Une semaine plus tard
— Kara, je t’ai demandé si tu voulais du thé ou du café.
— Quoi ? Oh… euh… thé ! Thé. Merci.
Lena la regarda en silence, une seconde de trop.
Kara tripota le bord de sa manche avec une concentration qui frôlait l’absurde. Son regard évitait celui de Lena depuis le début de la matinée.
La gêne était palpable. Presque comique, si elle n’était pas aussi triste.
— Tu es sûre que tu vas bien ? Tu es bizarre, ces derniers jours.
— Bizarre ? Non, je suis juste... un peu fatiguée, c’est tout.
— Tu as recousu trois fois le même bouton sur ta chemise, hier. À l’envers.
— Oh.
— Et aujourd’hui, tu as mis deux chaussettes différentes.
Kara baissa les yeux. Rose et jaune.
— C’est la mode.
Lena haussa un sourcil, amusée malgré elle.
— Kara.
— Oui ?
— Tu me fuis ?
Un silence. Kara ouvrit la bouche. La referma. Puis sourit. Le genre de sourire qu’on apprend à porter pour masquer une tempête.
— Non. Je suis là, non ?
— Physiquement, oui. Mais le reste...
Elle s’approcha. Lentement. Kara recula d’un demi-pas, presque imperceptible. Presque.
— Tu fais ce truc, là, reprit Lena. Quand tu détournes les yeux. Quand tu changes de sujet. Quand tu souris pour me rassurer alors que je n’ai encore rien dit.
— Tu te fais des idées.
— Kara.
Cette fois, son nom était un murmure. Un point d’ancrage. Une main invisible posée sur sa nuque.
Et Kara sentit le sol se dérober sous ses pieds, encore une fois.
— Je vais être en retard au travail, lança-t-elle d’un ton faux, se tournant brusquement vers la porte.
— Kara.
Elle s’arrêta.
— Je t’ai déjà perdu une fois. Tu ne me referas pas ça.
La phrase tomba. Doucement. Mais elle fit l’effet d’une gifle.
Kara baissa la tête, incapable de se retourner.
— Je ne te fuis pas. C’est moi que j’essaie de fuir.
— Pourquoi ?
Un souffle. Une hésitation.
— Parce que je t’aime.
Le silence qui suivit fut total. Même les murs semblèrent retenir leur souffle.
Kara n’avait pas bougé. Lena, non plus.
— Et pas… pas comme avant. Pas comme on aime sa meilleure amie. Pas comme je croyais.
Elle se retourna enfin. Les yeux brillants. Le cœur nu.
— Et j’ai eu peur que tu le vois. Que ça te dégoûte. Que ça gâche tout ce qu’on essayait de reconstruire.
— Kara…
— Alors je me suis dit que je pouvais le cacher. Que je devais le cacher. Mais je n’y arrive pas. Je ne sais pas faire semblant avec toi. Je n’ai jamais su.
VOUS LISEZ
OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
