OS 30

105 5 6
                                        


Kara s’était effondrée sur le canapé, un peu pâle, le front moite, et ce sentiment d’angoisse sourde qui lui nouait l’estomac. Elle essayait de respirer calmement, mais chaque souffle lui arrachait une petite douleur dans la poitrine. Mercredi, assise dans l’ombre du coin de la pièce, la regardait avec ce mélange de sarcasme et d’ombre froide qui la rendait à la fois inquiétante et fascinante.

— Tu sais, murmura Mercredi, la mort ne frappe jamais à l’heure… mais elle sait frapper juste.

Kara leva les yeux vers elle, mi-amusée, mi-angoissée :

— Très rassurant, merci.

Mercredi ne répondit pas. Elle se contenta de croiser les bras, ses yeux sombres fixant Kara comme si elle tentait de sonder ce qu’elle cachait à la vie, à elle-même.

Puis la porte claqua. Lena entra, précise, presque trop calme, un parfum subtil de laboratoire et d’intelligence. Ses yeux balayèrent Kara, d’abord avec ce professionnalisme implacable, puis avec cette curiosité feutrée qui la rendait insaisissable.

— Kara Danvers… murmura-t-elle, presque pour elle-même. Vous êtes plus fragile que ce que j’imaginais.

Kara sentit une chaleur étrange lui monter aux joues. Elle voulait répliquer, trouver une répartie, mais ses mots s’étranglèrent dans sa gorge. Lena avançait, chaque geste mesuré, les mains gantées, mais la douceur de ses mouvements trahissait une intention de proximité plus subtile.

Mercredi, silencieuse, fronça légèrement les sourcils, comme si elle mesurait la tension qui s’installait entre elles. Lena la remarqua à peine, mais quelque chose dans la posture de la jeune fille l’intrigua : cette amitié improbable, ce contraste brutal entre lumière et obscurité, qui faisait frissonner Lena plus qu’elle ne voulait l’admettre.

Lena s’accroupit près de Kara, posant sa main contre le front de la jeune femme pour vérifier sa température. Le contact était bref, professionnel, et pourtant Kara sentit une chaleur diffuse, une vibration qu’elle n’arrivait pas à identifier.

— Vous êtes très malade… mais ce n’est pas quelque chose que la médecine classique peut résoudre, dit Lena d’une voix basse, presque en confidence. Ce que je peux faire… c’est un peu différent.

Kara cligna des yeux, fascinée malgré la peur. Ses muscles se détendaient et se tendirent en même temps. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle faisait instinctivement confiance à cette femme qu’elle venait de rencontrer, que tout en elle semblait hors de portée, hors de norme.

Mercredi, immobile, lança :

— Essayez juste de ne pas la tuer avec vos expériences, docteur.

Un frisson parcourut Kara, moitié amusement, moitié excitation interdite. Lena haussa un sourcil, un sourire presque imperceptible glissant sur ses lèvres.

— Je ne promets rien, murmura-t-elle, et le regard qu’elle posa sur Kara resta un instant trop longtemps pour être simplement médical.

Kara sentit son cœur battre plus vite. Mercredi fronça les sourcils, comme si elle comprenait quelque chose que Kara ne comprenait pas encore. Et Lena, parfaitement consciente de chaque mouvement, chaque souffle, chaque réaction, observa, intriguée et légèrement exaspérée par l’étrange mixture de lumière et d’ombre qu’était Kara.

Pour la première fois depuis des jours, Kara se sentit… en vie.

---

Kara s’installa sur la table d’examen que Lena avait fait installer dans le salon, un peu inquiète mais fascinée par tout ce qu’elle voyait autour d’elle : instruments étranges, écrans clignotants, fioles aux liquides colorés.

OS SuperCorpOù les histoires vivent. Découvrez maintenant