Partie 3

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Le soleil de ce monde ne se levait pas comme sur Terre. C’était une clarté étrange, diffuse, verte et violette à la fois, qui s’infiltrait dans les ruines. Kara ouvrit les yeux la première. Son cœur battait encore fort des aveux silencieux de la veille. Elle sentit Lena contre son épaule, elle s’était endormie là, sans s’en rendre compte. Un sourire lui échappa, doux et troublé à la fois.

Elle aurait voulu rester ainsi. Mais un bruit sourd résonna au loin, comme une marche lourde sur des pierres. Elle se raidit, et doucement, effleura l’épaule de Lena pour la réveiller.

— Quelque chose approche, murmura-t-elle.

Lena se redressa aussitôt, ses yeux verts déjà vifs, son cœur tambourinant à cause de la proximité qu’elle quittait à regret.

Mercredi, qui n’avait pas dormi, referma son carnet noir.

— Je vous avais prévenues. Ce monde ne laisse jamais de répit.

Le sol se mit à vibrer. Un craquement retentit, et une créature surgit d’entre les arbres brisés. Différente de la veille. Plus mince, mais rapide, ses membres allongés comme des lames, ses yeux fous cherchant une proie.

Kara s’élança, réflexe pur.

— Kara ! Attends ! cria Lena, paniquée.

Mais déjà, Supergirl frappait de plein fouet la créature. Le choc la projeta au sol, mais elle se releva aussitôt, hurlant de rage. Ses griffes tranchèrent l’air à quelques centimètres du visage de Kara.

Lena, sans réfléchir, activa un de ses dispositifs. Une charge énergétique jaillit et fit vaciller la bête juste assez longtemps pour que Kara puisse reprendre l’avantage.

Mercredi observait la scène, immobile. Son regard allait de Kara, la lumière, la force, la témérité, à Lena, les mains tremblantes, mais prêtes à tout pour protéger celle qu’elle aimait. Un mot lui vint à l’esprit malgré elle : absurdité. Mais une absurdité fascinante.

La créature recula enfin, blessée, et s’enfuit dans les bois. Kara resta debout, haletante, les yeux brillant d’adrénaline.

Lena se précipita vers elle, le souffle court.

— Tu aurais pu mourir ! Tu… tu ne peux pas foncer comme ça à chaque fois !

Kara la regarda, bouleversée par l’inquiétude nue dans sa voix. Elle voulut dire je sais, ou pardonne-moi, mais ce qui lui brûlait les lèvres était autre chose. Je t’aime. Elle l’avala de justesse.

Mercredi s’avança, ses yeux froids se posant sur elles.

— Intéressant. Ce monde ne vous teste pas seulement avec ses monstres. Il veut voir jusqu’où vous êtes prêtes à aller… l’une pour l’autre.

Kara et Lena échangèrent un regard. Leurs respirations encore saccadées, leurs cœurs tambourinant d’une vérité trop lourde. Elles comprirent, sans se l’avouer, qu’elles étaient ici pour plus qu’une simple survie.

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Elles s’étaient réfugiées dans une bâtisse éventrée, aux murs couverts de mousse et de fissures. Le silence, seulement troublé par les respirations rapides, leur donna l’impression d’être encore plus proches que dans l’ombre de la forêt.

Kara s’était assise, essuyant le sang noir de la créature qui maculait son poignet. Elle affichait ce demi-sourire rassurant qu’elle réservait toujours aux autres, mais Lena le connaissait trop bien. C’était un masque.

Elle s’approcha et prit sa main, brusquement, comme pour l’empêcher de bouger encore.

— Ne recommence pas ça, dit-elle d’une voix basse, tremblante.

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