Entre fille

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Je ressors de chez le médecin avec un arrêt de travail de quinze jours. Je sais que ce n'est pas la solution et je ne suis pas vraiment fière de moi mais au moins ça va me permettre de digérer cette rupture. La tristesse a rapidement laissée place à la colère. Colère contre lui mais surtout contre moi qui n'ai pas été capable de voir ce qui crevait les yeux de tout le monde. Je profite de ces quinze jours pour avancer sur mes devoirs. Même si le CFA ne reprend qu'en septembre, les profs nous ont donné une tonne de devoir à faire, sans compter les dossiers que nous devons peaufiner. Travailler sur mes dossiers m'oblige à penser à autre chose mais à mesure que la fin de mon arrêt approche je sens l'angoisse revenir. Comment retourner là bas et faire comme si de rien était ? Et je ne parle pas forcément par rapport à Thomas mais aussi vis-à-vis de Laury et Max. J'ai juste déposé l'arrêt dans la boîte aux lettres, sans un mot, sans une explication, une vraie lâche. J'ai aussi ignoré les appels de Laury ne sachant pas quoi lui dire. Joe m'a suggéré d'inventer une histoire de problème de dos, d'après lui c'est invérifiable et c'est ce que je ferai.

La sonnette retentit me faisant sursauter. Je n'attends personne et la dernière qui a sonné m'a brisé le cœur. La sonnette retentit de nouveau. Je quitte mon canapé et active l'interphone.

— Qui est-ce ?

— Maddie ? Ouvre c'est Laury.

Merde.

Je ne peux pas faire comme si j'étais absente vu qu'elle m'a entendue. A contrecoeur, je décide de lui ouvrir. Peut être est-elle venue me dire qu'il ne me garderait pas pour l'année prochaine ?

Quand elle arrive devant moi, elle me serre dans ses bras.

— Maddie, je suis tellement désolée.

Je ne comprends pas sa réaction. Ce serait plutôt à moi de m'excuser de l'avoir laissée en plan du jour au lendemain sans prévenir.

Je l'invite à entrer et lui propose un chocolat chaud. Même si on est en plein été elle accepte avant de s'installer sur mon canapé. Pendant quelques minutes un silence gênant s'installe troublé par le bruit de la cuillère métallique contre la casserole. J'apporte les tasses dans le salon et me lance.

—Je m'excuse. Je n'aurai pas du te faire faux bond, surtout en pleine période de déclaration de TVA.

Elle secoue la main comme si ce n'était rien.

— Je comprends. J'aurai sans doute fait pareil à ta place.

Je fronce les sourcils avant d'ouvrir la bouche stupéfaite. Elle sait. Mon esprit se met à carburer à mille à l'heure. Comment est elle au courant ? Mon cœur s'emballe, je sens pointer la crise de panique. Si jamais elle en a parlé à Max, je n'arriverai jamais à le regarder en face. Je vais faire prolonger mon arrêt. Ne plus y retourner voilà la solution. Je pourrais toujours trouver une autre entreprise pour faire mon apprentissage.

Laury pose une main réconfortant sur ma joue et me force à la regarder en face :

— Ne t'inquiète pas. Il n'y a que moi qui sais, il n'a rien dit.

— Je suis tellement désolée Laury. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Je pensais... je pensais... je sais pas ce que je pensais... mais je...

— Arrête. Dans cette histoire vous êtiez deux.

— Mais comment tu as su ?

Elle détourne le regard avant de m'avouer avoir croisé la femme de Thomas, en faisant des courses, qui lui a dit que son mari l'avait trompé et qu'ils allaient partir quelques temps pour essayer de se reconstruire.. Apparemment elle n'a pas précisé avec qui mais Laury a vite fait le rapprochement avec mon arrêt maladie.

— Ils vont partir ? m'étonné-je.

— Oui. Thomas a demandé à Max à quitter l'entreprise mais comme il détient des parts c'est plus compliqué qu'une simple démission.

Il s'en va. Il tourne le dos à cette entreprise dans laquelle il a investi. Malgré la colère que je ressens, je ne peux m'empêcher de penser qu'il fait ça un peu pour moi.

— Et Max ? je demande un peu stressée.

Après tout Laury et lui étant ensemble, peut être qu'elle lui en a parlé.

— Rassure-toi il ne sait rien. Je t'avouerai que le départ de Thomas lui cause souci mais il l'accepte.

Je ne sais pas quoi dire. J'espère ne pas avoir mis l'entreprise en péril et je me promets de tout faire dès mon retour pour les aider. Nous passons le reste de l'après midi à discuter et je l'interroge sur sa relation avec Max. Elle m'avoue que c'est plus difficile que ce qu'elle pensait car le regard des salariés a changé. Ils se montrent plus distants avec elle et viennent moins discuter avec elle.

— J'ai l'impression d'avoir été mise à l'écart, dit-elle. Enfin, sauf par Julien. Lui est toujours aussi cool et d'ailleurs il fait parti de ceux qui me demande régulièrement de tes nouvelles, tout comme Perceval.

Je souris. Ça me touche de savoir qu'ils pensent à moi-même si je ne suis pas vraiment salariée de la boîte.

— Alors je compte vraiment sur toi lundi, solidarité féminine ! conclut-elle en se levant.

Je lui promets d'être là et quand la porte se referme derrière elle je me rends compte de la chance que j'ai de travailler dans cette boîte. J'éloigne le visage de Thomas de mes pensées et afin de fêter ma reprise, je propose à Jess et Joe un ciné.

Le soir venu, je leur raconte la visite de Laury et le départ de Thomas. Ils semblent soulagés de savoir que je ne le croiserai pas dans les couloirs. Sans doute pensaient-ils que j'allais de nouveau craquer et coucher avec lui s'il me l'avait proposé. Nous dînons tous les trois dans un restaurant italien mais Jess et Joe n'arrêtent pas de se chamailler.

— Madeline, tu peux dire à ton ami de me laisser tranquille. Si j'ai envie de recouvrir mes pâtes de sauce piquante c'est mon problème pas le sien !

— Oui mais peut-être que le bébé n'aime pas ça ? Tu as fait les tests pour la toxoplasmose ? Tu es sûre que tu es immunisée ?

Je pouffe dans mon assiette. Joe, avec son physique de biker, sa grosse veste en cuir et ses tatouages, qui parle de grossesse franchement c'est surprenant. Jess lève les yeux au ciel exaspéré mais le rouge qui teinte ses joues prouve qu'elle est sensible à l'intérêt que lui porte notre ami. Je lui en fais d'ailleurs la remarque lorsque je l'accompagne au toilette.

— M'en parle pas. Je suis une vraie chaudière. J'ai envie de sexe tout le temps et avec tout le monde. Mes sens sont décuplés et ne me demande pas pourquoi mais le parfum de Joe agit sur moi comme un aphrodisiaque. S'il n'y avait pas autant de monde dans le restaurant je crois que je serai capable de lui sauter dessus.

Note d'auteur: Un chapitre pour bien commencer la semaine! J'espère que ça vous plait toujours et que vous ne vous ennuyez pas. De mon côté j'aura besoin de votre aide sur Fyctia avec mon histoire "PumaTown" je vous laisse le résumé et si ça vous dit n'hésitez pas à aller voter et partager mes chapitres. Et oui, sur Fyctia, se sont les votes et partages qui permettent de débloquer les chapitres suivants.

"Bex ne croit pas en grand chose et encore moins aux mythes ridicules de son peuple. New Yorkaise jusqu'au bout des ongles, elle a tiré un trait sur ses origines ethniques et tout le tralala qui va avec. Seulement,  quand par une nuit de Lune Rousse elle se retrouve à griffer et feuler au visage de son petit ami, elle se dit qu'elle aurait peut être du se montrer  plus attentive à ce qu'elleprenait jusque là pour des légendes" 

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