Thibault descendit lentement les marches d'escaliers, et rejoignit ses parents, dehors, sur le porche de la maison, regardant le terrain voisin avec un sentiment défigurant leur visage. Un sentiment d'effroi. Ils étaient encore en pyjama, et pour cause, il n'était que huit heures moins le quart. La rentrée des classes n'était pas avant dix heures, et tous deux commençaient le travail demain.
"Papa, maman, qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il en s'étirant et en baillant."
A sa vue, sa mère se jeta presque sur lui et l'embrassa convulsivement.
"Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
- La petite des voisins... Alice. On l'a retrouvée égorgée.
- Quoi ?"
Thibault blêmit avec une vitesse hallucinante. Il tituba et avança sur le perron, alors que sa mère restait en retrait, prise de haut-le-cœur. Devant la maisonnette rosâtre de style craftsman on pouvait apercevoir deux patrouilles de policiers et une ambulance. La zone était encerclée de rubalises jaunes.
"Elle aurait été agressée par un furet sauvage, Continua son père.
- C'est horrible... Siffla Louise, entre deux convulsions.
- Ca s'est passé quand ?
- Durant la nuit. On a bien fait de fermer les volets. Ca aurait pu être toi, Thib.
- Carl !"
Son père se tourna vers sa femme. Celle-ci les considéra tour à tour, effarée, puis rentra en balbutiant :
"Je vais préparer le petit déjeuné."
Thibault, après même que son père soit rentré à son tour, que l'ambulance ait disparut au bout de la rue en sifflant et que la maison des voisins ait été fermée à clé, resta encore un moment sur le porche de son nouveau chez-soi, fixant la fenêtre de la chambre d'Alice, pétrifié. Était-ce sa faute ? Avait-il rêvé, ou l'avait... L'avait-il réellement tué, égorgé, dévoré vivante ?
Ce n'était qu'un rêve, Se jura-t-il. Tu as halluciné... Qu'est-ce que tu t'attendais après avoir arrêté de prendre tes médocs ?
Thibault se cogna le crâne pour faire taire sa voix. Non, ce n'était pas lui, ça n'aurait pas pu être possible. L'arrivée dans cette nouvelle vie l'avait seulement troublé... Chamboulé, même.
Il n'y était pour rien. Jamais.
Mais alors qu'il comptais rentrer prendre le déjeuné, il remarqua, sur la pelouse voisine, une petite bestiole qui l'observait. Il plissa les yeux, et bondit de frayeur en réalisant qu'il s'agissait-là d'un furet. La petite bête le fixait avec de grands yeux, comme si elle attendait quelque chose de sa part. Mais elle n'attendait rien, et déjà elle repartait en courant dans les hautes herbes.
Thibault passa le hall, longea le couloir jusqu'à la cuisine, puis s'arrêta juste avant, quand il entendit les voix nébuleuses, alarmées de ses parents qui discutaient. Encore une discussion dont ils ne voulaient pas que Thibault en sache l'existence.
"Carl, tu veux toujours emmener ton fils voir cette psychologue ? Laisse-le un peu prendre racine ici, non ?
- Louise, notre fils vient d'apprendre que sa petite voisine s'est faite tuée par un furet ! Alors que ça fait même pas un mois qu'il a arrêté les prescriptions des médecins contre son trouble explosif !
- Il a arrêté sa prescription donnée par le docteur Molrose ?"
Thibault s'avança pour mieux entendre, mais sous ses pas les lattes grincèrent. Il s'arrêta, entendit que ses parents s'étaient tus, mais ceux-ci recommencèrent à parler après quelque secondes de blanc.
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Nuits Pourpres
Misterio / SuspensoDans la petite ville de Sunset Valley, Maine, quatre adolescents qui n'ont apparemment rien en commun découvrent après de sombres incidents auxquels ils sont intimement liés qu'ils se transforment, une fois la nuit venue, en thérianthropes sauvages...
