Kara s’était éloignée pour repérer les environs, promettant de revenir vite. Lena n’avait pas aimé l’idée de la laisser partir seule, mais Kara avait insisté. Il ne restait donc qu’elles deux, face à face, dans les ruines baignées d’une lueur bleutée.
Le silence était lourd, presque pesant. Lena vérifiait les réglages de son gadget, dos voûté, gestes rapides, tandis que Mercredi observait, immobile, ses mains jointes sur ses genoux.
— Tu la couves comme une mère, finit par lâcher Mercredi, la voix neutre.
Lena releva brusquement la tête, ses yeux verts lançant des éclairs.
— Non. Je la protège. C’est différent.
— Différent ? répéta Mercredi, légèrement ironique. J’appelle ça une faiblesse.
Lena serra les dents, mais ne détourna pas le regard.
— Tu peux appeler ça comme tu veux. Moi, je sais juste qu’elle donnerait sa vie pour les autres, sans réfléchir. Et ça, c’est sa force… et son plus grand danger.
Mercredi resta silencieuse. Lena continua, sa voix plus douce malgré elle :
— Kara mérite qu’on veille sur elle. Pas parce qu’elle est fragile. Mais parce que personne ne devrait porter tout ce qu’elle porte, seule.
Les mots résonnèrent dans l’air froid. Mercredi les reçut comme des éclats sous la peau. Elle détourna enfin le regard, fixant les pierres moussues du sol. Un souvenir s’imposa malgré elle : Enid. Le rire trop lumineux, la loyauté agaçante, l’optimisme insupportable. Et soudain, elle comprit pourquoi Lena parlait comme ça.
— Tu me rappelles quelqu’un, dit-elle simplement.
Lena haussa un sourcil, méfiante.
— Quelqu’un qui croyait aux mêmes bêtises que toi. Qui voyait du beau là où il n’y avait que des ombres.
Un silence. Puis Mercredi reprit, plus bas, comme malgré elle :
— Et elle avait peut-être raison. Parfois.
Lena resta figée, surprise par cette fissure dans le masque de marbre de Mercredi.
— Alors peut-être que tu n’es pas aussi fermée que tu le crois, souffla-t-elle.
Mercredi la fixa, l’air impassible. Mais au fond, une image refusait de disparaître : Enid, son sourire de loup, et cette chaleur qu’elle pensait avoir laissée derrière elle.
Des pas résonnèrent entre les murs effondrés. Kara reparut, les cheveux ébouriffés par le vent étrange de ce monde, les joues rosies, un sourire lumineux aux lèvres. Elle tenait dans ses bras un amas de branches épaisses et de feuilles étranges.
— Bonne nouvelle, lança-t-elle joyeusement, j’ai trouvé de quoi renforcer le feu. Et… je crois qu’il y a un passage vers le nord, peut-être plus sûr que par la clairière.
Lena la regarda revenir avec un soulagement qu’elle s’interdit de montrer. Ses épaules s’étaient raidies dès l’instant où Kara les avait quittées, et maintenant, elle respirait de nouveau.
Mercredi, elle, resta immobile, observant sans un mot cette façon qu’avait Kara de remplir l’espace de lumière, de chaleur, d’un optimisme qui semblait invincible. Ça l’irritait. Ça l’attirait. Et ça lui rappelait encore trop Enid.
— Tu as fait vite, souffla Lena, une pointe de reproche dans la voix, comme pour masquer son inquiétude.
Kara déposa les branches, un sourire contrit.
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OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
