Le soir tombait sur National City, un de ces soirs où les vitres du L-Corp se teintaient d’un rouge sombre avant de glisser vers l’indigo. Lena, penchée sur ses dossiers, ne lisait plus rien depuis un long moment. Son regard dérivait vers la baie vitrée, vers l’infini, mais son esprit restait prisonnier de ce qui l’habitait depuis des semaines.
Elle sursauta en entendant la porte s’ouvrir.
— Toujours là à cette heure ? fit une voix douce, familière, un sourire contenu accroché à ses lèvres.
Kara. Lunettes glissées au bout du nez, bras chargés d’un sac en papier d’où dépassait une boîte de donuts. Lena sentit son cœur battre plus fort, presque douloureux.
— Et toi ? demanda-t-elle, le ton plus piquant qu’elle ne l’aurait voulu.
Kara baissa un instant les yeux, gênée, puis vint déposer le sac sur le bureau. L’odeur du sucre et du café tiède envahit la pièce.
— Je me suis dit que tu avais peut-être oublié de dîner…
Lena eut un sourire qui se brisa en coin. La vérité, c’est qu’elle oubliait souvent. Mais ce soir, c’était différent. Elle n’avait pas faim. Elle avait ce vide, cette tension qui n’avait rien à voir avec le travail.
— Tu te donnes beaucoup de mal pour veiller sur moi, murmura-t-elle.
Kara leva les yeux, et leurs regards se croisèrent. Il y eut ce silence. Épais. Insistant. Lena sentit son souffle se raccourcir. Elles jouaient à ce jeu dangereux depuis trop longtemps : des regards trop longs, des sourires retenus, une proximité qu’aucune n’osait franchir.
— C’est normal, dit Kara, presque dans un souffle. Tu es… tu comptes pour moi.
Lena détourna brusquement les yeux. Elle ne pouvait pas se permettre d’entendre ça ce soir. Pas alors que l’ombre de Lex rôdait encore dans ses pensées, que les choix impossibles se dessinaient déjà.
Elle se leva, fit quelques pas vers la vitre. Kara la suivit des yeux, inquiète.
— Lena ?
— Tu sais ce que j’admire le plus chez toi, Kara ? reprit-elle sans se retourner.
— Quoi donc ?
— Ta capacité à croire, envers et contre tout en les gens. En moi.
Un silence. Kara ne répondit pas, mais Lena sentit son trouble, derrière elle. Elle ferma les yeux une seconde. Parce qu’elle savait qu’un jour viendrait où cette croyance s’effondrerait.
— Mais parfois… murmura Lena, tu n’imagines pas à quel point il est difficile de choisir le bon côté.
Elle sentit Kara s’approcher, une chaleur discrète à ses côtés. Pas un geste, pas une main qui touche, juste cette présence qui la bouleversait plus que tout.
— Tu n’es pas obligée de choisir seule, Lena.
Et Lena pensa que Kara ne savait pas à quel point ces mots, ce soir, prenaient déjà des allures de condamnation.
__
Le matin suivant, Lena s’était réveillée avec une migraine sourde, conséquence d’une nuit trop courte et d’un esprit trop chargé. Elle n’avait pas revu Kara depuis la veille. Elles s’étaient quittées dans ce silence étrange qui tenait lieu d’aveu suspendu.
Mais la journée n’attendit pas.
Un appel, strident, glaçant. Alex.
— Lena… on l’a repéré.
VOUS LISEZ
OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
