"Je me nomme Gregor Mastema, mais vous pouvez m'appeler Greg."
Charlie dévisageait l'homme louche. Elle avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais où elle ne savait pas... Toujours est-il que l'homme était grand, mince, vêtu tout de noir et portant un petit chapeau (un fédora plus précisément et tout aussi noir). Il avait des yeux pétillants, et malgré les quelques rides sur son visage on sentait une profonde sagesse, une profonde courtoisie, une profonde... Etrangeté, en cet homme. Que leur voulait-il ? Charlie allait l'apprendre rapidement.
Elle, Maya et Thibault se trouvaient encore dans la chambre d'hopital n°12 où Léon, allongé dans un lit puant les médicaments, respirait fébrilement. L'homme était en face d'eux, impassible, et galant en plus.
"Que voulez-vous donc à notre ami ? Demanda-t-elle, sur ses gardes.
- Moi ? Rien. Seulement lui souhaiter... Bonne chance. Et a vous aussi. Vous en aurez besoin.
- De quoi vous parler ? On ne vous connaît même pas ! Que voulez-vous ?"
L'homme sourit légèrement.
"Je vous assure que vous me connaissez mieux que vous ne le penser. "Voici le soir charmant, ami du criminel ; Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel Se ferme lentement comme une grande alcôve, Et l'homme impatient se change en bête fauve Et pourtant dans le lointain nocturne de la forêt, C'est une forme humaine qui le guide pour le délivrer."
- Qu'est-ce que...
- Un célèbre poème repris et – je dois bien l'avouer – légèrement modifié par un très ancien livre. Je devrais vous l'offrir, tiens."
Charlie était à la limite entre la pâleur et le rouge de la colère. Ca ne pouvait pas être un poème anodin. Ca ressemblait bien trop à son histoire, à sa transformation, à la transformation de ses amis. Cet homme en noir savait quelque chose, pour sûr, et Charlie ne l'écoutait pas pour qu'il lui sorte deux vers d'un putain de poème inconnu. Ces deux dernières semaines avaient été suffisamment dure pour ça. Elle avait perdu dans le coma un ami qui lui était devenu très cher (et ce malgré les apparences), ensuite son autre nouvelle amie, Maya, avait sombrée dans l'alcool et les remords, séchant les cours, ne sortant plus voir le jour. Et puis, pour la cerise sur le gâteau, il y avait eu cette putain de vague de meurtres en ville et en à peine deux jours on avait trouvé le cadavre d'Ashley dans les chiottes du lycée et le prof de math à deux salles de là, pendue dans sa propre classe ! Et Lucas qui était portait disparut et dont on ne retrouvait pas le corps. Comment était-il seulement possible qu'en deux semaine il y ait deux meurtres dans une ville comme Sunset Valley ? Un trou paumé en campagne, pas plus de six milles habitant et deux meurtres ? En deux semaines ? C'était tout bonnement pas croyable, au delà de la conscience humaine. Tout ça pour que les trois amis ne s'alarment en pensant que, durant leurs transformation, ils avaient encore tués. Alice Deloire, Martin Mccoy, l'oncle Oslow, la mère de Charlie... C'était eux, ces actes, ces meurtres, mais pour ce qui était du reste... Ils n'avaient rien avoir là-dedans, et c'était ça le plus terrifiant.
En gros, Charlie n'avait pas trop l'envie d'écouter un vieux sexagénaire leur citer des extraits de vieux poèmes pour sous-entendre qu'il savait.
"Et ça fait quoi si on se transforme en animal ? Cracha-t-elle, sous le regard terrassé par l'effroi de ses amis."
Tout de suite elle regretta ses dires, mais l'homme ne sembla pas surpris. Il sourit plus encore et porta ses mains aux poches de son veston, comme heureux de lui. Il fit un ''hm'' satisfait avant de reprendre :
"Mieux vaudrait-il ne point parler de cela ici. Allons, je connais un endroit bien mieux pour ce genre de messes-basses. Suivez-moi.
- Et... Et Léon ?
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Nuits Pourpres
Mystery / ThrillerDans la petite ville de Sunset Valley, Maine, quatre adolescents qui n'ont apparemment rien en commun découvrent après de sombres incidents auxquels ils sont intimement liés qu'ils se transforment, une fois la nuit venue, en thérianthropes sauvages...
