Le mardi suivant, Kara eut du mal à dormir. Elle avait tourné en rond toute la nuit, ruminant chaque mot, chaque inflexion de voix, chaque silence trop long entre elles. Elle aurait voulu que ce soit plus simple. Plus clair. Moins viscéral.
Mais c’était Lena.
Et Lena ne faisait rien à moitié.
À dix heures précises, la porte s’ouvrit. Kara releva les yeux, elle était déjà assise. Pas de préparation cette fois. Pas de notes. Elle avait compris que la neutralité ne tiendrait plus.
Lena entra sans un mot, vêtue d’un tailleur sombre, ajusté, presque sévère. Pas de bijoux. Juste ce rouge à lèvres qui ne pardonnait rien.
Elle s’assit sans attendre qu’on l’y invite, décroisa lentement son écharpe, lissa son pantalon comme si elle s’installait à un dîner, pas à une séance.
Kara attendit qu’elle parle.
Mais c’est elle qui craqua la première.
— Vous allez bien ?
— Je suis venue, répondit Lena sans détourner les yeux. C’est déjà un aveu.
Kara hocha lentement la tête.
— Oui. C’en est un.
Un silence puis Lena reprit :
— Je vous ai dit que vous m’irritiez. C’est toujours vrai. Mais… je ne peux pas m’empêcher de venir. Vous vous êtes demandé pourquoi ?
Kara soutint son regard. Elle avait l’impression d’être en apnée.
— J’ai ma théorie. Mais je préfère vous entendre.
Un léger sourire traversa le visage de Lena.
— Parce que je veux comprendre pourquoi je réagis comme ça. Pourquoi je ressens… ce que je ressens. Pour vous. Contre vous. Je ne suis pas habituée à ce que quelqu’un me fasse perdre le contrôle.
— Et vous pensez que je vous fais perdre le contrôle ?
— Je n’en suis pas sûre. Peut-être que je fais semblant de le perdre, pour voir ce que vous feriez. Peut-être que c’est une provocation. Ou peut-être que c’est sincère. Je ne sais pas. Et c’est ça qui m’épuise.
Kara se pencha légèrement vers elle, coudes sur les genoux. Ses doigts s’entrelacèrent.
— Vous n’êtes pas obligée de tout contrôler ici. Vous avez le droit de ne pas savoir.
Lena leva les yeux vers elle. Et ce regard, là, était un brasier.
— Et vous, Kara ? Vous savez, vous ? Ce que vous ressentez ?
Kara aurait voulu mentir. Ou au moins détourner. Mais c’était trop tard.
— Oui. Je sais.
— Alors dites-le.
— Ce n’est pas à moi de déposer ça ici. Cet espace est le vôtre.
Lena rit. Un rire court, blessant.
— Toujours la même. Vous me renvoyez à moi comme un miroir. C’est cruel, Kara. Tellement cruel.
Elle baissa les yeux, ses doigts se crispant sur l’accoudoir.
Kara se leva.
— Ce n’est pas du miroir, Lena. C’est de la protection. Pour vous. Et pour moi.
Lena leva les yeux vers elle, son visage tendu.
— Et si je ne voulais plus de cette protection ?
— Alors je devrais vous dire non. Encore.
Elle s’approcha, doucement. Jusqu’à se tenir debout juste devant elle.
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OS SuperCorp
FanfikceCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
