Le silence du matin était un luxe que Lena avait presque oublié.
Dans l’appartement, tout semblait suspendu. Il n’y avait que les froissements lents des draps, le cliquetis lointain de la bouilloire, et le bruit discret du monde qui attendait dehors, sans frapper.
Kara dormait encore. Enfin... elle somnolait, les yeux mi-clos, roulée sur le côté, une main en travers du coussin qu’elle avait serré une partie de la nuit. Ses cheveux en bataille, une mèche tombant sur son front. Et ce froncement discret entre ses sourcils, Lena l’avait vu mille fois. C’était le signe qu’elle pensait. Qu’elle rêvait, peut-être.
Ou qu’elle cherchait quelque chose.
Lena ne disait rien. Elle n’avait pas envie de la réveiller. Pas encore.
Alors elle se contenta de poser doucement sa tasse sur la table basse et de retourner s’asseoir sur le canapé, pieds nus, genoux repliés. Elle ne savait pas comment gérer cette proximité nouvelle, étrange, douce, imprévue. Elle ne savait pas non plus ce que cela voulait dire.
Mais Kara, elle, ne semblait pas vouloir partir.
— Tu vas me regarder comme ça encore longtemps ?
La voix, encore ensommeillée, la fit sursauter.
Kara entrouvrit un œil, esquissa un sourire. Son timbre était râpeux de sommeil, sa bouche à peine étirée, mais Lena sentit une tension lui glisser le long du dos.
— Tu faisais semblant de dormir ?
Kara haussa une épaule.
— Pas vraiment. J’écoutais. Tu fais moins de bruit que ce que j’imaginais.
— Tu m’imaginais ?
Kara la fixa. Il n’y avait pas d’ironie dans son regard. Juste une sincérité désarmante.
— Je ne sais pas ce que je ressens avec toi. Mais ce n’est pas vide. C’est...
Elle posa sa main sur sa propre poitrine, comme si elle cherchait quelque chose sous sa peau.
— … c’est vivant.
Lena ne sut quoi répondre.
Kara se redressa, lentement, une jambe glissant hors du canapé. La couverture glissa le long de son épaule. Et sans prévenir, elle vint s’asseoir tout contre elle. Sans gêne. Comme si c’était naturel.
Lena ne bougea pas.
— Je peux ? murmura Kara.
Sa main était en suspens, à quelques centimètres seulement de la sienne.
Lena acquiesça en silence.
Leurs doigts se frôlèrent. Puis se lièrent. Doucement.
Kara la regardait comme si elle essayait de lire une carte invisible sur son visage. Elle cligna des yeux, hésita, puis posa sa tête contre son épaule.
— Je me sens bien là. Je ne veux pas que ça s’arrête.
— Ça ne s’arrêtera pas, souffla Lena.
Kara releva un peu la tête.
— Même si je ne redeviens jamais celle que j’étais ?
Lena tourna lentement la tête vers elle.
— Peut-être que tu es en train de devenir quelqu’un d’encore plus vrai.
Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres. Un souffle. Une hésitation. Mais Lena n’avança pas. Et Kara non plus.
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OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
