Partie 4

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Kara venait à peine de franchir les portes vitrées de CatCo que son cœur se serra.

Lena était là. Élégante, radieuse, souriante. En grande conversation avec James.

Ils riaient ensemble. Pas juste un rire poli ou forcé. Un vrai éclat, de ceux qu’on partage avec quelqu’un qu’on connaît bien. Qu’on a connu… autrement.

Kara s’arrêta à quelques pas. Une main serrée sur la lanière de son sac, l’autre accrochée à son téléphone éteint. Son visage resta impassible, ou presque. Elle savait sourire. Faire semblant. Mais son regard, lui, trahissait cette chose nouvelle et brûlante qu’elle découvrait avec étonnement : la jalousie.

— Kara ? appela Lena en l’apercevant.

Elle se retourna aussitôt. Un sourire trop grand étirait ses lèvres, comme un réflexe.

— Oh, salut.

Lena s’approcha, posant une main légère sur son bras. Juste une caresse, rien de compromettant devant témoins. Mais Kara sentit la chaleur à travers le tissu.

— Tu passes me chercher ?

— Oui… enfin, non, j’étais juste… de passage.

James s’approcha à son tour, saluant Kara avec cette familiarité tranquille qu’elle connaissait si bien.

— Hey, Kara. Tu vas bien ?

Elle hocha la tête, polie.

— Super. Toi ?

— Toujours.

Il lança un regard entendu à Lena avant de s’éloigner, laissant derrière lui une tension presque palpable. Kara ne dit rien tout de suite. Lena, elle, la regarda longuement.

— Tu veux qu’on sorte ? demanda-t-elle doucement.

Kara acquiesça, déjà en route pour l’ascenseur. Elle attendit d’être seule avec elle entre les parois métalliques, le bruit familier des portes se refermant dans son dos.

— Tu… tu semblais bien discuter avec James.

Lena arqua un sourcil, presque amusée.

— On parlait de la nouvelle direction éditoriale. Et du café de la cafétéria, qui est toujours aussi immonde.

Kara se mordit la lèvre, fixant ses pieds.

— Je sais qu’il y a eu quelque chose entre vous.

— Il y a eu… des tentatives, oui.

— Et c’était sérieux ?

Le silence s’étira. Puis Lena tourna lentement la tête vers elle.

— Non. Ce n’était pas sérieux, Kara. Parce que je n’arrivais pas à ressentir ce que j’étais censée ressentir. J’essayais. Mais j’étais vide. Chaque fois que je me disais “allez, peut-être que ça va marcher”, je me heurtais à la même évidence.

Kara releva la tête.

— Laquelle ?

Lena esquissa un sourire plus doux. Moins amusé. Presque triste.

— Que ce n’était pas lui que j’aimais.

Un silence, à nouveau.

Puis Kara s’approcha, tout près, et murmura :

— Et maintenant ?

Lena glissa ses doigts dans les siens.

— Maintenant, je n’ai plus besoin d’essayer. Tu es là. Et je ressens tout. Trop. Assez pour que ça me fasse peur parfois.

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