Chapitre 38.

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Camille était couchée en position fœtale dans le canapé de William, elle ne pleurait pas, elle ne parlait pas. William ne savait pas quoi faire, il sortit son ordinateur en réfléchissant.

William : - Tu as un passeport valide chez toi ?

Camille : - Euh oui.

William se leva, attrapa un sac y mit des vêtements, retourna sur son ordinateur pianota quelques instants, et le claqua d'un coup sec. Il attrapa la main de Camille, la fit monter dans sa voiture et partit en direction de chez elle. Arrivés devant la porte de l'immeuble, il se retourna vers Camille qui avait l'air hagard.

William : - Tu montes chez toi, tu prends des vêtements pour l'été, des maillots de bain et ton passeport.

Camille s'exécuta dans un état second. Elle redescendit quelques minutes plus tard, William la regardait.

Camille : - Et maintenant ?


Ava et Martin passèrent leur soirée avec le groupe de rappeur, ils furent rejoints par Samira la femme de 2zer qui annonça qu'elle avait obtenu un poste d'assistante de direction pour Bangumi. Alors que le visage de Martin se voilait de tristesse en pensant à Louise, Ava brancha son téléphone sur une enceinte, les premières notes de Where does the good go, la chanson d'Ava et Martin résonnèrent dans l'appartement elle se leva et attrapa la main de Martin pour le faire danser sur une piste improvisée, ils furent bientôt rejoints par toutes les personnes présentes dans l'appartement parisien. Ken regardait la scène assis sur le canapé, Hakim s'avança vers son ami,

Hakim : - Il reste du poulet dans le frigo si tu as faim.

Le rappeur leva un sourcil interrogateur.

Hakim : - On dirait que tu vas la bouffer.

Nekfeu tourna la tête de gauche à droite en signe de négation. Hakim s'enfonça un peu plus dans le canapé.

Hakim : - Un jour, il faudra que vous vous parliez. Vous ne pouvez pas faire comme si de rien n'était. Vous êtes les deux plus gros mythos de la terre.

Ava arrivait toujours en dansant, elle attrapa la main d'Hakim et le leva de toutes ses forces du canapé, ensembles, ils dansèrent, le jeune homme la faisant tourner sur elle-même. Deen s'installa à son tour aux côtés de Ken, il resta silencieux, avant d'ouvrir la bouche puis de la refermer aussitôt.

Ken : - Lâche ton morceau mec.

Deen : - Non. Rien. Enfin, si lorsque le cœur a parlé, il n'est pas convenable que la raison élève des objections.

Ken : - Tu n'étais pas obligé de citer Kundera.

Il se leva et rejoignit le balcon, Ava à son tour arrivait en riant, elle alluma une cigarette avec le briquet que lui tendit le jeune homme, elle recrachait sa fumé doucement, savourant chaque latte de nicotine, la froideur de la nuit la saisie, la jeune femme frissonna, il l'attrapa et la serra contre lui pour la réchauffer. Ses cheveux sentaient bon la fleur d'oranger, il aurait reconnu l'odeur de sa peau entre mille, il n'avait jamais retrouvé un millième de cette jeune femme chez les autres filles qu'il avait rencontré. Il n'avait jamais trouvé la force d'en aimer une autre.

Ken : - Tu portes toujours "Chance" ?

Ava : - Mh.

Ils furent interrompus par 2zer et Samira,

2zer : - Oh. Désolé.

Ava se dégagea de l'étreinte du rappeur.

Samira : - On partait.

Ava : - Je vais y aller aussi. J'ai des trucs à faire chez moi.

Ils se firent la bise, Ava entra dans l'appartement, alla prévenir Martin qu'elle rentrait chez elle, ensembles, ils prirent congé du groupe et prirent le métro. Ken regardait les silhouettes des deux jeunes gens partir, Idriss le rejoint sur le balcon et posa sans dire un mot sa main sur l'épaule du rappeur.


La Mercedes de William filait dans les rues de Paris, ils s'engagèrent sur le périphérique pratiquement désert, William bifurqua sur la droite quand le panneau de signalisation indiquait l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, William se gara et sortit de la voiture, il ouvrit la portière de Camille et se saisit des deux valises dans le coffre. Il prit la main de Camille et l'entraîna dans le terminal de l'aéroport, il se présenta au guichet d'air Caraïbe présenta deux e-billets et retrouva Camille qui s'était installée sur un siège en fer l'ai hagard, il déposa les valises et aida la jeune femme à se lever, il l'attrapa par l'épaule, ils passèrent les portiques de sécurité et attendirent l'embarquement, une voie féminine complètement impersonnelle annonça le 2489 à destination de Sainte-Lucie priant les passagers de se présenter à la porte d'embarquement prévue à cet effet, William se leva et entraîna Camille avec lui. L'embarquement se passa rapidement et sans encombre, ils montèrent dans l'avion où Camille s'endormit avant le décollage, elle se réveilla quelque part au-dessus de l'Atlantique, William s'était endormi elle enjamba l'homme et se rendit dans les toilettes, elle regarda sa serviette hygiénique maculée d'hémoglobine, elle se rendit compte que les saignements cessait petit à petit. Assise sur les toilettes, elle prit sa tête dans les mains, les larmes n'arrivaient pas à couler. Sans en comprendre la raison elle pensa à Ava qui ne pleurait jamais et se dit qu'elle devenait aussi insensible qu'elle. Aussi traumatisée. Aussi abîmée. Elle resta ici une dizaine de minutes et fut tirée de ses pensées par un coup bref mais dur contre la porte des toilettes, une voix masculine lui demanda si elle en avait encore pour longtemps. Elle se releva, tira la chasse, se regarda dans le miroir. Ses yeux étaient gonflés, cernés. Ses traits tirés. Elle semblait avoir pris 10 ans en 10 minutes. Elle se passa de l'eau sur le visage et sorti de l'espace confiné. Elle se rassit à son siège et regarda par le hublot. William dormait toujours, bientôt elle rejoint à son tour les bras de Morphée, ils furent tirés de leurs sommeils par la voix l'hôtesse leur annonçant qu'ils allaient atterrir prochainement, elle boucla sa ceinture, une foi l'avion immobilisé au sol, ils se levèrent. William la précéda et foula le premier le sol antillais, ils s'engouffrèrent dans un taxi et William donna dans un anglais parfait l'adresse d'un hôtel. Le taxi roulait dans la ville chaude. Camille était perdue dans ses pensées quand la voiture ralentie puis s'arrêta. Un bagagiste arriva vers eux, William ouvrit la portière de la jeune femme, alors que l'antillais prenait les valises dans le coffre. Ils entrèrent dans un grand hall d'hôtel en marbre, William revint un instant plus tard avec la carte de leur suite, ils montèrent dans l'ascenseur arrivés dans la chambre Camille s'écroula dans le lit king size, elle fut rapidement rejoint par cet homme qu'elle aimait au fond d'elle, il l'enlaça et c'est ainsi qu'ils s'endormirent l'un contre l'autre, dans une bulle qu'ils avaient étés contraints de fabriquer à la hâte pour se protéger de la douleur. Pour se protéger de la perte de ce qui devait être 7 mois plus tard leur enfant.

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