La lumière filtrait à travers les rideaux pâle et dorée, réchauffant doucement les draps froissés. Kara n’avait pas bougé. Elle était restée là, allongée sur le côté, à observer Lena. À écouter son souffle lent, son visage enfin apaisé, ses cheveux en désordre sur l’oreiller.
C’était étrange, cette paix. Elle ne venait pas seulement du sommeil. C’était… une vérité silencieuse. Quelque chose de simple. Comme si le monde, après des mois d’agitation, avait cessé de hurler entre elles.
Kara tendit la main, caressa doucement l’épaule nue de Lena du bout des doigts. La peau frissonna à son contact, mais Lena ne bougea pas. Pas encore. Elle avait toujours eu ce moment entre le rêve et l’éveil, où elle restait dans cet entre-deux, comme suspendue.
— Tu dors encore ? murmura Kara, voix rieuse.
Un soupir lui répondit. Puis, très lentement, Lena remua. Elle ouvrit un œil, mi-endormie, mi-amusée.
— J’essayais. Mais quelqu’un insiste pour me caresser comme si j’étais… un irrésistible chaton.
— Tu ronronnais presque, rit doucement Kara. J’ai cru que ça te plairait.
Lena tourna la tête vers elle, ses yeux verts brillants de cette tendresse rare qu’elle cachait si bien d’habitude. Mais là, elle ne se cachait pas. Elle ne fuyait rien. Elle resta silencieuse un moment, puis laissa tomber :
— Tu es restée.
Kara la regarda sans ciller. Puis elle se pencha et l’embrassa doucement sur la tempe.
— Évidemment que je suis restée.
Un frisson traversa Lena. Pas de désir, quelque chose de plus intime. De plus vulnérable.
— J’ai eu peur que ce soit… juste cette nuit. Juste un moment.
— Tu me prends pour qui ? souffla Kara en glissant une main sur sa hanche. Tu as cru que j’allais faire tout ça, te faire perdre la tête, grimper sur tes cuisses en plein salon, te faire supplier pour que je te touche, tout ça, pour partir après ?
Lena leva un sourcil, faussement offusquée.
— Je n’ai pas supplié.
— Ah bon ? Tu veux que je te redise mot pour mot ce que tu as gémi contre ma bouche quand j’ai glissé mes doigts entre…
— Non, non c’est bon, merci, soupira Lena en se cachant à moitié le visage avec l’oreiller.
Kara éclata de rire et s’étira langoureusement sur le lit, la couverture glissant de son dos. Elle n’avait gardé qu’une petite culotte de dentelle, que Lena repéra d’un œil fuyant malgré elle, pas encore habituée.
— Tu comptes aller prendre ton café comme ça ? demanda-t-elle, déjà un peu à bout.
— Pourquoi pas ? fit Kara innocemment. Il fait chaud. Et j’aime bien cette culotte. Tu l’as bien regardé hier soir, elle avait l'air de te plaire, non ?
Lena la fixa avec un mélange d’agacement et de fascination.
— Tu ne vas pas me laisser respirer, hein.
— Pas tant que tu auras encore cette petite ride entre les sourcils quand tu me regardes. Celle qui dit que tu me veux mais que tu refuses encore de céder complètement.
Kara s’approcha, s’assit lentement sur ses hanches, jambes de part et d’autre, corps à demi nu exposé dans la lumière du matin.
— Et tu veux que je cède à quoi, exactement ? demanda Lena, la voix plus rauque.
Kara sourit, carnassière et tendre à la fois. Elle pencha la tête, ses cheveux caressant le visage de Lena.
— À l’idée que ce n’était pas juste une nuit. Que c’est comme ça maintenant. Toi, moi, cette tension. Ce lien. Cette évidence. Et que tu n’as plus à lutter contre.
Elle se pencha, effleura ses lèvres, s’arrêta à un souffle.
— Je ne suis pas ta faiblesse, Lena Luthor. Je peux être ton point d’équilibre. Laisse-moi l’être, s'il te plaît.
Le silence s'étira, et dans ce silence, Lena soupira, un son si fragile et si plein de défaite qu'il ressemblait à une victoire.
— Reste sur moi, alors, murmura-t-elle. Empêche-moi de réfléchir. De douter. De tout foutre en l’air.
Kara l’embrassa doucement, lentement. Puis elle se rallongea sur elle, nichée tout contre sa peau.
— Je ne compte pas partir, Lena. Il va falloir t’y faire. Je t'aime. Terriblement et probablement pour toujours.
Et dans cette chambre, au milieu de la ville qui se réveillait, les deux femmes restèrent là. Collées l’une à l’autre, enlacées, à l’abri du tumulte. La journée pouvait bien attendre. Elles, enfin, n’avaient plus rien à prouver. Rien à fuir. Rien à cacher.
Juste… elles.
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C'était plus un défi qu'autre chose à la base mais j'ai fini par apprécié donc s'arrêter était devenu délicat, n'est-ce pas titidark !
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OS SuperCorp
Fiksi PenggemarCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
