Partie 8

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La lumière dorée de l’après-midi caressait les vitres du Chopper's, ce petit café discret qu’elles fréquentaient parfois après leurs réunions avec Alex. Kara était déjà assise, les mains autour d’une tasse brûlante, une mèche tombant sur son front, les yeux rivés à la porte. Elle n’arrivait plus à se concentrer. Pas depuis trois jours. Pas depuis cette main serrée dans la sienne.

Lena arriva avec quelques minutes de retard, lunettes de soleil, tailleur noir et sourire léger aux lèvres. Décontractée. Sûre d’elle. Dangereusement séduisante. Kara sentit son estomac se contracter rien qu’en la voyant s’approcher.

— Tu m’attendais ? demanda Lena en retirant ses lunettes, dévoilant un regard où dansait une lueur narquoise.

— Tu es en retard, marmonna Kara, faussement boudeuse.

— Juste assez pour que tu te demandes si je viendrais.

Elle s’assit, croisa les jambes lentement, avec une précision troublante. Kara la regarda faire, incapable de masquer son trouble.

— Tu as pris quelque chose pour moi ?

— Un thé glacé citron. Je me suis souvenue que tu aimais ça l’été.

— Tu es adorable.

Elle le dit avec une voix plus grave que d’habitude, presque un murmure. Et Kara sentit son cœur rater un battement.

— Tu sais, poursuivit Lena en attrapant la paille de sa boisson, tu étais bien silencieuse ces derniers jours.

— Je... je ne savais pas quoi dire.

— Tu pourrais commencer par admettre que tu aimes quand je te trouble.

Kara sursauta légèrement. Un rire nerveux lui échappa.

— Lena...

— Oui ? fit-elle, innocente.

Mais son regard glissait lentement le long du cou de Kara, s’attardait sur la peau délicate au creux de sa clavicule, là où le col de son chemisier s’était entrouvert.

Kara déglutit.

— Ce n’est pas juste.

— Quoi ?

— Tu joues avec moi.

— Peut-être, concéda Lena, en rapprochant lentement sa chaise, jusqu’à effleurer la jambe de Kara du bout de son talon. Mais tu joues aussi, Kara. Tu fais semblant de ne pas comprendre, mais tu sais parfaitement ce que tu me fais.

Kara la fixa, prise au piège. Elle sentait la chaleur monter dans sa poitrine, une tension douce et insoutenable nouer son ventre.

— Je ne veux pas te perdre, souffla-t-elle.

— Alors arrête de croire que ce qu’on construit est fait pour détruire ce qu’on avait. Ce n’est pas une fin, Kara.

Lena posa une main sur la sienne, sans pression, mais sans trembler.

— C’est un passage vers autre chose. Et tu en meurs d’envie.

Kara serra doucement ses doigts. Elle ferma les yeux une seconde. Son cœur battait si fort que ça en devenait douloureux.

— Je suis au bord du vide, Lena.

Un silence. Puis :

— Alors saute.

Kara ouvrit les yeux, bouleversée. Lena n’avait pas bougé, mais son regard disait tout. Qu’elle serait là. Qu’elle la rattraperait. Qu’il n’y aurait pas de chute.

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