Le restaurant était minuscule, presque caché entre deux vitrines de quartier. Lena l’avait choisi sans le dire, comme si elle n’avait pas vraiment voulu expliquer pourquoi ce lieu, pourquoi ce soir.
Elles avaient dîné au calme. Lentement. Un verre de vin pour Lena. De l’eau gazeuse pour Kara. Des conversations presque banales, les voisins bruyants, la pluie qui allait revenir, une anecdote sur une cliente étrange. Des regards aussi, un peu trop longs. Des silences qui n’étaient plus tout à fait vides.
Mais rien n’avait franchi la ligne.
Pour le moment.
Sur le chemin du retour, elles n’avaient pas parlé. C’était un silence paisible. Chacune plongée dans ses pensées. Et la nuit douce sur leurs épaules.
Quand elles passèrent la porte de l’appartement, Lena posa son manteau, puis murmura :
— Je file sous la douche. Trop de monde, trop de bruits.
Kara sourit doucement. Hochant la tête.
— Je t’attends pas. Je crois que je vais juste…
Elle ne termina pas la phrase. Elle était fatiguée. Mais pas de la soirée. De tout. De se retenir. De sourire. D’être forte.
Elle entra dans sa chambre. Ferma doucement la porte.
Kara s’assit sur le bord de son lit. Retira ses chaussures. Lentement. Puis son haut. Elle resta là, en débardeur, mains posées sur ses cuisses, les épaules voûtées. Elle fixait le sol. Ou rien. Elle n’avait plus vraiment d’énergie pour faire semblant.
Elle inspira, comme si ça pouvait recoller les morceaux. Puis elle craqua.
Pas bruyamment. Pas comme dans les films. Juste… ses yeux se fermèrent, et les larmes tombèrent, silencieuses, presque surprises d’avoir réussi à sortir.
C’était trop. Tenir toujours droite. Être la fille solaire, douce, résistante. Être Kara, être à la hauteur. Surtout ne pas trop déranger. Surtout ne pas montrer qu’elle était fatiguée.
Elle porta une main à son visage, essaya d’essuyer sans froisser sa pudeur.
Mais elle sursauta quand une voix, douce et rauque, brisa le silence :
— Kara…?
Elle n’avait pas entendu la porte. Pas vu la lumière s’allumer doucement.
Lena était là. Dans l’encadrement. Les cheveux encore humides, la serviette jetée sur ses épaules. Son regard… figé.
Kara voulut se redresser, s’excuser, balbutier quelque chose. Mais aucun son ne sortit.
Lena s’approcha. Pas vite. Juste… déterminée.
Elle ne dit rien. Ne posa pas de questions. Elle s’assit à côté d’elle, sans un mot, et tendit la main. Kara hésita. Puis s’effondra. Pas bruyamment. Pas violemment. Juste… elle glissa contre Lena, son front contre son épaule, et laissa tout couler.
Lena passa un bras autour d’elle. Ferme. Présente.
— Tu n’es pas obligée d’être forte, murmura-t-elle au bout d’un long moment.
— Je ne sais pas faire autrement, souffla Kara, presque inaudible.
— Alors laisse-moi t’aider.
Le silence qui suivit n’était plus vide.
Il était plein d’un souffle partagé, d’un frémissement d’intimité fragile.
Kara resta là. Tremblante. Recueillie. Elle ne jouait plus. Ne riait plus. Elle n’avait plus d’armure. Et Lena… ne cherchait pas à en profiter.
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OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
