Le soleil avait percé entre les rideaux mal tirés. Un rai de lumière dorée tombait directement sur la moquette, à quelques centimètres des pieds nus de Kara.
Elle se tenait là, debout dans le salon de Lena, un mug chaud entre les mains, les cheveux encore légèrement humides de sa douche. Elle avait dormi ici. Pas dans le même lit, elle s’en souvenait, mais pas très loin non plus.
Lena avait proposé le canapé. Kara n’avait pas protesté. Mais c’était la voix de Lena, dans la cuisine, qui avait été la dernière chose qu’elle avait entendu avant de s’endormir. Et son sourire, le matin, la première.
— Tu veux des œufs ? lança Lena sans se retourner.
— Je… crois ? J’aime ça ?
— Tu me forçais toujours à les faire brouillés avec du cheddar. Tu disais que ça aidait à la régénération cellulaire.
Kara leva un sourcil, amusée.
— Ce qui est faux, je suppose ?
— Complètement. Mais je te les fais pareil.
Un silence. Léger. Confortable.
Kara l’observait à distance. Sa silhouette fluide dans cette chemise trop grande qu’elle avait enfilé pour traîner chez elle. Ses cheveux relevés à la va-vite. Elle était belle. C’était la seule chose dont Kara n’avait jamais douté, même sans souvenirs.
Et il y avait ce trouble, là, qui grondait de plus en plus souvent. Un élancement dans la poitrine. Un élan, parfois, de la toucher sans raison. De caresser la courbe de sa mâchoire, de sentir la chaleur de sa peau.
Elle n’en parlait pas. Elle avait trop peur de ce que ça pouvait dire.
— Tu me regardes encore comme ça et je vais finir par croire que je cuisine bien, plaisanta Lena en se retournant avec une assiette.
Kara sourit, un peu gênée.
— Désolée… je… j’observe.
— Tu observes quoi ?
Kara hésita.
— Toi.
Lena s’immobilisa. Ce n’était pas une phrase anodine. Pas une simple boutade.
— Et… qu’est-ce que tu vois ?
— Quelque chose que je ne comprends pas encore. Mais qui me fait du bien.
Le silence retomba, mais plus dense. Plus chargé.
Lena s’approcha, déposa l’assiette devant elle. Leurs doigts se frôlèrent à peine, mais Kara sentit une décharge sous la peau. Ce n’était pas de la mémoire. Ce n’était pas un souvenir.
C’était un désir.
Et elle ne savait pas quoi en faire.
La matinée s’étira doucement. Elles parlèrent de choses simples, de CatCo, de la ville, de science et de comédies romantiques. Kara riait parfois, sincèrement, sans toujours comprendre pourquoi.
Elle avait oublié sa vie. Mais elle avait gardé l’essentiel : l’élan vers Lena. Comme une boussole brisée qui ne pointait plus le nord, mais elle.
— Si tu continues à me regarder comme ça pendant mes explications, je vais finir par croire que mes démonstrations quantiques te séduisent, fit Lena avec un sourire en coin.
— C’est peut-être déjà le cas.
Lena s’interrompit. Kara aussi. Leurs regards s’accrochèrent.
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OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
