Les cheveux dans le vent, les joues rougies par le froid de l'hiver, les mains dont les gants laissaient passer l'air et le vélo qui filait à toute allure, Maya pédalait en direction du pont d'entrée de Sunset Valley avec un fond de frénésie. Il devait être dix-sept heures neuf lorsque la brune arriva à destination, tous ses amis étant déjà sur place. Elle soupira bruyamment, laissant apparaître une fumée grisâtre qui disparut presque aussitôt. Charlie était adossée contre le parapet tandis ce que Léon et Thibault se tenaient debout, l'un tenant son skate et l'autre les mains enfouies dans les poches. Les trois regardaient le visage pâlit de Maya, en silence. Les auréoles des réverbères les engloutissait dans une semi-pénombre, et pas un mot ne sortait de leurs bouches.
Elle leur lança un regard à chacun d'eux, figée dans le froid, puis posa grossièrement sa bicyclette sur le bas-côté et vint se ruer dans les bras de Thibault pour l'éteindre affectueusement. Il lui avait rapidement avoué par téléphone que ses parents avaient voulu l'envoyer dans un asile psychiatrique sur Bangor et qu'il avait fuit des infirmiers venant l'emmener pour pouvoir les rejoindre. La seule idée de voir son ami prit pour un fou lui brisait le cœur.
Après un long silence, elle fit quelques pas en arrière et se mordit les lèvres presque à sang. Les quatre n'osaient pas prendre la parole, et ce fut Charlie qui finalement se lança lorsqu'elle s'aperçut que personne n'était déterminé à faire le premier pas.
"On doit aller voir le mentor."
Tous hochèrent en silence. Maya récupéra son vélo tombé sur l'asphalte quelques minutes auparavant et monta dessus ; Thibault l'enfourcha à son tour et s'enlaça fermement autour de sa taille. Dans l'instant qui suivit, les quatre amis ne furent plus que quatre ombres à vélos roulant en direction de la Sunset Wood Road. Et durant ce court laps de temps où le jour s'évanouit pour de bon, tous restèrent silencieux. Ils allaient voir le mentor, mais pourquoi donc, au final ? Parce que c'était un putain de meurtrier qui comptait les tuer alors qu'il avait joué le rôle de mentor jusqu'ici ?Non, c'était impossible.
Soit nous nous trompons sur toute la ligne... Songea Maya, Soit il est bien trop fourbe pour vouloir nous tuer maintenant.
Après avoir passé le pont couvert et pédaler parmi les hauts sapins, ils atteignirent finalement la grande demeure de Gregor Mastema avec un goût amer en bouche. Léon s'arrêta le premier, entraînant dans son sillage l'arrêt de ses amis qui le regardèrent. Il avait les joues rougies par le froid et était essoufflé, après avoir donné tant de frénétiques coups de pieds sur la chaussée pour se propulser avec son skate... Chance pour lui, la route avait été déneigée plus tôt dans la journée. Les fenêtres du rez-de-chaussée de la demeure Victorienne étaient peintes d'une lueur jaunâtre.
"Les gars... On fait quoi, si ça tourne au cauchemar ?
- Si le mentor est bel et bien un meurtrier, tu veux dire ?"
Maya lança un regard vers les deux autres. Elle comprit qu'ils avaient pensé la même chose depuis un petit moment déjà.
"On se casse, Répondit Charlie.
- Ça sera pas si facile..."
Les quatre se tournèrent vers Maya avec une inquiétude à peine dissimulée.
"Cette maison est un vrai labyrinthe, Reprit-elle. Si on emprunte le mauvais couloir, c'est foutu.
- On n'est pas cons, Lança Thibault. On te suivras.
- Allez les gars, si ça se trouve on psychote pour rien ! On ne fait que supposer, OK ? Si ça se trouve, le mentor n'a rien de bien méchant. Si ça se trouve, on s'est juste monté la tête.
VOUS LISEZ
Nuits Pourpres
Детектив / ТриллерDans la petite ville de Sunset Valley, Maine, quatre adolescents qui n'ont apparemment rien en commun découvrent après de sombres incidents auxquels ils sont intimement liés qu'ils se transforment, une fois la nuit venue, en thérianthropes sauvages...
