Le soleil était déjà bas lorsqu’ils revinrent.
Personne ne parla sur le chemin du retour. Lena tenait debout, mais sa démarche était lente, comme si chaque pas réclamait une décision consciente. Kara ne la quittait pas d’une semelle. Sa main frôlait la sienne sans jamais la saisir, comme un fil invisible qu’elle n’osait pas nouer. Pas encore.
Esmé les vit arriver la première. Elle courut jusqu’à eux, s’arrêta net en voyant Lena, le visage pâle, les yeux encore pleins d’un monde qu’eux seuls pouvaient comprendre.
— Qu’est-ce que vous avez vu ? demanda-t-elle, les yeux ronds.
Personne ne répondit.
Tom s’écarta, resta seul près du feu. Winn alla s’asseoir près d’un tronc renversé, son appareil serré contre lui comme un talisman. Quant à Rafael… il manquait toujours à l’appel. Mais dans ce silence, plus personne ne semblait croire à son retour.
Lena, elle, s’assit sans un mot. Elle regarda ses paumes, comme si quelque chose devait encore briller dessus. Kara s’agenouilla devant elle.
— Tu es avec moi ? demanda-t-elle doucement.
— Oui. Juste… un peu perdue dans la mémoire d’un cœur qui n’était pas le miens.
Kara posa une main sur son genou.
— Tu l’as refermé, Lena. Ce qu’on a vu là-bas… c’était une fin.
— Peut-être, souffla Lena. Mais les fins ont toujours un prix.
Elle leva les yeux vers elle.
— Et j’ai l’impression que ce n’est pas moi qui l’ai payé.
Kara s’apprêta à répondre. Mais le regard de Lena la retint. Ce n’était pas une accusation. C’était une reconnaissance. Une gratitude silencieuse. Et un aveu. Kara comprit alors que la faille ouverte au fond de cette jungle n’était pas la seule à avoir été refermée.
Plus tard, dans la nuit, pendant que Winn vérifiait une dernière fois que le signal avait bel et bien disparu, pendant qu’Esmé dormait d’un sommeil sans rêves, Kara et Lena se retrouvèrent seules au bord du feu mourant.
— Tu ne veux pas dormir ? demanda Kara.
— Je ne suis pas certaine de ce que je verrais si je fermais les yeux.
Kara hésita, puis s’assit près d’elle. Elles étaient proches. Trop proches pour que ça ne veuille rien dire.
— Je te surveillerai, dit-elle à voix basse. Promis.
Lena sourit. Un sourire minuscule, comme une faille dans une muraille.
— Et si c’était moi qu’il fallait surveiller ?
— Alors je resterai encore plus près.
Kara tendit la main. Cette fois, Lena ne recula pas. Leurs doigts s’entrelacèrent.
Et pendant quelques instants, il n’y eut plus que ça : deux mains jointes, deux silences mêlés, deux femmes qui avaient vu quelque chose de plus grand qu’elles… et qui avaient choisi, malgré tout, de revenir.
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Quelques jours plus tard, à la lisière, ils avaient quitté la jungle.
Le camp avait été démonté, l’expédition officiellement close. Winn était rentré à National City, jurant de garder le secret. Esmé avait retrouvé ses notes, et dans ses yeux brillait une sorte de paix étrange, comme si le mystère avait cessé de la dévorer de l’intérieur. Tom était reparti en silence, un simple hochement de tête à Kara, et une phrase qu’elle ne comprendrait qu’après :
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OS SuperCorp
Fiksi PenggemarCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
