OS Bonus

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Le portail s’était ouvert sans prévenir, un vortex scintillant aux couleurs étrangement froides, tremblotant comme un miroir brisé. Kara l’avait à peine aperçu que Lena, encore un peu distraite dans le salon, avait été happée avec elle. La terre qu’elles atteignirent était… autre. Le ciel n’était pas bleu, mais gris vert, presque liquide, et des formes massives se déplaçaient au loin avec une lenteur terrifiante, des silhouettes dont la taille et la sauvagerie faisaient frissonner Kara malgré sa force.

— Kara… murmura Lena, la voix tremblante mais ferme, incapable de cacher sa fascination. C’est… réel ?

Kara resserra son bras autour de Lena, instinctivement protectrice. Elle savait déjà que ce monde ne répondrait pas aux mêmes règles. Elle avait déjà croisé certaines créatures de ce genre — à sa façon, dans ses expériences passées avec des univers parallèles — mais jamais rien d’aussi grotesque et inquiétant.

Et au milieu de ce chaos latent, une silhouette se découpa. Une fille aux cheveux noirs et raides, vêtue d’un uniforme sombre, marchait avec une assurance déconcertante. Kara sentit un frisson familier : Mercredi. Mais Mercredi n’était plus l’adolescente un peu sarcastique qu’elle connaissait depuis longtemps ; quelque chose en elle avait changé. Elle était encore plus… énigmatique, presque dangereuse dans sa façon de ne rien laisser transparaître.

— Kara Danvers. Lena Luthor. Vous êtes enfin là, dit Mercredi d’une voix qui n’admettait aucune émotion.

Kara fit un pas en avant, prête à défendre Lena si nécessaire, mais Mercredi ne semblait pas hostile. Pas encore.

— Ici… murmura Lena, le regard parcourant les arbres gigantesques et les ombres mouvantes. Qu’est-ce que… c’est que cet endroit ?

Mercredi inclina légèrement la tête, un demi-sourire glacial aux lèvres :

— Vous êtes sur ma terre. Et ici, tout le monde cache quelque chose. Même vous.

Kara la regarda marcher, fascinée. Chaque geste de Mercredi semblait mesuré, précis, presque comme si elle calculait chaque mouvement. Pourtant, sous cette armure de froideur, Kara percevait… quelque chose. Une étincelle qu’elle ne savait pas nommer, mais qui lui donnait envie de la connaître.

— Kara… murmura Lena, sa main se crispant légèrement sur le bras de Kara. Ne t’approche pas trop. Je… je ne sais pas ce qu’elle veut.

Kara secoua la tête, un demi-sourire rassurant.

— Lena, calme-toi. Elle n’a pas l’air mauvaise. Je le sens.

Lena fronça les sourcils, mais ne dit rien. Son instinct, toujours affûté, la mettait en alerte. Tout dans cette Mercredi semblait… imprévisible. Et pourtant, Kara avançait comme si elle connaissait déjà cette étrangeté, confiante, curieuse, portée par une naïveté qu’elle ne pouvait s’empêcher de projeter.

Mercredi, quant à elle, observait la jeune femme avec une attention détachée, presque irritante. Kara la fascinait, c’était indéniable. Son regard clair, ses gestes spontanés, sa chaleur… Mercredi n’aimait pas ça. Elle n’aimait pas qu’on puisse la toucher, même par le simple contact d’une attention innocente. Et pourtant… elle ne pouvait nier que Kara avait quelque chose de beau.

— Tu ne devrais pas lui faire confiance si vite, murmura Lena à Kara, la voix basse, presque un avertissement. Ce monde… il change les gens. Même ceux qui semblent gentils.

Kara ne répondit pas. Elle sentait la peur de Lena, mais aussi sa propre certitude que Mercredi n’était pas là pour leur nuire. Et lorsqu’elle croisa le regard de Mercredi pour la première fois, ce fut comme un choc électrique, une tension douce, troublante, qui fit frissonner les deux filles en silence.

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