Partie 2

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Le silence après le clic fut assourdissant. Même les alarmes semblaient s’être éteintes dans la tête de Lena. Elle n’entendait plus rien, sinon le battement de son propre cœur. Puis l’écran grésilla.

Les drones explosèrent les uns après les autres, neutralisés par une impulsion électromagnétique déclenchée à distance. Kara, haletante, s’agenouilla une seconde, surprise de la soudaine accalmie. Sa cape encore fumante, ses yeux bleus s’écarquillèrent vers la caméra. Elle venait de comprendre. Quelqu’un, quelque part, venait de la sauver.

— Lena ? souffla-t-elle, à peine audible.

Mais déjà, sur l’autre écran, Lex se leva péniblement. Un missile venait de frapper à côté de son repaire, provoquant une explosion. Les flammes l’encerclèrent. Ses hommes hurlèrent. Et Lena vit, avec une précision insupportable, son frère disparaître dans l’incendie.
Sa main se porta à sa bouche. Elle venait de le condamner.

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L’explosion se produisit dans le hangar. Une déflagration ciblée, déclenchée à distance, réduisant les murs à néant. Kara fut projetée au sol. Les drones cessèrent de tirer, neutralisés par la destruction des générateurs. Mais elle… elle ne se releva pas tout de suite. Sa respiration haletante, sa cape en lambeaux, son corps brisé dans la poussière.
Lena hurla son nom, sans s’entendre elle-même.

Et sur l’autre écran, Lex apparut, victorieux malgré son état, protégé par un champ d’énergie activé juste à temps. Il leva la tête vers la caméra, comme s’il savait qu’elle le regardait. Un sourire carnassier, triomphant.

— Tu as choisi correctement, petite sœur.

Les deux images se superposaient dans l’esprit de Lena. Deux réalités. Deux abîmes. Son amour, étendu au sol, peut-être mourante. Ou son frère, riant dans les flammes de sa survie, prêt à l’enchaîner à jamais à sa noirceur.

Et Lena, elle, restait immobile, les doigts encore crispés sur le bouton, incapable de savoir si elle venait de sauver sa lumière ou de trahir son âme.

— Lena ! cria Alex derrière elle. Qu’est-ce que tu as fait ?

Mais Lena ne répondit pas. Ses yeux restaient rivés aux écrans, prisonnière de son propre choix. Prisonnière de deux destins qu’elle venait d’écrire d’une seule pression.

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Elle ne se souvenait même plus de ce qui venait de se passer. Elle avait eu un choix à faire oui, mais lequel avait-elle fait ?

Non c'était évident.

Un grondement secoua les écrans. Puis l’un d’eux s’éteignit dans un crépitement de pixels noirs : la caméra du repaire de Lex. Il ne restait que des flammes, des ombres indistinctes, des cris brouillés par le vacarme. Lena n’avait plus besoin d’image pour savoir. Lex avait survécu, elle le sentait, elle le connaissait trop bien pour douter. Mais il n’était plus que l’ombre de lui-même, blessé, acculé.

L’autre écran… Kara.

Elle gisait au sol, la poussière se déposant lentement sur sa silhouette. Son souffle saccadé faisait à peine soulever sa poitrine. Sa cape était arrachée, ses mains tremblaient quand elle tenta de se redresser. Une douleur sourde traversa Lena, comme si son propre corps se brisait à chaque mouvement de Kara.

— Kara… murmura-t-elle, les larmes lui brouillant la vue.

— On a un signal ! s’exclama un agent du DEO. Elle est vivante ! Allez-y !

Lena ne bougea pas. Elle resta là, figée, tandis qu’Alex donnait des ordres, envoyait une équipe de secours. Tout en elle tremblait, mais pas une seconde elle ne regretta son geste. Pas une seule.

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