Chapitre 7.

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Après avoir quitté le domicile de Paul et Sophie, Panayotis ressenti le besoin de marcher au travers la nuit fraîche de mois de janvier. Il ne savait pas où il allait, il marchait simplement, il suivait ses pieds.

Il se retrouva au bord des quais de seine, des jeunes faisaient des soirées, des couples s'enlaçaient. Lila. Elle était partout. Il quitta ce territoire trop hostile pour un jeune célibataire ayant le cœur brisé. Il remonta deux rues, tourna à droite, il arpentait les ruelles sombres de la ville. Sans s'en rendre compte, il se retrouva au pied de l'immeuble d'Ava et Martin. Il connaissait le digicode et entra dans l'immeuble. Il fouilla dans sa poche arrière de jean, il avait toujours les clefs de chez Martin. Il entra dans l'appartement, il n'y était pas venu souvent. Il fut choqué de voir l'appartement dénué de toute personnalité, deux trois photos sur le frigo, il avait 4 livres posés à côté du canapé. Sa corbeille de linge débordait. Sans savoir pourquoi, il se décida de lui faire sa lessive.

Il entra dans la chambre du reporter, elle était d'un triste. Aucune photo, aucune affiche. Un lit, deux tables de chevet donc une vide de tout luminaire. Sur l'armoire du reporter, une veille photo d'Ava et Martin accroché il lui faisait un bisous sur la joue et elle avait ce grand sourire capable de faire oublier toutes les horreurs du monde, il alluma un briquet, le paysage ressemblait à l'Angleterre. Il trouva un paquet de cigarettes à côté du lit, il attrapa un cendrier et alluma la Marlboro. C'était débile. Il ne fumait pas, il n'avait jamais fumé de sa vie. Il n'avait jamais remarqué que son appart sentait à ce point le tabac froid. Il regarda dans le frigo, il était vide. Une bouteille de jus d'orange et un morceau de gruyère simplement.

Il éteignit la cigarette, il voulait partir, mais dans l'entrée, il trouva les clefs de chez Ava. Il les saisirent et déverrouilla la porte de son appartement. Il n'y était jamais allé sans qu'il n'y ait personne. Il ne l'avait jamais vu vide de tout occupant.

Il regarda le frigo, sur celui-ci des photos étaient accrochées. Son frère, ses neveux, sa sœur, Martin, Hugo, Valentine et lui. Il ouvrit la porte du frigo, les restes du premier de l'an, rien d'autre. Il ouvrit les placards, Ava n'avait vraiment que du pain de mie, de l'alcool et du café chez elle. Il contourna l'îlot central manquant de renverser un tabouret de bar au passage, et pénétra dans le salon, il y avait des livres de partout. Il le savait déjà, elle adorait la littérature. Il attrapa le livre de Kundera "risibles amours", il l'ouvrit et tomba sur une photo. Une photo d'elle et de son ex copain. Ils se regardent, riant. Les éteincelles dans leurs yeux valent plus que tous les mots du monde. Gêné de cette intrusion, il reposa le livre sur la bibliothèque. Il regarda la décoration, principalement des objets ramené de voyages, il y avait un bureau à battant au fond de la pièce, il s'en approcha. Un stylo plume était posé dessus, il ouvra la tablette, il trouva des centaines de lettres écrites de la main de la jeune femme, de tous les coins du monde où elle était allé. Il ne prit pas la peine de regarder à qui elles étaient destinées, il le savait déjà. D'un geste sec, il le referma aussitôt et se retourna vers la porte d'entrée de peur que quelqu'un l'ai vu faire preuve de tant de curiosité. Il se dirigea vers la salle de bain, que des produits féminins, le gobelet devant contenir sa brosse à dents est vide. Il pénétra dans la chambre de la jeune femme, là encore, il fut saisi par le manque de personnalité de la pièce, un lit avec 4 pieds de bois sans tête de lit, deux lampes qui descendent du plafond pour faire office de lampe de chevet et c'était tout. Il s'assit sur quelque chose. Un paquet de cigarettes. Tiens, elle fume les mêmes cigarettes que son meilleur ami, juste à côté de son livre qu'elle est supposé lire en ce moment, il aperçoit un morceau de shit et un cendrier.

Il se décide à repartir, il ferme la porte à clefs et ramène le trousseau chez Martin, la machine à laver annonce qu'il reste 15 minutes. Il s'assoit en attendant la fin programme. Il regarde le tambour tourner et part dans ses pensées. Il adore ses amis, vraiment. Mais leurs appartements étaient le reflet de leurs vies : ils sont seuls. Personne ne peut faire les courses quand ils partent du coup, à leur retour, ils se font livrer à manger. Personne ne peut laver leur linge durant leur absence du coup, il s'entasse dans le panier à linge. La décoration les importe peu, ils ne sont jamais chez eux. C'est à ce moment-là que Pana compris, si leurs amis sont toujours ensembles à Paris, c'est simplement parce qu'ils sont la bouée de l'autre, celle qui les empêche de sombrer dans l'angoisse et la déprime. Leurs carnets d'adresses sont remplis, ils débordent d'amis, mais en fait, ils sont les deux seuls à pouvoir comprendre la solitude de l'autre. Il étend le linge de Martin. Et quitte l'appartement. Il reprend une bouffée d'air. D'un ton décidé Panayotis dit :

Panayotis : - Non. Non. Je ne veux pas être seul.

Il se décide à courir chez Lila, il regarde l'heure sur l'écran de son smartphone. 00 heures 32. Pas grave. Au pire, il la réveillera. Dans un élan de courage, il file au travers la nuit, arrivé à l'angle de sa rue, il s'arrête pour reprendre son souffle. Il calme les battements de son cœur. Il est prêt. Par un gentil coup du sort, un voisin sort de son immeuble au même moment, il en profite pour se faufiler. Il regarde sur les boites à lettres : Lila Breton. 4 ème étage. Ils ne peuvent pas vivre au rez-de-chaussée tous comme moi pense t'il en montant les marches 4 à 4. Il tambourine à la porte. Il entend des pas. Le verrou que l'on ouvre. Il voit Lila. Sa Lila. Elle a l'air endormie.

Lila : - Qu'est ce que tu fais là ?

Panayotis : - Je suis venu te voir.

Lila : - En pleine nuit ?

Il déballe tout, il lui ouvre son cœur. Il lui dit tout, qu'il ne veut pas finir seul sans elle, qu'il arrêtera la télé si elle lui demande, qu'il veut se réveiller à côté d'elle chaque matin, que ses yeux devraient être inscrit comme merveille du monde, qu'il se rappelle qu'elle portait un jean gris et une marinière la première foi qu'ils se sont vu, qu'il est prêt à écouter Starmania si ça peut lui faire plaisir, et arrêter le cinéma d'auteur pour s'intéresser plus aux comédies romantiques. Qu'il ferait tout pour lui. Qu'il l'aime. Depuis le premier jour.

Elle articule simplement et baissant la tête,

Lila : - Merci Pana, mais, j'ai rencontré quelqu'un il y a quelques mois. On est ensembles maintenant. Je suis désolée. Tu trouveras celle qu'il te faut, j'en suis certaine, celle qui aura les épaules. Mais ce n'est pas moi.

Il partit. Il n'était pas triste. Il était libéré de tout ce poids sur les épaules. Il quitta l'immeuble quand, quelques pas plus loin, une voix féminine l'appelait.

... : - Pana ?! Panayotis !

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