Partie 6

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La bouche de Lena sur la sienne n’avait rien de prudent. Elle n’était pas brutale non plus. Elle était… vraie. Comme si elle ne savait plus faire semblant. Comme si toute sa retenue, lentement, doucement, se fissurait.

Le baiser s’approfondit.

Kara n’avait pas réfléchi. Elle avait glissé ses mains dans la nuque de Lena, sentant sous ses doigts la chaleur vive, nerveuse. Et Lena s’était laissée faire. Ou plutôt, elle s’était abandonnée. Lentement. Elle avait avancé un peu plus. Jusqu’à s’installer complètement entre les cuisses de Kara.

Le souffle de la blonde se coupa. Ce n’était pas la première fois que leurs corps se touchaient. Mais jamais comme ça. Jamais aussi franchement. Lena était contre elle, assise sur ses cuisses, leur poitrine presque collées. Et pourtant, leurs mains ne bougeaient pas. Elles ne faisaient que s’agripper, se maintenir là, dans cet équilibre précaire.

— Kara… souffla Lena contre ses lèvres.

— Je sais, murmura-t-elle. Je sais.

Mais elle ne la repoussa pas. Elle aurait dû. Peut-être. Peut-être pas.

Lena baissa la tête. Sa joue frôla celle de Kara, sa bouche descendit lentement dans son cou. Le souffle y resta suspendu, brûlant, et Kara ferma les yeux si fort que ses cils en tremblaient.

Elle ne savait plus où poser ses mains. Sur ses hanches ? Sur son dos ? Sur cette nuque si tendue qu’elle en tremblait ? Alors elle les laissa là, sur la taille de Lena. Juste assez fermes pour lui dire reste. Juste assez ouvertes pour ne pas la forcer.

— Si tu me touches plus, je vais oublier pourquoi on résiste encore, murmura Lena, la voix basse, rauque.

Kara hocha lentement la tête. Elle sentit le nez de Lena glisser contre sa clavicule, comme une caresse en suspens. Sa peau frissonna. Chaque mot, chaque geste, était une frontière effleurée. Une provocation au bord du ravin.

— Tu veux que je recule ? demanda Lena, sans bouger.

— Non, répondit Kara. Mais… si tu ne recules pas, je vais te garder là. Et j’aurai du mal à te laisser partir.

Lena redressa la tête. Ses yeux étaient sombres. Pas de désir pressant mais quelque chose de plus profond. De plus affamé. De plus... fragile.

— Et si j’ai pas envie de partir ?

Le cœur de Kara manqua un battement.

Alors elle glissa ses mains dans le dos de Lena, lentement. Jusqu’à sentir son corps s’arquer. Jusqu’à ce que leurs fronts se retrouvent. Les souffles courts, chauds. Leurs nez se frôlaient. Leurs lèvres à peine séparées.

— Tu m’as rendu folle, murmura Lena. Tu le sais ça ?

— Tu me rends vivante, répondit Kara, la voix brisée.

Et là, quelque chose se brisa en elles.

Le baiser devint plus avide. Moins retenu. Les mains cherchèrent. Lena bascula doucement Kara sur le lit, sans la quitter des lèvres. Le poids de son corps contre elle, la chaleur de leurs peaux à travers les vêtements, tout devenait démesuré. Brûlant. Fragile. Irréversible.

Mais au moment où leurs corps commencèrent à s’emmêler, Lena s’arrêta. Net.

Elle ne s’écarta pas. Mais elle se figea. Le front contre le sien.

— Pas encore… souffla-t-elle.

Kara hocha doucement la tête. Sa main caressa la nuque de Lena, lentement.

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