Lundi 21 octobre, 20h
Josh Carrel, vingt-huit ans, choisit de quitter sa petite amie Suzanne dans la soirée. Il avait tout préparé. L'invitation, le pique-nique au pied du château d'eau blanc de la ville à laquelle il l'emmènerait avec la Dodge Monaco de son père... Et puis son départ, son excuse comme quoi il ne ressentait plus rien pour elle, qu'il ne voulait plus faire semblant. A la vérité, l'Université du Maine (implantée à Oron) l'avait appelé une semaine auparavant pour l'informer qu'il avait été prit dans la section langue dont il rêvait tant. C'avait été pour lui l'espoir de quitter ce trou à rat qu'était Sunset Valley, de dégager rapidement de cette maudite ville avant de perdre la raison à travailler au Hannaford Supermarcket, situé non-loin du dépôt ferroviaire abandonné. Durant ses heures de travail, chaque train qui passait sans s'arrêter lui donnait envier de le rattraper et de quitter cette ville. Et voilà que depuis une semaine on lui en avait donné l'occasion et le seul obstacle qu'il lui restait était Suzanne, cette fille avec qui il était depuis seulement deux mois mais qui avait déjà des envies de mariage et d'enfants. En fait, dans ses souvenirs, Josh n'était sortit qu'avec elle parce qu'elle avait une poitrine... Plutôt grosse. Le reste, ç'avait été du bonus.
Josh venait donc de démissionner de son job quand il atteignit la maison de Suzanne dans la Dodge de son père - qui ne l'utilisait plus vu qu'il était mort, tué accidentellement par l'un de ses propres collègues durant une partie de chasse stupide. Suzanne le rejoignit avec un joli panier de nourriture que sa mère avait sans aucun doute préparé, monta dans la voiture et l'embrassa. Josh sourit, redémarra le moteur puis grimpa avec sa voiture la colline et le quartier Est de la ville. Il passa devant ce qu'il restait de la maison incendiée des Oslow, tourna sur Water Tower Street puis atteignit le haut de la colline sur lequel se tenait le large château d'eau blanc au toit en tuile d'ardoise.
D'ici, la vue sur le coucher de soleil était magnifique.
Josh et Suzanne descendirent du véhicule puis trouvèrent un coin d'herbe sur la vaste esplanade gazonnée qui entourait le château d'eau, délimitée par les arbres des premiers bois.
Ils étendirent une nappe carrelée rouge et blanche, sortirent sandwichs, pâté, saucisson, bières Budweiser et muffins. La soirée se déroula bien, Suzanne rit bêtement aux blagues de Josh qui enchaîna les bières pour s'armer de courage. Finalement, quand Suzanne lui proposa de rentrer chez elle, Josh l'arrêta et lui annonça ce qu'il préparait jusque là. Il lui balança le speech de la meuf hyper cool, attentionnée, qui ne le méritait pas, que la vie était parfois ainsi, que les gens se séparaient ainsi. Bien-sûr, Suzanne lâcha sa larme, s'exclama qu'elle avait imaginé un avenir si beau avec lui (quatre gosse, un appartement dans cette putain de ville et une petite chemise de nuit trop courte au niveau du maillot, ouah, quelle vie, quel avenir !). Josh lui proposa de la raccompagner mais elle refusa froidement, emporta ses affaires et quitta les lieux d'un pas pressé.
Quand elle fut partit, il faisait nuit, les étoiles brillaient dans le ciel et là-bas, dans la vallée Sunset Valley reluisait d'un millier de points orangés. Josh sourit, heureux de s'être débarrassé de Suzanne (quoi que cela signifiât revenir à la branlette en solitaire...) et de partir pour Oron décida de s'allonger un moment, le temps de finir sa bière. Tout aurait pu bien se passer si l'ombre d'un homme n'était pas venu ombrager les étoiles. Josh se redressa, s'exclama :
"Eh, mec, tu veux pas virer et me foutre la paix, là ?
- Pardonnez-moi, Répondit la voix d'un homme mur, presque âgé mais tout a fait classe et gentleman. Je voulais simplement vous poser une question."
Josh se sentit alors tout bête. Il balbutia, s'excusa puis se redressa pour faire face à l'homme. Celui-ci était étrangement habillé tout de blanc, et portait un grande cape comme l'on pouvait voir dans certains films fantastiques (ou bien était-ce d'horreur, Josh s'en souvenait plus mais s'en fichait, ; lui il n'aimait que les films de guerre et dans les films de guerre on ne portait pas de capes blanches). L'homme semblait vraiment poli et sa façon de se tenir, d'être, de sourire bizarrement le rendait élégant, avec un quelque air aristocratique.
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Nuits Pourpres
Mystery / ThrillerDans la petite ville de Sunset Valley, Maine, quatre adolescents qui n'ont apparemment rien en commun découvrent après de sombres incidents auxquels ils sont intimement liés qu'ils se transforment, une fois la nuit venue, en thérianthropes sauvages...
