🖤Chapitre 53 (Maya)

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Maya se réveilla en entendant la douce mélodie de son réveil résonner dans sa chambre. C'était loin d'être sept heures du matin pour se préparer à aller à l'école, là il s'agissait plutôt d'une mission d'infiltration.

Comme les espions du FBI ou de James Bond... rigola Maya.

Il était en effet trois heures du matin, une heure où la plupart des habitants de Sunset Valley devaient sûrement dormir, du moins, elle espérait que ça soit le cas de Wyatt Hogan. Ce gros porc devait sûrement dormir après avoir passé sa journée à se procurer du plaisir. La brune s'habilla comme si elle allait faire un petit footing : pull à capuche, leggings, baskets. Elle enfourna même dans son sac une paire de gants et une cagoule pour mettre sur place, il ne faudrait pas qu'il voie son petit minois pour ensuite la dénoncer à la police ou qu'une gentille trace de doigts vienne s'incruster dans un endroit improbable.

Maya ouvrit la porte de sa chambre et descendit les escaliers en prenant la peine de ne faire aucun bruit, puis elle s'aperçut que le bureau de Gregor était entrouvert et laisser passer une lumière. Elle regarda en essayant d'apercevoir quelque chose et sursauta en voyant une grosse lumière s'allumer d'un coup. Elle soupira quand elle le vit là, debout, la main sur l'interrupteur, toujours vêtu de son habituel costume noir.

"Savais-tu que trois heure du matin est l'heure du diable ? demanda-t-il.

- Je suis vraiment ravie de le savoir, répondit Maya.

- Les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc nous disent que Jésus est mort pendant la « neuvième heure ». Selon un calcul contemporain, cela correspond à 15h. Satan retourne alors le symbolisme à son profit et choisit de se manifester puissamment vers 3h du matin dans le seul but de se moquer de Dieu. N'est-ce pas impressionnant ?

- Dans ce cas, je serais le démon qui va s'infiltrer chez un homme soupçonné de meurtre, ironisa la brune."

~

Elle passa par la porte qui reliait la maison du garage et enfourcha son vélo. Il faisait plus froid que prévu, cette bécasse avait mit ses gants dans son sac à dos alors qu'il aurait été préférable de les porter maintenant puisque ses mains commençaient à devenir bleues à cause du froid. Elle s'arrêta sur la Sunset Wood Road et enfila ses gants avant de reprendre la route pendant une vingtaine de minutes. Elle remonta jusqu'au pont couvert St. Anthony, descendit en direction du centre-ville, passa Main Street puis rejoignit Arootsook Avenue, où vivait Wyatt Hogan. Les lampadaires avaient presque tous étaient revêtus de guirlandes de sapins et un vent glacial soufflait.

Cette période de l'année lui faisait tous les ans remonter de vieux souvenirs d'il y a plusieurs années, quand ils étaient encore là. Ces heureux Noëls qu'ils passaient en famille, Maya avec ses parents, décorant le grand sapin des plus belles boules et guirlandes, ce moment où son père, Alan Oslow, portait sa fille pour qu'elle puisse mettre l'étoile tout en haut. Au même moment, Mary allumait la guirlande lumineuse du sapin et éternisait ce moment en le prenant en photo. Ces soirées de Noël où l'ancienne Maya déchirait les papiers cadeaux placés au pied du sapin, tous ces moments heureux qui s'étaient arrêtés du jour au lendemain, ces moments qui avaient laissés place à un enfer quotidien qui duraient depuis neuf ans, sans espoir d'y mettre un terme. Ces moments qui avaient finalement prit fin un beau jour, ces moments qu'elle avait enduré, espérant qu'ils s'arrêtent.

Maya arriva dans la rue où sa mission allait débuter. De loin, la maison de ce cher Wyatt était éteinte. Maya gara son vélo, elle ne prit pas le soin de l'accrocher puisque de toutes façons qui pouvait le lui voler ? C'était une nuit d'hiver froide, d'autant plus qu'il y avait un couvre-feu. Elle enfila sa cagoule et leva sa capuche pour plus de discrétion, seul ses yeux étaient à découvert. Elle s'approcha doucement de la maison et passa sous une clôture de bois blanche toute cassée et effritée par le temps. Elle se rendit ensuite derrière la maison, la porte était fermée à clés, comme prévu. Après avoir passé du temps à observer les habitudes de cet homme, elle avait vu qu'il ne fermait jamais complètement la fenêtre de son bureau car il jugeait cela "inutile, qui voudrait voler des papiers ?". Sacré Wyatt, sa maison reste quand même accessible de son bureau, il n'avait décidément pas inventé l'eau tiède. 

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