Le vent avait chuté dans la nuit. À l’extérieur, seuls les chants d’oiseaux matinaux fendaient l’air, encore chargé d’humidité. La lumière était pâle, dorée, elle effleurait les toiles des tentes avec une douceur presque irréelle.
À l’intérieur, Lena dormait sur le côté, cheveux en désordre sur l’oreiller. Nue. Une jambe nue en travers du drap, l’autre entrelacée à celle de Kara.
Et Kara… Kara la regardait.
Réveillée depuis une demi-heure, elle n’avait pas osé bouger. Par peur de la réveiller. Par peur de faire trembler ce moment suspendu. Et peut-être aussi… par peur de ce que tout ça signifiait.
Elle avait dormi. Longtemps. Trop profondément. Comme si quelque chose en elle avait lâché. Comme si être blottie contre Lena avait suffi à désactiver la vigilance, la tension, la douleur.
Elle passa doucement une main sur le dos nu de Lena. La peau y était chaude, lisse, encore marquée de leurs gestes, de leurs soupirs. Elle sentit l’émotion remonter, vive et confuse.
Lena ouvrit les yeux, lentement.
— Tu étais déjà réveillée ?
— Oui. Je te regardais dormir. C’était très distrayant.
Lena sourit, mais il y avait de la tendresse dans ce sourire-là. Pas de provocation. Juste quelque chose de fragile, d’authentique.
— Tu trembles, Kara.
— Non.
Mais si.
Lena se redressa légèrement, son drap glissant sur sa poitrine nue. Elle tendit la main vers elle.
— Dis-moi ce que tu penses. Vraiment.
Kara baissa les yeux.
— Je pense que… je n’ai pas voulu me réveiller. Que j’aurais pu rester là. Collée à toi. Oubliant tout.
— Ce n’est pas si grave, ça.
— Si, murmura Kara. Parce qu’on n’est pas seules. Parce que je ne sais pas ce que je suis encore. Ce que mes gestes pourraient provoquer. Et parce que je suis… terrifiée à l’idée que ce qu’on a vécu cette nuit ne t’ait pas fait peur.
— Kara.
Lena s’approcha. S’assit à califourchon sur elle, sans prévenir. Juste comme ça. Son drap à peine maintenu autour d’elle.
— Rien de ce que tu m’as fait ne m’a fait peur. Rien. Tu m’as touché comme si tu voulais me retenir au bord du monde. Tu m’as fait l’amour comme si tu avais peur que je disparaisse. Tu veux savoir ce que je ressens ?
Kara la regarda, suspendue à ses lèvres.
— Dis-moi.
— Que je suis encore en train d’essayer de revenir sur terre.
Elle l’embrassa, longuement. Kara la laissa faire. Mais ne répondit pas tout de suite. Leurs fronts se touchèrent.
— Tu es mon point d’ancrage, murmura-t-elle.
Et Lena ferma les yeux. Juste une seconde.
Mais l’instant fut brisé par un BIP sec du talkie posé au sol.
— Chris à l’unité 2, vous me recevez ? J’ai des nouvelles pour vous. Et... j’ai ramené du café ! …Y a quelqu’un qui aime le café, ici ? Hello ?
Kara grimaça. Lena soupira.
— Chris. Évidemment.
— Je... vais devoir m’habiller, marmonna Kara, encore un peu rouge.
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OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
