Partie 3

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Kara se réveilla la première.

Elle ne bougea pas tout de suite. Elle resta là, à contempler le plafond, un bras autour de Lena, sa peau nue collée contre la sienne, son souffle paisible au creux de son cou. Elle sentait encore son odeur, ce mélange de savon et de jasmin, un parfum qu'elle connaissait depuis des années... mais qui, depuis quelques heures, avait changé de signification.

Elle sourit, toute seule, comme une idiote heureuse.

Parce qu'elle n'avait plus besoin de se cacher. Ni de lutter contre ce qu'elle ressentait. Ni de faire semblant que son cœur n'explosait pas chaque fois que Lena entrait dans une pièce. Ce matin-là, tout était plus simple. Plus clair.

Elle l'aimait.

Elle pouvait le penser sans paniquer. Le ressentir sans culpabilité. Et mieux encore : Lena était là. Contre elle. Avec elle. Parce que c'était réciproque et que maintenant, elles se savaient.

Elle osa un baiser sur son épaule nue, un simple frôlement. Puis un autre, plus bas. Juste pour le plaisir de la voir frissonner.

- Mmmh... arrête, murmura Lena, encore à demi endormie.

- Pourquoi ? demanda Kara dans un sourire.

- Parce que tu vas me faire croire que c'est réel. Et je ne suis pas sûre d'être prête à ça.

Kara se redressa légèrement, posant sa joue contre les cheveux de Lena.

- C'est réel.

- Tu dis ça maintenant. Mais... et si tu changes d'avis ?

Kara se figea un instant. Puis elle la força doucement à se retourner, pour plonger dans ses yeux.

- Je ne vais pas changer d'avis, Lena.

- Tu ne peux pas savoir.

- Je sais que j'ai envie de me réveiller tous les matins comme ça. Que je me sens... entière. Enfin. Que ce que j'ai ressenti hier, cette nuit, ce n'est pas quelque chose que je peux oublier. Même si j'essayais.

Lena détourna le regard, ses mains crispées contre les draps.

- Tu ne comprends pas, Kara. J'ai tellement attendu ce moment que maintenant qu'il est là, j'ai peur. Peur de l'avoir rêvé trop fort. De t'avoir poussée à faire quelque chose que tu n'étais pas prête à vivre. Peur que tu prennes peur.

Kara l'embrassa doucement, là, au coin des lèvres.

- Je suis déjà tombée, Lena. C'est trop tard pour reculer.

- Tu dis ça maintenant...

- Alors laisse-moi te le prouver demain aussi. Et les jours d'après.

Un silence.

Et Lena souffla, d'une voix si douce qu'elle semblait s'effacer entre deux battements de cœur :

- J'ai juste... oublié comment on faisait. Être heureuse. Faire confiance.

Kara l'attira dans ses bras, la gardant tout contre elle.

- Alors réapprenons ensemble.

Et cette fois, Lena se laissa faire. Elle ferma les yeux. Et pour la première fois depuis longtemps, elle se permit de croire que le bonheur n'était pas forcément une illusion.

Juste... quelque chose de fragile, qu'il fallait protéger. Jour après jour.

- Moi je sais qu'on peut tout faire, ensemble.

- Ce n'est pas de ça que je doute.

- Donc tu doutes, comprenais la Super.

Et elle n'aimait pas ça. Lena ne doutait jamais. Normalement.

- Je ne doute pas de nous, tenta la scientifique pour la rassurer. C'est juste... c'est réel mais je n'en ai pas l'impression. Personne ne sait mais... Peut-être que tout le monde devrait savoir pour que ça me rentre dans le crâne. Je veux juste... que tu sois sûre de ce que tu veux et que ça ne s'arrêtera pas. Parce que je ne suis pas sûre de pouvoir survivre s'il devait y avoir une fin...

Kara l'a regardait, attendrie. Lena n'était pas du genre à parler. À se confier sans un regard désapprobateur avant. Et là elle parlait d'elle-même, elle s'avouait complètement.

- Je n'ai jamais été aussi sûre de moi, Lena. Jamais. Tu es tout ce que je désire, celle avec qui je veux passer ma vie, et toutes les autres s'il en existe. C'est un fait, un fait inéluctable pour moi.

Lena se redressa, les yeux brillants en regardant sa meilleure amie parler d'elle comme si elle le méritait. Comme si elle était l'une des merveilles du monde.

- Ne t'arrête jamais d'être qui tu es, souffla Lena en posant son menton sur la cage thoracique de la blonde.

Kara suréleva sa nuque pour embrasser le front de Lena avant de l'attirer plus près d'elle.

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