai les bras, ne souhaitant pas parler ici. Son visage était fermé, et je n'arrivais pas à le déchiffrer. Ça ressemblait plus à une mauvaise qu'à une bonne nouvelle... et je ne me sentais pas capable d'affronter ça au bureau. Et pour le coup, en cas de discussion, il valait mieux nous accorder un long moment que deux-trois phrases balancées ici. Dans tous les cas, se voir au travail pour régler des affaires personnelles, c'était hors de question pour moi.
- Bon, on s'appelle alors.
Il se redirigeait vers la porte et avant de l'ouvrir il tourna la tête pour lâcher une bombe dans mon cœur.
- Pour info, j'ai quitté Cristina.
Donc c'était fait. La dernière entrave à notre relation était réglée. Dans mon esprit tout se chamboulait, j'avais l'impression de tomber dans un tourbillon de bonheur et de doutes mélangés. Je réalisai qu'il avait ouvert la porte lorsque j'entendis le bruit qui émanaient des différents bureaux et je me précipitai vers lui pour le retenir par le bras. Il se retourna, gardant ce regard indéchiffrable.
- Tu veux bien passer chez moi ce soir? On pourra discuter.
- Oui, à quelle heure?Me demanda-t-il.
- 19H?
- Je viendrai.
Il embrassa mon front, me rassurant un minimum et quitta mon bureau, laissant Andrew prendre le relai.
