Deux jours plus tard
Lena n’avait pas prévu de passer. Elle avait juré qu’elle resterait concentrée, qu’elle ne céderait pas à cette tentation. Mais 22h sonnaient, et elle se trouvait devant la porte de Kara avec une bouteille de vin et un cœur beaucoup trop bruyant.
Kara ouvrit. Pas de pyjama cette fois. Une simple robe noire, fluide, pieds nus, cheveux détachés. Et un sourire.
— Je savais que tu viendrais.
— J’ai du vin. Tu ne résistes pas au cabernet.
— Oh, je résiste à beaucoup de choses. Mais pas à toi.
Elle se poussa pour la laisser entrer, frôlant son bras sans nécessité. Le salon baignait dans une lumière douce, presque complice. Une playlist jazz tournait en fond. Volontaire. Calculée. Parfaite.
— Tu t’attendais à quelqu’un d’autre ? demanda Lena, déposant la bouteille sur la table.
— Non. Juste à toi. Ou à l’idée que tu finirais par céder.
— Je n’ai pas cédé. Je suis là pour discuter.
— Alors discutons. Mais sache que si tu te rapproches trop, je te mets au défi.
— Au défi de quoi ?
— De ne pas m’embrasser.
Kara s’installa dans un coin du canapé, jambes croisées, posture nonchalante. Trop nonchalante.
Elle savait ce qu’elle faisait. Et Lena le savait aussi.
— Tu joues avec le feu.
— Non. Je te tends une allumette. Tu choisis si tu grattes.
Elles burent un verre. Puis deux. Les discussions s’égrenèrent : politique, souvenirs d’université, projets futurs, et cette étrange parenthèse qu’elles vivaient sans l’avouer.
Puis Kara pencha la tête.
— Tu sais ce que je trouve le plus cruel dans cette histoire ?
— Dis-moi.
— C’est que tu veux m’embrasser. Je le vois. Tu le respires. Tu le retiens à chaque regard, à chaque soupir. Et tu te punis de ne pas oser.
— C’est plus compliqué que ça.
— Non. C’est plus simple que tu veux bien le croire.
Elle se rapprocha. Un peu. Juste assez pour que leurs épaules se touchent.
— Tu crois qu’en ne m’embrassant pas, tu préserves quelque chose. Mais tu fais que retarder ce qu’on sait déjà. Tu crois que je vais me lasser, que je vais partir si tu ne cèdes pas ?
Lena tourna la tête. Kara était si proche.
— Et tu ne partiras pas ? demanda-t-elle, la voix un peu rauque.
— Non. Parce que je suis déjà restée. Parce que je suis déjà à toi.
Un léger silence s'était abattu puis Kara leva lentement la main, l’approcha du visage de Lena…
Et, au dernier moment, la détourna pour remettre une mèche derrière son oreille.
— Tu vois ? Je peux être sage aussi.
Lena retint son souffle.
— Tu veux que je craque.
— Non. Je veux que tu choisisses de ne plus fuir ce qu’on est.
— Et si je perds tout en cédant ?
VOUS LISEZ
OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
