Dérapages

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Son bras empêche toute retraite et je ne peux que m'abandonner. Je serre contre ma poitrine les tickets tout en lui rendant avec fougue son baiser. De sa main libre, il passe sous ma robe me tirant un gémissement de plaisir. N'importe qui pourrait arriver, frapper à la porte et nous découvrir mais cela ne fait qu'accroitre mon excitation. Je me maudis d'avoir mis un collant, lui rendant l'accès à mon intimité plus compliqué. Son baiser se fait plus sensuel, sa langue aguichant la mienne, ses dents mordant délicieusement mes lèvres. Je me colle d'avantage à lui mais la sonnerie de son portable vient interrompre ce moment. Il se détourne et j'en profite pour me sauver,

— Alors c'était comment ? me demande Laury.

Je rougis subitement avant de voir qu'elle fixe les tickets que je tiens toujours contre moi.

— Je les ai récupérés, dis-je du bout des lèvres.

Avisant l'heure elle soupire :

— Allez rentre chez toi Maddie.

Je proteste :

— Mais je dois continuer la saisie.

— Ils seront toujours là à ton retour lundi prochain.

Je la remercie, bien contente de ne pas m'attarder dans les locaux ce soir et file rejoindre ma voiture. Malgré mes bonnes résolutions, il suffit que je plonge dans ses yeux pour avoir envie de m'y noyer. Je roule à vive allure afin de mettre le plus de distance entre lui et moi. Mes lèvres picotent encore à l'endroit où il les a mordillées, qu'est-ce que c'était bon.

A peine chez moi, je file sous la douche espérons que le jet d'eau froide calmera mes ardeurs. Malheureusement, j'ai beau avoir les lèvres bleuies mon corps est toujours en feu. J'entends mon portable vibrer. Quatre appels en absence, tous de lui. Je refuse de répondre, ne voulant pas entendre à quel point il regrette, à quel point il est désolé. Les vibrations ne s'arrêtant pas, je le passe en mode silencieux tout en faisant les cent pas dans mon salon. Des coups retentissent à ma porte. J'ouvre sans vérifier par l'œilleton et me retrouve de nouveau face à lui :

— Thomas, si tu es venu pour t'excuser ce n'est pas la peine, soupiré-je.

Il me fixe, le regard fiévreux. J'ai l'impression que l'air se raréfie. Il faut qu'il recule, qu'il parte, qu'il rentre chez lui, mais la lueur qui brille dans son regard me dit qu'il n'en fera rien. La tension est palpable.

— Je n'y arrive pas Maddie, avoue-t-il la voix rendu rauque par le désir.

— A quoi ? demandé-je en esquissant un pas vers lui.

Il franchit la porte, se retrouvant tout près de moi.

— A me passer de toi, grogne-t-il avant de me saisir par la nuque pour m'embrasser.

Du pied il repousse la porte et de mon côté, je tends le bras pour attraper un préservatif dans la boîte posée à côté du lavabo. Nous avançons sans nous quitter des lèvres, nous dirigeant à tâtons jusqu'au canapé. Avant de l'atteindre, j'ai déjà perdu mon débardeur et mon pantalon de jogging me servant de pyjama. Il m'allonge sue le clic clac, sa langue ayant quitté ma bouche pour venir jouer avec la pointe de mon sein. Cette dernière se tend faisant ainsi écho à son membre que je sens contre ma cuisse. Je le débarrasse de sa chemise puis il m'agrippe les poignets, les ramenant au-dessus de ma tête. Il embrasse chaque partie de mon corps tandis que son autre main joue avec le tissu humide de ma culotte. Je gémis en me cambrant, je veux le sentir en moi. Répondant à mes supplications, il écarte le tissu et insère un doigt en moi. Du pouce il titille mon clitoris qui se gonfle de plaisir. Plusieurs fois il m'amène au bord du précipice sans jamais me faire basculer et me laisse frustrée. Je ferme les yeux, savourant ses caresses que je suis incapable de lui rendre, mes bras toujours immobilisés. Je l'entends faire glisser le zip de sa fermeture éclair et le sens se tortiller pour faire descendre son jean. Je profite d'un léger relâchement de sa pression pour me dégager et venir empoigner son sexe tendu. Je le branle lentement mais avec fermeté en resserrant ma prise. Je ne le quitte pas des yeux pendant la manœuvre, son regard commence à se voiler :

— Maddie, arrête, supplie-t-il.

Je lui offre un sourire en coin et, tout en continuant de le branler, je viens lui lécher le lobe de l'oreille. Je fais tournoyer mon pouce sur son gland découvert, et quand perle une goutte de liquide séminal, je la porte à ma bouche sous son regard ébahi. Il n'en fallait pas plus pour qu'il récupère le préservatif et le déroule le long de sa verge. Il place ensuite mes mains sous mes fesses et je viens m'empaler sur lui. Notre étreinte est bestiale, précipitée mais tellement bonne. Malgré l'étroitesse du canapé, je parviens à m'accrocher pour ne pas tomber. Chacun de ses coups de reins m'arrache un cri de plaisir jusqu'à l'apothéose. Après que nous ayons jouis tous les deux, je me sens épuisée, vidée de toutes mes forces. Il se lève, me laissant à moitié endormie, se rhabille, jette le préservatif et sans un regard s'en va. Quand la porte claque, je me sens salie, utilisée. Je me confectionne un cocon avec ma couette et guette mon portable. Je le connais, il va m'envoyer un message pour s'excuser ou pour me dire qu'il est désolé. Je peux comprendre qu'il se sente mal après ce qu'on vient de faire mais c'est lui qui est venu à moi.

Les heures passent et toujours pas de nouvelles. Je saisis mon téléphone prête à lui exposer ma façon de voir les choses mais je repense à sa femme. Et si jamais elle tombait sur mon message ? Je soupire et tente de trouver un sommeil qui ne vient pas. La fin de semaine au centre de formation ne suffit pas à me changer les idées, j'ai envie de voir Thomas. De l'engueuler, le secouer, l'embrasser...bref c'est le bordel dans ma tête. Je passe mon weekend à tourner en rond, regrettant de ne pas avoir accompagné es filles faire les soldes pour acheter ce qu'il faut pour le ski. Je regarde des films sans vraiment les comprendre, je m'avance sur mes dossiers pour le BTS blanc, je cherche à m'occuper par tous les moyens pour le sortir de mon esprit. Jess m'appelle pour me prévenir qu'elle sortait avec Zorro ce soir et Joe l'apprenant a décidé de venir squatter chez moi. Tous les deux nous mangeons des pâtes recouvertes de parmesan devant un épisode de Sex and The City. En voyant Carrie embrasser son grand amour Mister Big, Joe, sans quitter l'écran avoue :

— Je suis amoureux de Jess et ça me fait mal qu'elle soit pas là ce soir.

— J'ai de nouveau couché avec Thomas et il ne donne plus signe de vie, répondé-je.

Il me prend dans ses bras et nous restons enlacés, deux âmes solitaires, blessées attendant d'être aimées.

Note d'auteur: Un chapitre avant d'entamer le weekend ça fait toujours du bien! Bisous bisous

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