Le samedi matin s’était installé dans le calme gris d’un ciel encore froissé de sommeil. Kara descendit les marches du dortoir une à une, tirant sa valise cabossée derrière elle. Le campus était silencieux, presque désert, comme si tout le monde avait fui l’obligation de ce week-end de travail. Tous, sauf elles.
Elle repéra Lena près du parking, adossée à une voiture noire élégante, sans surprise. Ses cheveux étaient tirés en arrière, son manteau parfaitement coupé, et elle lisait quelque chose sur son téléphone avec l’air de quelqu’un qui aurait préféré être n’importe où ailleurs.
Kara inspira fort, puis s’approcha.
— Tu conduis ? demanda-t-elle en posant sa valise près du coffre.
Lena leva les yeux.
— Tu voulais que je te laisse le volant ? Avec ta réputation de fonceuse ?
Kara esquissa un sourire.
— Je suis très prudente. Sauf quand on me cherche.
Lena haussa un sourcil, ouvrit le coffre, y rangea la valise de Kara sans un mot.
— Eh bien… moi je ne te cherche pas. Je t’amène.
Kara grimpa côté passager. L’intérieur sentait le cuir, le propre, et quelque chose d’un peu sucré, peut-être le parfum de Lena, qu’elle avait déjà remarqué une fois, mais n’avait jamais osé commenter.
Le silence s’installa entre elles dès le départ. Pas gênant. Pas encore confortable non plus.
Le moteur ronronnait doucement. Les arbres défilaient. Kara observait la route, puis Lena du coin de l’œil. Sa mâchoire tendue. Ses doigts sur le volant, précis. Elle se demandait si elle laissait toujours si peu de place au hasard, ou si c’était juste quand elle était avec elle.
— Tu fais toujours ça ? demanda Kara soudain.
— Ça ?
— Cette… manière de garder tes distances avec tout le monde.
Lena tourna lentement la tête vers elle.
— C’est une façon polie de dire que je suis froide ?
— Non. Juste… fermée. Comme si t’avais construit un mur autour de toi.
Lena ne répondit pas tout de suite.
— Et toi, tu fais toujours ça ? continua-t-elle. T’approcher des gens comme si c’était facile. Comme si tu pouvais supporter de te brûler.
Kara la fixa, surprise.
— Je ne supporte rien du tout. Je fais semblant. La plupart du temps.
— Alors on est deux à jouer, conclut Lena.
Elles se turent. Le silence revint. Différent, cette fois. Moins défensif. Plus... exposé.
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Elles arrivèrent en fin de matinée dans une grande maison universitaire, prêtée pour le week-end aux étudiants sélectionnés. Deux étages, une cuisine commune, plusieurs chambres. Un cadre presque agréable… si on oubliait l’obligation de travailler ensemble.
— On nous a assigné la chambre du fond, annonça Lena en consultant un mail. Apparemment, ils ont décidé que comme on avait “besoin de cohésion”, autant commencer par partager le même espace.
Kara faillit rire.
— Ils savent vraiment comment motiver les gens.
Lena leva les yeux au ciel.
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OS SuperCorp
FanficCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
