Partie 9

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Le gala L-Corp / Fondation Hope — 20h18

Le lieu brillait comme un joyau dans la nuit. Verrière haute, lumières dorées, tenues de gala. L’élite de la ville se pressait sous les lustres, verre de champagne à la main et sourire de circonstance aux lèvres.

Lena, elle, régnait. Robe noire sobre, mais taillée comme une lame. Un chignon bas, une paire de boucles d’oreilles minuscules. Elle avançait entre les invités avec cette grâce tranchante qui la distinguait toujours des autres. Une reine dans un monde fait pour les masques.

Mais elle sentit l’atmosphère changer une seconde avant qu’elle n’arrive.

Kara Danvers.

Robe bleu nuit, dos nu. Les cheveux relâchés sur une épaule, bouclés avec paresse. Elle n’était pas en retard. Elle avait juste attendu que Lena la voit.

Leurs regards se croisèrent.
Et Lena sentit, littéralement, son souffle se coincer.

Kara lui adressa un sourire. Lent, tranquille. Celui qu’elle réservait aux moments où elle savait qu’elle allait gagner.

— J’espère que je ne suis pas trop en avance, dit-elle en s’approchant.

— Tu es… juste à l’heure, répondit Lena, un peu trop sèchement pour que ce soit naturel.

— J’ai hésité sur la robe, ajouta Kara en faisant un demi-tour gracieux. Mais je me suis dit que bleu nuit, ça irait bien avec les yeux d’une certaine hôtesse.

— Tu es venue pour semer le chaos, c’est ça ?

— Non. Juste pour faire tourner quelques têtes. La tienne, principalement.

Kara attrapa une coupe au passage, en but une gorgée sans la lâcher des yeux.

— Et ça marche ?

Lena plissa les yeux.

— Tu crois que tu peux m’avoir juste avec une robe et trois sourires bien placés ?

— Ce serait prétentieux, dit Kara en s’approchant encore, si je n’avais pas vu la façon dont tu viens de me regarder.

Elle s'arrêta juste devant Lena. Trop proche pour que ce soit neutre. Pas assez pour que ce soit un geste. Une zone floue, délibérée.

— Tu as mis du gloss, dit Kara, le regard tombant sur sa bouche.

— Ce n’est pas un crime.

— Non. Mais ce sera ma défaite.

— Pardon ?

Kara sourit, pencha un peu la tête.

— Parce que tu as mis ce gloss en sachant exactement ce qu’il ferait. À moi. À ce que j’imagine. Et maintenant je ne peux plus penser à autre chose qu’à ce que ça goûterait.

Lena ouvrit la bouche, mais aucun mot ne sortit. Elle était prise. Immobile. Brûlante. Figée par le calme impitoyable de Kara.

— Tu flirtes avec moi dans une salle pleine de gens, souffla-t-elle.

— Tu veux que j’arrête ?

— …

— Dis-le, Lena. Dis-moi de partir. Que ce n’est pas le moment. Que je vais trop loin. Je suis toute ouïe.

Mais Lena ne dit rien.

Et c’est elle qui recula la première. Juste un pas, vers les grands escaliers du balcon, là où les conversations étaient moins denses.

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