Quelques jours plus tard
Le silence s’installa dès les premières secondes, lourd comme une pièce sans air. Kara n’avait pas encore refermé la porte que Lena était déjà assise, les jambes croisées, un carnet ouvert sur les genoux, pour une fois. Un stylo en main. L’air faussement studieuse.
— Tu prends des notes aujourd’hui ? demanda Kara, intriguée, déposant son sac à côté du fauteuil.
— Non, répondit Lena sans lever les yeux. J’écris des pensées qui ne te concernent pas.
Kara haussa un sourcil. Elle hésita à répondre, puis choisit de s’asseoir sans insister.
— Très bien. Alors… tu veux parler de cette distance nouvelle, ou faire comme si elle n’existait pas ?
— Je pourrais te retourner la question, tu sais, répondit Lena en levant enfin les yeux. Depuis notre dernière séance, tu as changé. Tu es plus prudente. Plus... froide.
— Je fais ce que je dois faire.
— C’est dommage. Tu étais bien, dans cet entre-deux. Juste assez proche pour me troubler. Assez distante pour que je me sente fautive.
Un silence. Kara pinça les lèvres, mais ne détourna pas les yeux.
— Tu es venue ici pour aller mieux, Lena. Pas pour me faire perdre pied.
— Et si les deux allaient de pair ?
La question avait glissé comme un poison doux. Kara se tendit malgré elle. Lena souriait, calmement, presque doucement. Il y avait dans son regard quelque chose de différent aujourd’hui. Une forme de patience nouvelle. Une détermination qu’elle n’avait encore jamais vu aussi nette.
— Tu veux savoir un secret, Kara ? demanda-t-elle en refermant lentement son carnet.
— Si tu penses que ça peut t’aider, répondit Kara, prudente.
— Je compte les jours. Chaque matin, je me lève et je me dis “plus que tant de séances”. Et je souris. Parce que chaque minute qu’on passe ici me rapproche de ce moment où tu n’auras plus aucune raison de me résister.
Kara sentit un vertige la traverser. Lena s'était approchée d’un cran, sans quitter son siège, simplement par le ton. Par les mots.
— Et toi, Kara ? Est-ce que tu comptes les jours aussi ?
Elle ne répondit pas. Parce qu’elle ne savait pas si elle voulait mentir… ou dire la vérité.
Elle s’était redressée dans son fauteuil, droite comme une ligne de défense. Elle soutenait le regard de Lena sans faillir, mais ses mains trahissaient la tension, jointes sur ses genoux, les doigts crispés. Elle aurait voulu être ailleurs. Et en même temps, nulle part au monde elle ne désirait être plus qu’ici, à cet instant, face à elle.
— Tu sais ce que tu es en train de faire ? souffla-t-elle, la voix basse, retenue.
— Bien sûr. Je t’invite à admettre ce que tu refuses de voir. Ce que tu caches derrière cette blouse impeccable et tes réponses éthiques.
Lena s’était légèrement penchée en avant, ses coudes posés sur ses genoux, les doigts noués sous son menton. Sa voix avait ce velours dangereux qu’elle ne sortait qu’aux moments les plus précis. Pas un mot de trop. Pas une faille visible.
— Tu crois que c’est un jeu ? demanda Kara.
— Non. Je crois que c’est une guerre. Et tu refuses d’y prendre part parce que tu penses que tu perdras.
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OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
