Décembre, nous voici déjà en décembre avec ses sapins, ses décorations et mon calendrier de l'avent. Au grand regret de ma mère, en entrant dans ma vie d'adulte, je n'ai pas renoncé à ce petit plaisir. Je croque mon chocolat du jour et il me semble entendre sa voix : « Maddie, ce n'est bon ni pour tes hanches ni pour tes fesses ». Je m'emmitoufle dans ma doudoune pour affronter le froid glacial jusqu' à ma voiture. A peine ai-je mis le contact qu'un voyant rouge s'allume. N'y connaissant rien en voiture, je préfère appeler Joe. Le verdict est sans appel :
- Voyant rouge, tu laisses la voiture où elle est et tu prends le bus.
Il promet de passer dans la journée pour jeter un œil. Je marche rapidement jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche. Heureusement, j'en attrape un juste à temps et ne suis pas en retard pour aller travailler. Je n'arrive pas à croire que les vacances arrivent bientôt. Ceci dit, vu la tonne de boulot que nous demande les profs je ne suis pas sûre que le terme de vacances soit approprié. Le point positif c'est que depuis notre baiser, je n'ai pas revu Thomas. Il semblerait qu'il ait sollicité une formation en management des équipes sur un mois, les jours de formations tombant, comme par hasard ceux où je suis présente chez MValu. A l'approche des fêtes, l'activité diminue, nombre de chantiers sont suspendus en raison du mauvais temps et Laury a plus de temps pour me montrer de nouvelles tâches. Aujourd'hui elle m'apprend à demander une caution bancaire. Elle m'explique que tous les mois nous allons verser une certaine somme à la banque, somme calculée en fonction du prix du marché, et qu'en cas de défaillance du client, la banque prendra le relai. Elle m'explique la procédure, me donne le nom de son contact à la banque et m'apprend à remplir le formulaire. Nous sommes en pleine demande quand Max saute à pied joint dans le bureau, un bonnet de père Noël sur la tête. Avec lui, je ne m'étonne plus de rien même si son comportement me fait sourire.
- Dis donc les filles, il ne fait pas chaud dans votre bureau, vous allez tomber malade.
Il se dirige vers le chauffage qu'il augmente de quelques degrés. Je ne sais pas si tous les patrons sont ainsi, mais le mien sait prendre soin de ses employés.
- Madeline, j'aimerai te voir quelques instants dans mon bureau.
Je le suis, bloc à la main, prête à recevoir ses instructions.
- Comment ça va ? me demande-t-il de but en blanc.
- Bien merci, répondé-je un peu surprise.
Il sourit. Il est pas mal pour son âge. Non pas qu'il soit vieux, mais enfin il a presque dix ans de plus que moi.
- Non, je voulais savoir comment tu te sentais chez MValu.
- Ah euh, très bien aussi. Je pense avoir réussi à m'intégrer.
Je repense au baiser avec Thomas, si Max venait à l'apprendre il ne douterait pas de mon intégration, mais pas sûr que ça lui plaise.
- Et je suis de plus en plus à l'aise dans les missions que me confie Laury, ajouté-je pour combler le silence qui s'installe.
Il acquiesce :
- En effet, tu as fait de gros progrès sur le plan humain mais tu n'es pas encore assez sûre de toi sur le plan professionnel. J'aimerai que pour les six prochains mois tu travailles sur ta prise de confiance en toi et tes capacités, comme tu l'as fait pour l'appel d'offres. Je sens un grand potentiel en toi mais tu te freines.
Je ne peux rien faire d'autre qu'hocher la tête. Je sais que je n'ai pas confiance en moi, ce n'est pas nouveau. J'ai toujours peur de mal faire et n'aime pas les responsabilités. Sans doute est-ce dû au fait que j'ai dû assumer pas mal de chose étant enfant et que maintenant je ne m'en sens plus la force.
Max fait rouler sa chaise jusqu'à moi. La vue du pompon de son bonnet lui tombant sur le nez parvient à me tirer un maigre sourire.
- Il ne faut pas laisser le passé t'empêcher d'avancer. Ce que je te dis là, ce n'est pas un reproche, au contraire, je veux que tu évolues et que tu arrives au même stade que Laury. Si demain je dois m'absenter, je sais que je peux entièrement me reposer sur elle, affirme-t-il.
Je ne peux qu'être d'accord avec lui, Laury est d'une efficacité redoutable. Rien ne lui échappe, un mot entre deux portes, une conversation en salle de pause, j'en suis même venue à me demander si elle n'avait pas des oreilles bioniques.
- Au fait Madeline, reprend Max, on organise le repas d'entreprise vendredi midi. On installe des tables dans l'atelier, des chauffages portatifs et pour l'occasion un traiteur nous préparera un aligot traditionnel. Je compte sur ta présence.
Je me mords la lèvre car ma réponse risque de ne pas lui plaire :
- Je ne peux pas, j'ai école ce-jour-là.
- Ne t'inquiète pas pour ça, je vais les appeler et leur dire que tu seras en retard pour les cours l'après-midi. De toute façon, le dernier jour de classe, vous n'allez pas faire grand-chose.
Notre conversation terminée, je reprends ma place face à ma collègue à la fois touchée par l'invitation de Max au repas, mais aussi peinée par sa remarque sur mon manque de confiance en moi. Laury est tellement parfaite dans son boulot que je ne me vois pas l'égaler en un claquement de doigt. Et puis, je suis toujours en phase d'apprentissage, on ne peut pas me demander de devenir l'assistante idéale en moins de quatre mois.
- Alors, il te voulait quoi Max ? me demande-t-elle.
- Que je devienne toi, rétorqué-je blasée.
Elle semble surprise mais se reprend rapidement :
- Il est comme ça Max. Dès qu'il voit une personne il sait déjà ce qu'elle pourrait devenir. Le problème c'est qu'il n'a aucune patience. Il te faudra du temps mais tu finiras par y arriver j'en suis sûre.
La confiance qu'elle place en moi me réchauffe le cœur, personne n'a jamais eu de tels propos envers moi et même si elle est trop jeune pour être ma mère, elle prend soin de moi à sa manière. Elle me coupe les étiquettes de mes tee shirt, me donne du chocolat quand elle voit que je n'ai pas le moral, bref elle dépasse largement le cadre de son rôle de tutrice de stage.
- Et puis, tu as fait de gros progrès avec Thomas, glisse-t-elle.
- En parlant de Thomas, il y a quelque cho...
La sonnerie du téléphone retentit, Laury décroche. Je mets une main devant ma bouche, oh mon dieu j'ai failli lui avouer mon écart.
- Tu disais quoi à propos de Thomas ? me relance-t-elle en posant le combiné.
- Rien, je me demandais s'il serait présent au repas de vendredi.
Elle fronce les sourcils comme si ma question était stupide :
- Bien sûr qu'il sera là, c'est le repas d'entreprise, il ne le raterait pour rien au monde.
Note d'auteur: Maddie et Thomas vont se retrouver et peut être pourront ils avoir une explication sur ce baiser volé... Bisous bisous
VOUS LISEZ
Bien Trop Sérieuse?
RomanceMadeline, vingt deux ans, a laissé tomber la fac de droit et galère à trouver du travail. Aussi, lorsqu'un éventuel employeur lui propose une formation en alternance elle n'a pas le choix si elle ne veut pas retourner vivre chez ses parents. Entre u...
