Mon thé avalé, je me prépare pour une session shopping. J'enfile un jean, un teeshirt manches longues de couleur noire avec une fleur blanche grossièrement dessinée, j'ajoute un pull et mon manteau rouge. Au pied j'opte pour des chaussettes et des petites baskets, idéales pour piétiner des heures dans les magasins. Je transvase mes affaires dans un sac bandoulière afin d'avoir les deux mains libres pour fureter dans les rayons et glisse une paire de chaussettes propres dans la poche intérieure du sac. Je m'arrête tout d'abord à la banque déposer le chèque de ma marraine avant de me hâter vers le centre-ville. Un vent froid se lève, me faisant regretter de ne pas avoir pris d'écharpe. Je fourre les mains dans les poches de mon manteau pour les réchauffer et accélère le pas. Je marche à vive allure en direction des boutiques que Natalia m'a fait découvrir. Après plusieurs essayages, mon choix se porte sur un fuseau noir agrémenté de quelques fils argentés soulignant les poches sur les côtés et descendant à l'arrière de la jambe, soulignant les cuisses et les mollets. Même s'il est très (trop) moulant, je sais qu'avec une tunique il sera du plus bel effet. Le froid dehors me pousse à acheter également une écharpe écrue ornée de motifs ethniques beige clair. AU moment de régler mes achats, mon regard est attiré par un présentoir à bijoux sur lequel sont accrochés des colliers de types sautoir. Voyant mon intérêt, la vendeuse, une sympathique brunette aux yeux verts, s'approche de moi :
- Ils sont beaux n'est-ce pas ? Nous faisons appel à une créatrice de la région et vous garantissons qu'ils sont uniques.
J'en saisis un avec une chaîne cuivrée et le fais tourner dans ma main pour admirer le pendentif composé d'une pierre blanche aux reflets turquoise apposé contre un croissant de lune stylisé en métal cuivré. La vendeuse me l'enlève délicatement des mains pour me le passer autour du cou.
- Il est magnifique n'est-ce pas ?
Je ne peux qu'acquiescer en admirant mon reflet dans le miroir. Le pendentif repose un peu plus bas que ma poitrine et je le trouve magnifique.
- On dirait qu'il a été fait pour vous, me souffle la brunette.
Elle n'a pas besoin d'user de ses talents de vendeuse, dès que je l'ai vu j'en suis tombée amoureuse. Le fait de savoir qu'en plus, je ne risque pas de retrouver le même sur quelqu'un d'autre me conforte dans mon envie de l'acheter. Le prix me fait tiquer un peu mais je repense au chèque que je viens de poser. Si ma marraine était là, elle me ferait les gros yeux pour que je me fasse plaisir. Je quitte la boutique le sourire aux lèvres satisfaite de mes achats. Avec le collier sur moi, je me sens belle, aussi pour continuer sur ma lancée, je m'arrête chez Séphora pour m'acheter un peu de maquillage et un lait pour le corps senteur guimauve. Je me remets ensuite en quête d'une paire de chaussures. Après avoir écumé toutes les boutiques du centre-ville, je dois me rendre à l'évidence et retourner récupérer ma voiture direction la zone commerciale.
Comme je le pressentais, le parking est blindé m'obligeant à me garer à l'opposé de l'endroit où je voulais aller. Je pénètre dans le magasin et suis accueillie par une chaleur étouffante. Je n'ai jamais compris ce besoin qu'ont les magasins pour surchauffer ainsi. Personnellement, je ne supporte pas de transpirer, de devoir enlever mon manteau, mon pull et mon écharpe qui au final atterrissent dans mes bras et me gêne dans mes achats. Je regarde les ballerines mais aucune ne me tape dans l'œil, il faut dire que j'en ai déjà plusieurs paires. En déambulant dans les allées, en faisant attention à ne pas faire tomber les piles de boîtes avec mon manteau, je parviens au rayon des bottes. Je craque sur une paire de cuissardes en daim, noire, s'arrêtant légèrement au-dessus du genou avec un joli nœud en tissus derrière. Ce serait le genre de chaussures que Jess pourrait porter sans aucun problème, mais allez savoir pourquoi j'ai envie de les essayer. Le hic c'est qu'essayer des cuissardes quand on porte un jean basique c'est mission impossible. J'interpelle une vendeuse qui me fixe avec des yeux ronds quand je lui demande s'ils ont des cabines d'essayage.
- Madame, nous vendons des chaussures, nous avons des bancs d'essayage mais pas de cabine.
Je décide de passer outre son ton condescendant et lui explique la situation. Elle ne semble pas d'humeur à me rendre service mais voyant sa responsable s'avancer vers nous, elle plaque un sourire de façade sur son visage trop maquillée avant de me proposer d'utiliser les toilettes du personnel pour me changer. Après un aller-retour à la voiture, où j'en profite pour laisser mon manteau et mon écharpe, je récupère le fuseau noir et retourne au pas de course dans le magasin. Enfermée dans les toilettes, je me dandine pour faire rentrer mes cuisses et mes fesses dans le pantalon ultra moulant puis je regagne le rayon à la recherche de mes bébés. Au passage, je sens le regard de plusieurs hommes sur mes courbes mises en valeur par le pantalon, ce qui me conforte dans l'idée de le porter avec une tunique par-dessus. Je retrouve sans problème les cuissardes que j'enfile précautionneusement. Je me lève, chancelle quelques secondes, peu habituée à porter des talons, avant de trouver mon équilibre. Je fais quelques pas, m'admire dans le miroir en pied et me baisse en faisant mine de chercher quelque chose dans mon sac pour éprouver la souplesse des chaussures. Satisfaite je me redresse quand deux petits bras enserrent ma taille :
- Maddie ! s'exclame la fillette au bout des bras.
Je baisse les yeux. Je reconnais sans aucun problème la petite Louise, la fille de Thomas.
- Louise, gronde une voix féminine. On ne se jette pas ainsi sur des inconnues.
Je relève la tête et croise le regard sévère d'une jeune femme, avoisinant la trentaine, élancée, les cheveux coupé au carré, encadrant un visage d'ange.
- Mais c'est pas une inconnue, c'est Maddie, répond simplement la petite.
Sa mère ne semble pas comprendre, nous regardant tour à tour sa fille et moi. C'est à ce moment-là qu'il arrive, essoufflé, tenant dans ses bras deux boîtes de paires de chaussures pour enfant. Il manque d'ailleurs de les lâcher en me reconnaissant.
- Tu as vu papa, c'est Maddie, insiste Louise.
Sa femme se tourne, attendant visiblement qu'il fasse les présentations.
- Et bien, euh, Madeline est...comment dire...
--C'est la dame qui m'a retrouvée au musée, complète Louise.
Un grand sourire illumine le visage de sa mère, la rendant encore plus belle. Elle s'avance vers moi, la main tendue :
- Enchantée Madeline. Je vous remercie pour ma fille, dit-elle sincère.
Je ne sais pas quoi dire et me contente de lui serrer la main en lui rendant son sourire.
- Madeline est également la nouvelle apprentie de Laury, ajoute Thomas.
Ouf, pendant un court instant, j'ai cru qu'il allait cacher ce fait à sa femme.
- Quelle coïncidence ! S'exclame-t-elle. Laury est une femme très dévouée à son travail, ça doit lui faire du bien d'avoir quelqu'un sur qui se reposer.
Je ne peux qu'acquiescer de la tête, toujours incapable de prononcer un mot.
- Peut-être qu'il te faudrait une assistante à toi aussi mon chéri, ça t'aiderait à rentrer plus tôt, le taquine-t-elle. Puis elle ajoute à mon intention, je compte sur vous pour veiller à ce qu'il n'en fasse pas trop.
Elle laisse échapper un rire cristallin avant que son mari ne lui dise :
- Hélène, nous devrions y aller, Madeline a sans doute des choses à faire.
Ils me disent au revoir et s'en vont. Je regarde la parfaite petite famille s'éloignant en croisant les doigts pour que Thomas se retourne, ce qu'il ne fait pas.
Agacée, déçue, énervée, je prends mes affaires et quitte les magasins. Je n'ai pas fait trois pas que les portiques de sécurité se mettent à sonner. Gé-nial.
Note d'auteur: Pauvre Maddie, elle qui pensait se détendre un peu, la voici qui tombe sur Thomas... ça vous plait toujours?
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Bien Trop Sérieuse?
RomanceMadeline, vingt deux ans, a laissé tomber la fac de droit et galère à trouver du travail. Aussi, lorsqu'un éventuel employeur lui propose une formation en alternance elle n'a pas le choix si elle ne veut pas retourner vivre chez ses parents. Entre u...
