Partie 2

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Le baiser aurait pu s’arrêter là.

Mais Kara ne savait plus comment. Elle n’en avait pas envie.

Ses doigts avaient glissé contre la nuque de Lena, frémissants, comme si chaque centimètre découvert appelait une autre vérité, plus intime, plus brûlante encore. Lena, elle, s’était rapprochée sans un mot, s’asseyant presque à califourchon sur les cuisses de Kara, sans y réfléchir. Elle avait seulement suivi l’élan. Comme un besoin trop longtemps contenu.

Leurs bouches s’ouvraient, se découvraient, se cherchaient.

— Kara…

Ce prénom murmuré entre deux souffles, à peine audible, comme une décharge sous la peau.

Kara avait fermé les yeux, ancrée à Lena comme à un rivage après la tempête. Il n’y avait plus rien autour. Rien d’autre qu’un canapé, deux verres oubliés, et cette électricité qui menaçait de les faire imploser.

— Tout va bien, dit Lena, les paumes posées de part et d’autre du visage de Kara.

— J’ai jamais… ressenti ça, souffla Kara. C’est trop. C’est fort. Et je veux pas m’arrêter.

— Alors ne t’arrête pas.

Kara s’enhardit. Ses mains glissèrent sur les hanches de Lena, lentement, puis dans son dos. Elle l’attira plus près encore, la respiration courte, comme si l’air se faisait rare. Leur front se toucha. Elles restèrent là. Haletantes. Brûlantes.

— Dis-moi que je suis pas en train de rêver, murmura Kara.

— Je peux te pincer si tu veux.

Kara eut un souffle de rire, à bout de nerfs.

— Non. Reste là. Juste… là.

Lena sourit. Mais ses yeux brillaient. Elle était à deux doigts de perdre pied.

— Tu veux vraiment savoir ce qui était faux, dans ce que j’ai dit tout à l’heure ?

— Dis-le-moi.

Lena inspira, frissonnante.

— Ce n’était pas un rêve. Je t’ai embrassée. Une fois. Tu dormais chez moi, et tu t’étais endormie sur le canapé. J’ai… je t’ai regardé un peu trop longtemps. Et j’ai cédé.

Kara resta figée.

— C’était quand ?

— Un an avant l'arrivée de Mon-El.

Silence.

Kara posa sa main sur la joue de Lena.

— Je suis désolée de ne pas m’en souvenir. Mais j’ai envie que tu recommences.

Lena retint un soupir, un sanglot peut-être, et baissa les yeux.

— Tu ne m’en veux pas ?

— Si c’est pour ça… alors non.

Et Kara l’embrassa à nouveau. Plus fort. Plus profond.

La pièce semblait rétrécir autour d’elles. Lena s’accrochait à Kara, et Kara se laissait dévorer. Plus de retenue. Plus de barrières. Juste la vérité.

Et ce besoin, là, entre leurs doigts, leurs souffles, leurs corps. Qui montait. Encore.

Leurs baisers devenaient plus chauds, plus désordonnés. Les mains glissaient, apprenaient, découvraient avec une tendresse qui n’avait rien d’innocent. Kara bascula légèrement, entraînant Lena contre le dossier du canapé, sur elle, sans réfléchir.

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