OS 26

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Il y avait un grondement sourd dans le ciel, un vent trop calme pour l'heure, une anomalie dans l’air que Kara n’arrivait pas à identifier. Pourtant, tout semblait banal. National City, en fin d’après-midi, avec ses immeubles brillants, ses alarmes qu’on n’écoutait plus et cette rumeur constante des vies qui s’entrechoquent.

Elle volait vite. Trop vite peut-être.
La voix d’Alex dans son oreillette, vive, concentrée :

— Quelque chose d’étrange se passe près de la zone industrielle. On capte des pics d’énergie inconnue. Reste sur tes gardes.

— Reçu, répondit Kara, sans ralentir.

Le bâtiment en ruine, à l’est de la ville, semblait presque paisible vu d’en haut. Pourtant, l’énergie qui en émanait était instable. Vibrante. Comme une onde trop fine pour être visible, mais trop forte pour être ignorée.

Elle atterrit sans bruit, cape encore battante. Le silence lui répondit.
Puis, un cri.

Elle se précipita.

À l’intérieur, des silhouettes s’agitaient. Des scientifiques, ou ce qu’il en restait. Le chaos. Un appareil étrange vibrait au centre de la pièce, posé sur un socle fendu, comme un cœur malade. Et juste à côté, un homme la vit. Il appuya sur un levier sans réfléchir.

L’onde la percuta de plein fouet.

Elle ne cria pas. Son corps se contracta, ses yeux s’embuèrent.
Et puis… plus rien.

Le noir.

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Elle se réveilla quelques heures plus tard, dans une salle blanche, familière, mais sans nom. Elle reconnaissait la sensation du coton contre sa peau, le bip des machines, l’odeur désinfectée d’un hôpital… mais rien de plus.

Pas de souvenirs. Juste un vertige sourd, une impression de chute.
Des visages flous l'entouraient.
Un homme en uniforme, une femme brune au regard dur, une autre à lunettes qui pleurait.

Et puis… Elle.

Debout à l’écart. Droite, les bras croisés, la mâchoire serrée.

Elle.

Elle ne disait rien. Mais ses yeux ne lâchaient pas les siens. Et c’est là que Kara sentit quelque chose. Pas un souvenir. Un instinct.
Un élan du cœur qu’elle ne pouvait pas expliquer.

Son regard glissa lentement vers elle.

— Qui… est-ce que je vous connais ?

La femme détourna les yeux, juste un instant. Assez pour que le silence se brise.

— Je suis Lena, répondit-elle, la voix presque trop calme. On… se connaît, oui.

Kara hocha la tête, confuse.

Elle ne savait plus qui elle était. Ni pourquoi son cœur s’était mis à battre si fort à la vue de cette inconnue.

Mais elle sut, dans un endroit trop profond pour être détruit, que cette femme comptait.

Elle ne savait pas encore pourquoi.
Mais elle allait le découvrir.

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— Elle est réveillée.

La voix d’Alex venait de claquer dans le silence de la salle de réunion, brisant net l’atmosphère plombée du DEO. J’onn se redressa lentement. Les agents échangèrent un regard, certains soulagés, d’autres tendus. Tous savaient ce que cela impliquait.

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