Le tic-tac discret de l'horloge se mêlait au froissement d'un carnet qu'on feuillette trop vite. Kara, assise bien droite, tentait de garder ses yeux sur la page. En face, Lena s'était installée comme toujours : nonchalamment, jambes croisées, poignet qui pendait légèrement sur l'accoudoir, tête penchée sur le côté, une posture à moitié provocante, à moitié lasse.
- Vous avez quelque chose à dire, Kara ?
Le prénom, lâché ainsi, presque caressant, la fit tressaillir. Lena ne disait jamais son prénom, ou rarement. Pas plus qu'elle ne se gênait pour ignorer les conventions. C'était une sorte de pacte silencieux entre elles, et pourtant aujourd'hui, c'était différent.
- Non, répondit Kara trop vite. Je vous écoute.
Elle releva enfin les yeux. Lena la fixait, sans sourire. Juste ce pli aux lèvres qui disait : tu mens. Kara savait qu'elle ne devait pas relever, mais son dos était trop raide et ses pensées bien trop encombrées pour rester stoïque.
- Vous semblez... tendue. Je me trompe ?
Un souffle. À peine une respiration.
- Je vais bien, dit Kara. Ce n'est pas moi qui suis là pour parler, vous savez.
Lena haussa un sourcil, appuya davantage sa tête contre le dossier.
- Non, bien sûr. C'est vous qui avez toute l'autorité ici. L'oreille attentive, le carnet, l'éthique... Et les autres patients.
Le mot patients fut prononcé comme un poison doux. Kara sentit le rouge lui monter aux joues. Ridicule. C'était elle la professionnelle ici. Et pourtant.
- Vous êtes jalouse ? demanda-t-elle, la voix plus acide qu'elle ne l'aurait voulu.
Un silence. Puis un rire, court, presque sincère.
- Ce serait pathétique, non ? Être jalouse d'autres cas cliniques.
Elle tourna la tête vers la fenêtre, les doigts tapotant lentement l'accoudoir.
- Et pourtant.
Kara sentit son souffle se coincer dans sa gorge. Elle referma le carnet d'un geste sec. L'entretien aurait dû commencer depuis quinze minutes. Mais rien ne se déroulait comme prévu depuis la fameuse scène dans la salle de repos, où Kara s'était approchée trop près, juste assez pour laisser flotter un parfum interdit.
- Lena... je ne devrais même pas...
Elle s'interrompit. C'était dangereux. Trop de choses se bousculaient à la frontière du non-dit. Lena tourna à nouveau les yeux vers elle, cette fois plus doucement, presque sans défense.
- Non. Vous ne devriez pas. C'est pour ça que vous me fascinez autant.
Kara serra les dents, détourna les yeux.
- Je suis un médecin, le vôtre en premier.
- Et je suis un cas compliqué. Vous saviez à quoi vous vous exposiez, docteur Danvers.
Elle avait redit docteur, cette fois. Comme une arme rangée dans son étui. Kara inspira profondément.
- On devrait reprendre. Vous disiez l'autre jour que vous faisiez un rêve... récurrent ?
Lena sourit, lentement, comme si elle lui faisait une faveur.
- Mmh. Oui. Il y a toujours... une porte. Fermée. Et quelqu'un derrière. Je ne sais pas si je veux l'ouvrir. Je ne sais pas si j'ai le droit.
Kara nota machinalement. Elle ne pouvait pas s'empêcher de se demander si Lena parlait vraiment d'un rêve.
- Et si vous l'ouvriez, que pensez-vous qu'il se passerait ?
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OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
