Partie 2

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Le lendemain Kara s’installa sur la table d’examen avec son sourire habituel, essayant de ne pas montrer l’inconfort que sa maladie lui imposait.

— Et c'est reparti.

— Je parie que vous n’avez jamais vu quelqu’un garder autant de bonne humeur… même en étant malade, dit Lena, plus pour elle-même que pour Kara.

— Je trouve que ça rend tout plus amusant, répondit Kara avec légèreté. Même les machines qui bippent et les écrans clignotants ont l’air moins effrayants quand on sourit.

Lena fronça légèrement les sourcils, intriguée. Kara n’avait rien de la fragilité attendue, rien de cette peur qui aurait dû habiter quelqu’un dans son état. Et pourtant, son corps trahissait la maladie. Chaque micro-mouvement, chaque souffle était observé, analysé. Lena sentait cette tension, pas de peur, mais de vie, de force tranquille, et elle commençait à se rendre compte qu’elle ne pourrait pas rester indifférente.

Mercredi, dans son coin, ne disait rien. Elle restait immobile, silencieuse, mais son regard noir suivait chaque geste, chaque frémissement de Kara. De temps en temps, elle lançait un commentaire glacial :

— Si tu meurs, Kara… je prendrai des notes.

Kara éclata de rire, légère, et secoua la tête :

— Toujours charmante.

Lena, observant cette dynamique étrange, sentit son esprit scientifique lutter contre cette fascination grandissante. La lumière que Kara dégageait était… magnétique. Chaque sourire, chaque éclat de joie, chaque frisson de vie malgré la maladie, la touchait plus qu’elle n’aurait voulu.

— Je vais devoir vérifier vos signes vitaux de plus près maintenant, dit Lena, en ajustant un capteur sur le bras de Kara. Restez immobile.

Kara hocha la tête, mais son sourire ne fléchit pas. Chaque frôlement de la main de Lena, chaque mouvement précis, laissait un étrange frisson derrière lui. Ce n’était pas de la peur, juste… un mélange d’excitation et de curiosité, de confiance silencieuse.

— Vous êtes vraiment… singulière, murmura Lena, sa voix presque trop basse pour être strictement médicale.

Kara détourna le regard, légèrement troublée par cette intonation, mais toujours joyeuse.

Mercredi, silencieuse, les observait toutes les deux. Son visage restait impassible, mais pour la première fois depuis longtemps, la voir ainsi, vulnérable et lumineuse à la fois, la perturbait. Elle n’aimait pas ce que cela provoquait en elle. Détester était plus simple. Contrôler les émotions était facile. Mais Kara, dans cet état, rendait tout compliqué.

Lena retira la main de Kara après avoir noté les mesures. Chaque contact avait été minime, professionnel, mais Lena savait qu’il laissait une trace, une tension subtile qui grandissait à mesure que les jours passaient. Elle aimait les défis. Elle aimait la science. Mais elle commençait à… s’attacher. Et elle se surprenait à guetter les éclats de joie de Kara, la lumière qu’elle refusait de laisser éteindre.

— Très bien, dit Lena enfin. Je vais préparer le prochain test. Concentrez-vous sur votre respiration.

Kara hocha la tête, lumineuse, confiante.

Et dans le silence qui suivit, Lena sentit que ce n’était plus seulement une maladie à soigner. C’était Kara. Sa force tranquille. Sa joie indomptable. Sa lumière. Et Mercredi, dans l’ombre, observait, silencieuse et glaciale, fascinée malgré elle, incapable d’admettre que la fragilité de Kara la perturbait profondément.

Kara respirait calmement, souriante malgré la fatigue, tandis que Lena préparait le capteur suivant. Chaque geste de Lena était précis, mesuré… mais chargé d’une tension silencieuse que Kara percevait sans la nommer.

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