La porte de la chambre se referma doucement derrière elles. Le couloir était resté silencieux, mais leurs cœurs, eux, battaient bien trop fort. Le baiser volé dans le hall, résonnait encore dans leurs pensées. Kara avait encore les lèvres tièdes. Lena elle, n’avait pas bougé sa main, elle était restée posée contre la sienne, comme un ancrage.
- Tu devrais dormir. Tu pars demain, non ?
- Pas sans être sûre que tu vas bien, dit-elle en posant un regard doux et incertain sur sa meilleure amie.
Elles restèrent là, à un mètre l’une de l’autre. Une distance dérisoire. Un monde entier.
Lena tourna le dos un instant, comme pour se reprendre, mais sa voix trahissait une émotion bien trop forte.
- Je suis bien Kara. Je suis même trop bien… et c’est ça le problème.
Kara s’avança sans réfléchir. À deux pas. Elle leva une main, puis la reposa sans oser toucher. Ses doigts tremblaient légèrement.
- Moi aussi j’ai peur de ce que je pourrais te faire, de ce que je ressens. C’est… violent. Comme si je n’étais plus Supergirl, mais juste Kara. Et Kara n’a jamais su faire les choses à moitié.
- Tu n’as pas à avoir peur de moi.
Elle se retourna, cette fois face à Kara. Ses yeux brillants de quelque chose de plus profond qu’un simple désir : une vulnérabilité nue, offerte sans défense.
- Ce n'est pas toi que je crains. C’est ce que je ressens quand je suis avec toi.
Elle fit un pas de plus. Trop près. À quelques centimètres à peine. Lena retint son souffle.
- Si tu fais un pas de plus Kara, je ne pourrais plus faire semblant, dit-elle avec un frisson dans la voix.
- Je suis fatiguée de faire semblant, dit-elle doucement, sans reculer.
Elles se regardèrent, yeux dans les yeux, dans un silence chargé de tout ce qu’elles n’avaient jamais dit. Tout ce qu’elles avaient pendant longtemps refoulé. Chaque seconde était une tension de plus. Chaque souffle, un risque.
Kara leva enfin la main et effleura la joue de Lena du bout des doigts. Ce n’était rien, une caresse. Et pourtant Lena ferma les yeux, comme si ce simple geste suffisait à la faire plier.
Mais Kara retira sa main.
- Pas ce soir. Pas comme ça. Pas après toutes ces années de silence.
- Alors reste. Juste… reste avec moi. Que je puisse rêver sans me réveiller vide, dit-elle dans un murmure.
Kara sourit. Tristement. Tendrement.
Elle hocha la tête, ôta ses chaussures, puis s’allongea dans le lit, par-dessus la couverture. Lena fit de même. Elles étaient allongées, à quelques centimètres. Ne se touchant toujours pas. Mais si proches que leurs souffles se confondaient.
- Bonne nuit, Kara.
- Bonne nuit, Lena.
Et pendant de longues minutes, elles restèrent là, à lutter contre leurs propres cœurs, à résister à ce feu qui les rongeait lentement.
Mais elles avaient décidé d’attendre. Parce que parfois, le plus beau moment, c’est juste avant le premier éclat.
○○○
Le chalet était silencieux, plongé dans une lumière tamisée. Les flammes dans la cheminée dansaient doucement, projetant sur les murs des ombres vacillantes. Dehors, la nuit était tombée, enveloppant le monde d’un calme absolu, comme s’il ne restait plus qu’elles.
Lena sortit de la salle de bain, une serviette sur les épaules, les cheveux encore humides. Elle portait un simple débardeur noir, un short en satin, presque trop court. Kara, assise sur le canapé avec un livre ouvert, leva les yeux et oublia immédiatement la page qu’elle lisait.
- Tu sais que tu es très mauvaise pour faire semblant de lire ? Taquina-t-elle, un sourire aux lèvres, faussement innocente.
- J’essaye, vraiment, dit-elle un peu déstabilisée.
Lena s’approcha lentement, jusqu’à s’asseoir à côté d’elle. Trop proche. Son genou frôla celui de Kara. Elle le laissa là. La tension monta d’un cran. Kara ravala sa salive.
- Je t’ai vue me regarder tout à l’heure. Quand je mettais du bois dans la cheminée, dit-elle à voix basse, le regard doux.
- C’est faux, souffla-t-elle.
- Tu mens très mal, Kara Danvers, disait-elle en se penchant près de son oreille, dans un murmure brûlant.
Elle recula à peine. Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres. Kara avait le souffle court. Son cœur battait si fort qu’elle en avait presque mal à la poitrine. Chaque muscle en elle lui criait d’agir, mais elle se retenait. Par peur, par respect. Par amour.
- Lena… si tu continues, je ne pourrai pas…
- C’est justement ce que j’espère, répondit-elle avec un sourire presque tendre.
Elle posa sa main sur la cuisse de Kara, lentement, doucement, presque innocemment. Mais la pression de ses doigts était là, ancrée. Kara ferma les yeux. Elle tremblait à peine.
- Tu ne me briseras pas. Je te fais confiance. »
Et là, quelque chose céda.
Kara posa le livre sur la table, attrapa la main de Lena, et l’attira vers elle avec une urgence contenue. Leurs lèvres se trouvèrent, d’abord doucement, presque avec crainte… puis plus fort. Plus vrai. C’était le genre de baiser qui effaçait des mois de doutes, de silence, et de regards volés.
Kara la fit basculer doucement sur le canapé, glissant une main dans ses cheveux, son autre main sur sa taille. Lena se cambra légèrement sous elle, un frisson parcourant sa peau nue sous le tissu fin. Leurs corps cherchaient la proximité qu’ils s’étaient interdite pendant trop longtemps.
Lena lui dit dans un souffle, entre deux baisers :
- J’ai tellement attendu ce moment…
- Moi aussi… tu n’imagines pas… dit-elle haletante.
Chaque mouvement était fait de tendresse autant que de faim. Kara embrassait Lena avec passion, mais la retenue n’était jamais loin, elle était attentive, respectueuse, éperdue de douceur, comme si chaque centimètre de peau était précieux.
Lena, elle, voulait tout. Elle voulait la Kara qu’elle connaissait, la Kara qu’elle aimait, forte, vulnérable, intense. Elle voulait sentir son poids sur elle, ses mains, sa bouche, tout ce qu’elle avait rêvé pendant des nuits entières, elle voulait s'abandonner totalement à elle.
Et Kara se laissa aller. Lentement, précautionneusement. Chaque vêtement glissé au sol était comme une barrière tombée. Chaque soupir échangé était une promesse silencieuse.
Quand leurs corps se lièrent enfin, ce ne fut pas dans la précipitation, mais dans un rythme doux, intime. Kara avait les mains qui tremblaient légèrement, mais Lena les guida, la rassura d’un regard, d’un baiser au creux de sa gorge, d’un souffle contre son oreille :
- Tu ne peux pas me blesser, pas ce soir.
Et Kara comprit. Ce n’était pas juste de la passion. C’était de l’amour, pur et vrai, enveloppé dans la chaleur de la nuit.
Elles se découvrirent lentement, longtemps, jusqu’à ce que l’univers entier ne soit plus qu’un lit défait, des draps froissés, et deux femmes qui avaient enfin arrêté de fuir ce qu’elles désiraient depuis toujours.
Et lorsqu’elles s’endormirent, enfin apaisées, il n’y avait plus ni silence, ni peur, ni secret.
Juste deux cœurs battant à l’unisson, enfin là où ils souhaitaient être.
Peu importe où le monde nous mènera, tant que je me réveille avec toi, tout ira bien.
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OS SuperCorp
FanfictionCeci est un recueil d'OS plus ou moins longs, les personnages principaux resteront les mêmes, Lena et Kara. Il y a 30 OS, 150 "chapitres", c'est un peu long pour des os mais oklm, ça passe le temps.
