Chapitre 24.

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Le jeune homme voulait la retrouver, il avait essayé d'appeler Hugo Clément, mais, il tomba sur son répondeur. Il raccrocha sans chercher à laisser un quelconque message, il se rendit chez Framal, tambourina à sa porte jusqu'à ce qu'il ouvre.

Idriss : - Qu'est tu fous là Nek ? C'est quoi cette boite ?

Ken : - Donne moi le numéro de Yann Barthès.

Idriss : - Pourquoi ?

Ken : - Donne moi ce putain de numéro de téléphone.

Son ami lui tendit son téléphone, il récupéra le numéro et partit. Son ami cria dans l'escalier,

Idriss : - Qu'est ce qu'il se passe ? C'est quoi ce bordel ?

Il entendit simplement la porte de l'immeuble claquer. Le jeune homme avait les mains qui tremblaient en appuyant sur la touche appel. Son interlocuteur était sur messagerie. Il réessaya 4 autres fois avant d'entendre la voix endormit du journaliste,

Yann : - Allô ?

Ken : - Bonjour, c'est Nekfeu.

Yann : - Il y a un problème ?

Ken : - Il me faut l'adresse d'Ava.

Yann : - Ava ?

Ken : - Votre reporter, votre collègue. Votre employée. Ava quoi.

Yann : - Elle vit dans le 4e.

Ken : - Mais je le sais ça, mais il me faut le nom de sa rue, le numéro de son immeuble.

Yann : - Euh, rue des Ecouffes, je crois, au 11 ou au 13 je sais plus. Il y a un problème ? Elle ne va pas bien ?

Ken : - Si. Tout va bien.

Yann : - Vous êtes bizarre tous les deux.

Le rappeur ne répondit pas, il avait raccroché, toujours avec sa boite sous le bras, il s'engouffrait dans le métro, il pestait contre cette rame qui n'allait pas assez vite. Arrivé à la station, il sortit, regarda l'écran de son téléphone pour trouver son application GPS. Il emprunta le chemin et se trouva dans la rue de la jeune femme. Toutes les lumières de l'immeuble étaient éteintes. Il regarda les noms sur l'interphone, elle n'habitait manifestement pas au 11, il regarda l'interphone de l'immeuble voisin, il n'y avait pas non plus de Trezeguet à cette adresse.

Ken : - Fais chier !

Il reconnu le nom de Weill. Il se rappela ce qu'elle avait dit la veille, au sujet de son voisin de palier aussi absent. Ça ne pouvait être que Martin, il essaya de pousser la porte. Fermée bien sûr. Il s'assit sur le trottoir. Il rit en pensant à ce que les passants pourraient penser si jamais il le voyait ici, sur le trottoir avec sa boite en bois. Il s'endormit contre un poteau, il fut réveillé vers 6 heures par un habitant de l'immeuble qui sortait. Le locataire le regarda de façon étrange, il attendu qu'il ne puisse plus le voir pour se faufiler dans l'entrée de l'immeuble. Il regarda les noms sur les boites à lettres, monta à son étage et tambourina à la porte qui avait son nom. Pas de réponse. Le sort s'acharnait. Il trouva un ticket de caisse qui traînait dans sa poche et un stylo qu'il avait toujours avec lui, il griffonna un mot qu'il laissa en évidence sur la boite :

                             Je ne sais pas comment faire, je suis maladroit.

Il redescendit les escaliers et reparti vers la droite. S'il était resté quelques secondes de plus, il aurait aperçu la jeune femme qui rentrait à son appartement. Coup du sort.


Camille se levait de mauvaise humeur, les nausées et la grossesse l'épuisaient. Elle prit une douche machinalement et se prépara un thé. Elle tartina deux biscottes avec du beurre à la noix de coco, prit un jus d'orange. Elle avait pris rendez-vous pour sa première échographie lundi prochain. Elle appréhendait son déroulement. Elle partit travailler sans aucune motivation, elle entra dans sa twingo. Sur la route, elle se disait qu'il faudrait qu'elle change de voiture, celle-là n'était pas pratique. Son esprit dévia sur les prénoms qu'elle voulait donner à son bébé, elle aimait beaucoup Adam pour un garçon, ou Léo. Pour une fille, elle hésitait, elle adorait Manon, Jade ou Adèle. Elle demanderait à sa sœur d'être la marraine et son meilleur ami serait le parrain. Elle voulait un baptême à l'église. Oui. Elle gara sa voiture sur le parking et prit ascenseur. Elle était la première arrivée à la rédaction. Elle s'installa à son bureau ouvrit machinalement son ordinateur et saisi son mot de passe. Pour une raison encore inconnue, elle se décida à taper le nom et le prénom de William dans le moteur de recherche de safari. Plusieurs actualités le concernant étaient sorties hier, elle cliqua sur la première proposition et tomba sur un site people.

 Plusieurs actualités le concernant étaient sorties hier, elle cliqua sur la première proposition et tomba sur un site people

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À la lecture de l'article, son sang ne fit qu'un tour. Les hormones et l'émotion lui firent verser des larmes. Elle fut interrompue par Ava qui entrait dans la rédaction. Elle portait une boite en bois. La jeune femme s'approcha, voyant Camille pleurer elle posa sa boite sur le bureau et l'enlaça.

Ava : - Mon petit chaton au miel, qu'est ce que tu as ?

Elle ne répondit pas sanglotant. C'est ce qu'elle appréciait chez Ava, elle respectait toujours le silence de ceux qui ne voulaient pas parler.

Ava : - Mon petit bouchon, vient, on boire un truc au café. Je crois qu'on ne peut pas encore prendre de vodka, mais on peut toujours tenter de négocier.

Elles prirent l'ascenseur dans le sens inverse, et sortirent du grand immeuble. Ava soutenait son amie par l'épaule, elle traînait toujours sa boite en bois sous le bras. Elles s'installèrent à l'intérieur du café, les larmes de Camille avaient redoublé. Elle montra la boite en bois,

Camille : - C'est quoi ça ?

Ava : - Un truc dont il faut que je me débarrasse. Sans importance.

Camille : - Je peux ?

Le regard de la reporter se voilât de tristesse. Elle enleva sa main du dessus de la boite.
Camille l'ouvrit, elle étala tout son contenu sur la table. Elle ouvrit une première lettre, à sa lecture, elle serra la main de son amie. La jeune femme détourna le regard de son amie en pleine lecture de son intimité. Camille pleurait deux fois plus.

Camille : - Ne te débarrasse pas de ça. Ce sont tes plus beaux souvenirs.

Ava : - Ce sont mes plus tristes souvenirs.

Camille : - Ava, après ce que je viens de découvrir, je veux t'en parler. Je suis enceinte.

Ava : - Du coup, on ne va peut-être pas attaquer la vodka, on va attendre 9 mois.

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