💚Chapitre 39 (Charlie)

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Le film achevé, Léon se leva pour aller allumer sa chaine hi-fi et alors qu'il revenait s'asseoir sur le canapé auprès de ses amis des musiques d'ambiances s'élevèrent dans le séjour. Une petite dizaine d'enfants étaient déjà venus toquer mais le gros n'était pas encore arrivé. Tout s'accélérait autour de vingt-et-une heure trente, quand il faisait véritablement nuit et que les gamins de six ou sept ans laissaient places aux adolescents et à leurs blagues de mauvais goûts. 

Les quatre amis repoussèrent bols de pop-corn à moitié évidés puis se mirent en cercle, la musique bouchant les instants de silences et de regards partagés, entrecroisés. Ils avaient besoin de parler, cela se ressentait, Charlie le ressentait. De parler de beaucoup, beaucoup de choses. 

"Thibault ? Fit Maya après avoir pioché une poignée de bonbons en tête de citrouille. La dernière fois que je t'ai eu au téléphone, je t'ai demandée comment t'avais échappé à ce salaud de Franklin Smith. Tu m'as dit d'attendre Halloween et... On est Halloween, pas vrai ? De nous quatre, qui veut que Thibault raconte sa mésaventure lève la main."

Tous levèrent la mains, sauf Thibault. Léon rit et Charlie se laissa sourire légèrement.

"Bon, si vous voulez tant savoir... Depuis la première perquisition j'avais tout préparé. J'ai placé une caméra dans ma chambre et j'ai filmé tous mes soirs de sommeil, pour prouver que mon corps (il haussa des épaules d'un air de sous-entendu) ne quittait pas ma chambre pour aller trucider des gens en ville. Chaque nuit filmée avait sa date automatiquement enregistrée. L'officier Smith n'a rien pu faire devant un tel alibi.

- Wow !"

Maya applaudit gaiment, comme pour pousser ses amis a suivre son geste. 

"Bien joué, S'exclama simplement Charlie. Mais n'oublions pas que la police peut retomber sur nous à n'importe quel moment. Ces types ne lâchent pas facilement. Et puis, on n'a même plus de nouvelles du mentor.

- Il disait pourtant qu'une fois ce problème de la police régler il nous recontacterait... Soupira d'un air dépité Léon.

- Je... Je pense qu'on doit attendre, Rétorqua avec une touche d'espoir Maya. Il finira par nous revenir.

- Et toi tu l'as pas vu ?"

Charlie plissa les yeux et fixa ardemment Maya qui, apparemment, fut comme déshabillée et dénudé par ce regard insistant. 

"Sa maison est grande, je le vois rarement... Il mange ce que je lui prépare, mais c'est la seule trace de sa présence que je parviens à avoir. Le reste du temps l'endroit est comme mort.

- Sympa le lieux de vie, Railla Léon.

- Je préfère ça que mon oncle..."

Maya se recroquevilla et frotta convulsivement ses épaules comme si elle avait froid. Durant un instant, personne ne parla, personne n'osa lever les yeux sur les autres. Tous savaient de quoi Maya parlait, à quoi Maya renvoyait, mais personne n'en parlait. C'était des secrets qu'ils n'auraient jamais dû avoué et qui pourtant, une nuit, avait été délivré - puis Léon avait été renversé par une voiture. Charlie, malgré les souvenirs flous de cette fête chez Lucas Sheefle, se rappelait très bien de ce que les quatre amis s'étaient avoués, au milieu de cette rue déserte sur West Hill. Maya avait tué un oncle pédophile, Léon avait tué son harceleur Martin Mccoy, Thibault sa voisine Alice Deloire et elle sa mère, sa propre mère droguée. Et tous avaient juré sur Dieu, sur cette maudite ville qu'ils l'avaient fait contre leur volonté, qu'ils l'avaient fait une fois transformé en animaux. Lycanthropie clinique, qu'avait pensée tout d'abord Charlie, qu'ils étaient tous les quatre fous, puis le mentor leur était apparu, et avait parvenu à prouver qu'ils se transformaient bel et bien en animaux. Mais personne, aucun des quatre ami n'avait reparlé depuis cette soirée terrible où Léon avait faillit perdre la vie qu'ils avaient tué des gens, des humains. C'était un secret sombre, bien trop sombre, bien trop fou pour être extériorisé ; et même s'il l'avait été on l'avait aussitôt renterré, par peur de se rendre dingue. Peut-être valait-il mieux ne plus en parler du tout, et attendre de voir ce qu'il allait advenir.

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